Ces génies qu'on ne dépasse point, on peut les égaler. Comment ? En étant autre.
Pauvres messieurs auxquels on interdit de fumer leur cigare parce que la fumée risque de réveiller le chat que la demoiselle a dans la gorge !
Il y a des souvenirs qu'on ne partage pas.
Dès que vous êtes assurés qu'on vous aime, préoccupez-vous d'être inoubliable quand on ne vous aimera plus.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
A vingt ans on ne doute de rien, surtout pas de soi-même !
Quand on n'est pas assez fortuné pour se payer le bonheur, il ne faut pas s'en approcher de trop et le regarder...
On n'a pas le droit d'empêcher un homme d'être heureux sous prétexte qu'il est un mari.
Il n'y a pas d'amour malheureux : on ne possède que ce qu'on ne possède pas. Il n'y a pas d'amour heureux : ce qu'on possède, on ne le possède plus.
Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu'on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l'état d'un pays sont presque toujours ceux qui le représentent.
On est toujours plus sincère quand on prend à témoin plusieurs au lieu d'un seul Dieu.
On connaît mieux un homme quand on connaît ses besoins.
Il faut une vanité peu commune pour qu'on ne s'aperçoive pas que vous en avez.
Elever son âme de temps en temps comme on fait des haltères, par récréation et par hygiène.
Si on pense tous la même chose, c'est qu'on ne pense plus rien.
On attrape l'oiseau avec des graines et l'homme avec des écus.
On achète les bons chevaux à l'écurie.
Habit : Le dimanche, on sort avec ses habits. On peut aussi inviter ses habits à manger.
Par contre, que l'on puisse dire qu'elle se payait la frime d'une femme de soixante ans, elle ne l'a jamais pardonné au patron.
Le mariage est une citadelle : ceux qui sont à l'extérieur aspirent à y pénétrer, ceux qui sont à l'intérieur supplient qu'on les laisse sortir.
Avec un ancien amour on fait de tout, même un nouvel amour, tout... excepté de l'amitié.
Une chère amie peintre qui, avant de se suicider, m'a beaucoup appris sur la création, me répétait: " On se donne autant de mal pour un mauvais tableau que pour un bon ! "
Je n'étais pas une bonne serveuse, mais on m'a dit que j'étais très gentille et charmante, alors les gens m'aimaient de toute façon.
J'ai des amis musulmans, ce sont des gens très bien, mais ils savent qu'il y a un problème, et on ne peut plus le tolérer
Parce que quand on est accro, même si ça fait mal... Parfois ça fait encore plus mal de décrocher.
Si le grand nombre des mendiants est onéreux à l'Etat, de combien d'autres professions qu'on encourage et qu'on tolère n'en peut-on pas dire autant !
Et souvent, c'est l'effet des caprices du sort, Qu'au milieu des écueils on rencontre le port.
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.
Il est difficile de chasser Dieu tout à fait. Toujours il revient humblement déguisé sous un nom ou sous un autre, et sous le nom que nous avons choisi, il se fait aimer sans qu'on le sache.
Le premier signe de ce que l'on devient religieux est qu'on devient joyeux.
Le bonheur c'est une mayonnaise : ça tourne sans qu'on sache pourquoi.
Si l'on pense, on ose critiquer au lieu d'obéir ; l'indépendance de l'esprit devient un crime.
Si le créateur n'avait pas placé, chez la femme, la salle de jeu si près des cabinets, on ne parlerait pas de Freud.
Quoiqu'on dise des intellectuels, il y en a d'honnêtes, ceux qui peuvent encore faire leur autocritique.
Un brouillard ! Mais un brouillard ! On aurait roulé les fenêtres ouvertes, je te jure on se perdait dans la voiture !
Une bataille gagnée, c'est une bataille dans laquelle on ne veut pas s'avouer vaincu.
On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d'avoir ce que tu as !Mais comment puis-je manger et boire, alorsQue j'enlève ce que je mange à l'affamé,Que mon verre d'eau manque à celui qui meurt de soif ?Et pourtant je mange et je bois.
Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose :Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;Mais il est des objets que l'art judicieuxDoit offrir à l'oreille et reculer des yeux.
On peut fendre un rocher ; on ne peut pas toujours attendrir un coeur.
Les choses qu'on sait le mieux sont celles qu'on n'a pas apprises.
La route vers Dieu est facile parce qu'on y avance en se déchargeant.
On a beau se donner du mal, l'ordre est le plus fort et retrouve toujours ses droits.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
On ne peut rien contre un mot ; c'est une mouche qu'on peut chasser, qui peut partir, mais qui revient toujours, ne meurt jamais.
La poésie, c'est la prise en charge du quotidien, c'est la découverte du présent dans ce qu'habituellement on cherche à fuir.
La vie ne vaudrait pas d'être vécue si on n'apprenait rien sur la condition humaine !
C'est parce qu'on ne sait pas vivre qu'on trouve la vie mal faite.
Si on s'apercevait que la terre tourne, les manèges feraient faillite.
Pour avoir une conversation distinguée se rappeler de n'ouvrir la bouche que quand on n'a rien à dire.
J'ai un copain fakir, et l'autre jour on lui a piqué son porte-feuille... il a rien senti !