À lire des livres de médecine, on se persuade toujours d'éprouver les douleurs dont ils parlent.
Par-dessus le parapet, on ne voit pas à dix pas. Le regard fouille les ténèbres jusqu'au réseau enchevêtré où titubent les pieux, puis se perd.
Sa passion pour les desserts de Michel et Augustin l'a perdu. Il se descend un seau de mousse au chocolat chaque soir en regardant des séries. Plus diverses merdes qu'il ingurgite tout au long de la journée. On se protège comme on peut. Il a mis du gras entre lui et le monde.
Mais on finit toujours par s'inventer une manière de faire face à l'absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l'on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout.
C'est le "presque" qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n'a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin, le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille.
Quand on dit à la rigueur, on est déjà sur le chemin des capitulations.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement.
On peut dire de certaines matières que l'Eglise les abandonne à nos vues particulières et à nos raisonnements.
On croit que c'est autre chose qui sauve les gens : le devoir, l'honnêteté, être bon, être juste. Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent. Ils sont la seule chose vraie.
Le proverbe est le véhicule par lequel on trouve le sens de la parole.
On ne tient pas deux pastèques d'une seule main.
Plus on vieillit, plus on est compétent et heureux.
Il s'agit souvent pour un romancier d'entraîner toutes les personnes, les paysages, les rues qu'il a pu observer dans une partition musicale où l'on retrouve les mêmes fragments mélodiques d'un livre à l'autre, mais une partition musicale qui lui semblera imparfaite.
La violence, c'est quand même terriblement graphique. Il y a dedans une énergie cinégénique incroyable. On entre dans le domaine de la métaphore, du symbole.
L'ancien mauvais garçon devenu grand bavard ressemble à un enfant qui moulinerait du sabre dans l'espoir de dissuader les mauvaises idées de l'approcher. Il en a lourd sur le coeur, et il parle comme on court.
Si on accordait moins d'importance à la propriété privée, il y aurait moins de raisons de la protéger.
La meilleure façon d'éviter les malheurs que l'on redoute c'est d'essayer de vivre raisonnablement dans le présent. L'avenir sera tel que vous êtes en train de le construire dans le présent.
On ne peut pas obtenir de sang d'un navet.
Quand on a ce qu'on appelle joie, cela doit se voir sur le visage.On est plus beau. La joie rend beau. plus beau qu'on est, à coup sûr. Joie, moment de bonheur.
Quand on est connu, je crois qu'on prend déjà énormément de place dans une famille. Trop. Il faut se faire petit auprès des siens.
Écoute ton coeur, on s'en fou du reste !
Un serment, c'est comme un baiser, on ne peut pas le rappeler.
Il y a une théorie qui dit que si un jour on découvre à quoi sert l'univers et pourquoi il est là, il disparaîtra immédiatement pour être remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable. Une autre théorie dit que cela s'est déjà passé.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
Tout demeure possible, tant qu'on ne choisit rien.
On peut adopter les positions de l'ennemi en restant sur les siennes.
Amoureux, on le dit, ne fait que des bêtises.
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire. Je comprends mieux pourquoi mes amours n'ont pas résisté...
Avec trop, on se perd. Avec moins, on se trouve.
On parle toujours du chagrin de ceux qui restent mais as-tu déjà songé à celui de ceux qui partent ?
Dieu est nommé pour le seul être que l'on puisse adorer en soi sans être enchaîné par l'orgueil.
Au zoo. Toutes ces bêtes ont un tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin.
On peut enregistrer des sons dans la rue et en faire de la musique.
Être célèbre n'est pas quelque chose qui me donnerait l'impression d'avoir réussi - à moins que l'on ne s'efforce d'atteindre la médiocrité.
Pourquoi quand il y a un masculin et un féminin l'adjectif doit être masculin c'est pas juste pourquoi est-ce qu'on pourrait pas dire que la mer et le lac sont belles pourquoi Dieu au masculin pas juste non plus.
Par rapport aux carrières qu'on fait, on n'a pas beaucoup de fric à la retraite.
- T'enlèves ta chemise... On te donne une robe... c'est tout bénéfice !
[...] qu'on interroge et qu'on remue jusqu'au fond les Archives de France, et, de quelque façon que la fouille soit faite, pourvu que ce soit de bonne foi, la même histoire incorruptible en sortira.
On ne met pas ceux qui tressent les nattes avec ceux qui tissent les soieries, on ne place pas le tambour à côté du joueur de luth !
Moins on aime, moins on souffre.
L'argent ne vaut que par ce qu'on peut acheter.
On pense pour connaître ; on songe pour agir.
L'idée est de peu : la volonté est tout. Des idées ? On en trouve tant qu'on en veut, plus qu'on en veut. En France, tout le monde en crée, en transporte, en offre à qui en a besoin et à qui n'en a cure. Des volontés, depuis Diogène, on en a pas trouvé beaucoup.
Le capital c'est du travail accumulé.Seulement comme on ne peut pas tout faire,ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
Comment tuer la peur, me demandé-je ? Comment toucher au fantôme, comment le prendre à sa gorge de fantôme ? C'est une entreprise dans laquelle on se précipite en rêve et dont on se félicite d'être sorti comme un chien trempé, les membres frissonnants.
Vous, vous êtes et nous, nous sommesDes hommes pareilsPlus ou moins nus sous le soleilMêmes coeurs entre les mêmes épaulesQu'est-ce qu'on vous apprend à l'écoleSi on y oublie l'essentiel ?On partage le même royaumeOù vous, vous êtes et nous, nous sommes...
Car par le nom connaît-on l'homme.
Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette :Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut...