On ne triomphe que par la peine qu'on prend.
Quand on prend plaisir à entendre médire, on est du nombre des médisants.
L'amour c'est généreux, calme et détendu. Quelquefois cela dure, et quelquefois cela passe, mais au fond cela n'est jamais aussi grave qu'on le pense et il est très prétentieux de vouloir enfermer un homme et une femme dans un sentiment éternel.
Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d'ajouter des fruits et du sucre.
Le suicide n'est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
Même en mourant on garde ses préjugés.
La lune serait habitée, on n'oserait plus bronzer à poil sur les balcons.
Chaque jour, on s'en va de soi. Des morceaux de peau, des provinces de nos mémoires se retirent.
On ne voit jamais les autres tels qu'ils sont. On n'en a que des visions partielles, tronquées, à travers les intérêts du moment.
Les larmes ne sécheraient jamais si l'on n'oubliait pas les morts.
Les hommes n'ont pas de cellulite. Rien que pour ça, on sait que Dieu est un homme.
Si la raison gouvernait les hommes, si elle avait sur les chefs des nations l'empire qui lui est dû, on ne les verrait point se livrer inconsidérément aux fureurs de la guerre.
Le mieux dans la vie, ce sont les passions qu'on peut pousser jusqu'au bout de ses ambitions.
C'est toujours lorsqu'on a perdu quelque chose que l'on a du mal à le retrouver... et réciproquement...
On dit que l'argent n'a pas d'odeur : le pétrole est là pour le démentir.
On dédaigne volontiers un but qu'on n'a pas réussi à atteindre, ou qu'on a atteint définitivement.
Logique : un bon outil qu'on nous vend presque toujours sans la manière de s'en servir.
La pensée est immortelle, à condition qu'on la fasse perpétuellement renaître.
N'est-ce pas là l'éternité ? Cette poussée soudaine d'une âme en nous et ce départ pour un monde qu'on ne possède qu'à deux.
Il nous est difficile de parler de bêtise, sachant bien qu'on est, ou deviendra, toujours l'imbécile de quelqu'un.
A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?
Faut pas laisser traîner une idée, on risque de la perdre.
Il n'existe pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui l'on aime ; pas de plus sûr refuge que l'âme secrète et tendre de qui l'on aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui l'on aime.
On connaît son avenir tout autant que son passé, mais on préfère vivre comme si on ne connaissait ni l'un ni l'autre.
On va au théâtre pour voir et savoir, pour sentir et ressentir. On se met en état d'attente, dans l'espoir d'attendre ou de comprendre quelque chose que l'on n'a pas su comprendre jusqu'alors.
Il y a une différence capitale entre "être" et "en être". Appartenir à l'un ou à l'autre groupe n'a aucune importance pourvu qu'on s'amuse.
Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cent pages une idée que l'on peut très bien exposer oralement en quelques minutes.
A gagner un beau bien on gagne une louange, Mais on en gagne mille à ne le perdre point.
Il ne faut pas se livrer. On ne se livre qu'à l'ennemi.
Il ne faut pas connaître trop de choses, on y perd son élan vital.
Cadavre : On peut certes le mettre en boite sans risquer de le vexer.
On se fatigue de tout sauf de dormir et de rêvasser.
On devrait couler au fond de la mer, probablement, et vivre seul avec ses paroles.
Le moment où l'on manque à ses faux amis le plus, c'est quand on est à court d'écus.
Le moment est venu d'étudier l'art du moyen-âge comme on étudie le développement et la vie d'un être animé
La douceur de la gloire est si grande, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime.
Ce que l'on doit faire on le sait bien mieux que les philosophes.
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on n'a pas.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
On n'échappe pas à la nature : les hommes s'accomplissent dans l'esprit, les faits y progressent, les images y poussent comme des plantes.
Peut-on se montrer sans être nu ?
Dès qu'on entre en politique, on ne sait pas où on met les pieds et l'on risque de perdre la tête.
Dans la vie, si l'on réussit dans chaque circonstance à éviter de faire une connerie, on doit pouvoir s'en tirer correctement.
La littérature est l'un des derniers lieux où l'on peut se permettre de n'être contemporain que de l'homme.
Ce qu'on cherche à comprendre, souvent, on le tue, car, comme chez l'apprenti médecin, il n'y a pas de véritable connaissance sans dissection.
Parfois on se fait la guerre parce qu'on s'est aimé plus qu'on aurait dû.
On ne peut pas dire que le temps coule et que quelque chose se passe, car tout a déjà eu lieu.
Dans les déclarations de sportifs, c'est comme dans les déclarations d'hommes politiques : la franchise ne consiste pas à dire ce qu'on pense, mais à penser ce qu'on dit.
Parce que quand on est accro, même si ça fait mal... Parfois ça fait encore plus mal de décrocher.
Quand on marche lentement, on marche plus longtemps et on va donc plus loin.