C'est dans le malheur que l'on reconnaît ceux qui nous estiment.
C'est par un amour surhumain qu'on dépasse sa nature.
On ne peut connaître tous les aspects de sa propre culture ; ainsi le poisson vit dans l'eau mais il ne peut bondir hors de celle-ci pour voir à quoi elle ressemble.
Qu'est-ce qu'on peut bien comprendre aux livres quand on n'a pas souffert ?
Un slow, c'est le degré zéro de l'inspiration : comme une lettre où on mettrait seulement : Je t'aime.
Dans la vie, on a toujours tendance à idéaliser l'ailleurs.
Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile.
Ce n'est pas parce qu'on est entouré d'ânes qu'on doit se mettre à braire !
La preuve que le théâtre est un endroit singulier : on s'habille pour entrer dans une "baignoire".
Faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu'on veut ni ce qu'on fait, et qu'on suit sa fantaisie qu'on appelle raison, ou sa raison qui n'est souvent qu'une dangereuse fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal.
L'enthousiasme des oies pour les hautes eaux est fort subtile, qui ne peut s'apprécier à sa juste valeur que si l'on a l'habitude de leurs commérage ; Mais l'enthousiasme des carpes est tellement visible qu'il est impossible de passer à côté.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage. On engage la personne aimée, on engage aussi ceux qui nous aiment sans qu'on les aime, et ceux qui l'aiment sans qu'elle les aime.
On m'a dit que j'étais la troisième personne la plus connue au monde. J'en suis encore étonné. Je dois avoir une tête qui marque!
A notre époque, on ne se marie jamais très bien du premier coup, il faut s'y reprendre.
On gagne l'amour par la conscience d'abord, et par la force de l'amour après.
On ne cause bien avec une femme qu'après.
On concède la liberté en gros pour la contraindre dans le détail.
Les cocktails, dans les soirées, c'est ce qu'on a inventé de pire depuis l'huile de foie de morue !
A mesure qu'on avance dans la vie, l'amour de la société croît en vous avec le mépris des hommes.
On ne doit jamais avoir honte de ses lettres d'amour, mais parfois de l'adresse.
Quand on ne peut pas avoir, on détruit.
Lorsqu'on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d'oeil qu'on peut jeter sur la vie d'autrui fournissent des clous sur lesquels accrocher les histoires et les personnages qu'on invente.
Ce qui demeure le plus difficile à pardonner, c'est la charité qu'on a reçue.
Quand un ministre s'exprime à la télé, on a toujours l'impression qu'il commence à s'excuser.
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Il ne suffit pas d'etre heureux, encore faut-il savoir qu'on l'est.
Il est étonnant comme le temps passe vite quand on ne fait rien. Pourvu qu'on ne soit pas libre. Je veux dire pourvu qu'un "devoir" vous force à rester en place. Autrement, ça ne tient plus.
Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait rienSi l'on construisait les phrases à l'enversOu si l'on soulevait demainQui serait l'adversaire ?Entre nous qui serait le plus malin ?Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait plus rien ?
La vie est assez énigmatique déjà, sans qu'on entreprenne le débrouillement du chaos métaphysique dans la cervelle des commis aux écritures.
On ne peut tirer les hommes par les cheveux pour les arracher à l'erreur.
Quand on est mort, on est mort. En attendant, on a la crème glacée.
Je n'ai pas un tempérament comique. Je veux dire que, naturellement, on m'imagine plus dans des personnages tragiques ou graves.
Au fond quand on y pense, un type qui doit être vachement frustré, c'est le type qui a réalisé le plancher de la chapelle Sixtine...
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
Nous voulons tellement manquer de temps qu'il est devenu ringard de laisser paraître qu'on en a.
On devient malheureux mais on naît solitaire.
Dès qu'on cesse de s'agiter, les gens concluent qu'on est déprimé.
Plus la situation est mythique, moins on accepte que les personnages de nos romans publics s'en tirent sans mystère.
On apprend tout aux hommes, la vertu, la religion.
Plus on plaint les gens, plus ils se croient à plaindre !
Pourquoi ces longues queues devant les théâtres ? C'est qu'on a vu des gens heureux sortir d'une pièce nouvelle, et qu'on essaie tout naturellement d'être du nombre...
On ne tire pas sur les pintades qu'on a dans son filet.
Quand on est jeune, c'est pour toujours.
Il est difficile d'avoir de l'indulgence pour des crimes qu'on ne comprend pas.
On rirait aujourd'hui de celui qui n'oserait pas toucher la main d'un lépreux. Pauvre type !
C'est facile d'être humble quand on est nul.
Quand on est journaliste, on informe le public sur les autres, sur le monde. On n'ouvre pas la porte de son intimité.
On devrait pouvoir se laisser bercer, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours emmené au large.
Il faut que cet homme soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande.
Quand on veut honorer les gens, il faut que ce soit à leur manière, et non pas à la nôtre.