Dans l'amitié comme dans l'amour on est souvent plus heureux par les choses qu'on ignore que par celles que l'on sait.
On n'a que le bonheur qu'on peut comprendre.
On ne doit pas avaler plus de croyance qu'on en peut en digérer.
Amoureux, on le dit, ne fait que des bêtises.
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
Il y a des brutes qu'on n'apprivoise pas. On les dompte.
Une fille de dix-huit ans qui ne connaissait rien à la vie et ressemblait aux bougies qu'on allumait dans les églises : super simple, super pure et super blanche, mais bien allumée. Oui, complètement en effusion à l'intérieur...
On a si bien reconnu ce cercle vicieux de l'industrie que de toutes parts on commence à la suspecter, à s'étonner que la pauvreté naisse en civilisation de l'abondance même.
On ne se méfie jamais assez des contre-emplois qu'on croit jouer: ils deviennent un jour notre seconde nature, et la première n'existe plus.
C'est le rythme même de ce qu'on lit et de ce qu'on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits : a-t-on jamais lu Proust, Balzac, Guerre et paix, mot à mot ?
On trouve toujours plus juif que soi, plus collabo, plus nègre, plus bourgeois, plus sale gueule de fasciste assassin. Ce qui est le plus difficile à traverser... ces sortes de parenthèses de paix, d'abstinence, on s'y ennuie ferme et on fermente.
Couronnez un Américain, vous êtes vendus à l'Amérique. Couronnez un Russe, vous êtes communiste. On n'en finirait plus de chercher le dessous des cartes. C'est la structure profonde du festival qui est mauvaise, c'est elle qu'il importe de changer.
Après une bonne querelle, on se sent plus léger et plus généreux qu'avant.
L'homme craint la vérité encore plus qu'il ne l'aime. Disons mieux ; il craint la vérité parce qu'il l'aime. Comme ces femmes trop belles qu'on se détourne de regarder beaucoup.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s'évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu'on l'a à ses pieds. Ou dans son lit.
Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement,comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns travaillent et les autres qui accumulent.
Il est peu de douleurs plus cruelles que d'être quitté par qui l'on aime. A cet irréductible chagrin, encore faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant :"Et tu n'as rien senti venir ?"
Daumier est d'abord et surtout dessinateur, au point que l'on peut presque dire que, pour suggérer la couleur, il peut se passer d'elle.
Si on ne respecte pas la nature, on partira avec.
Ce n'est pas du premier coup que l'on trouve son équilibre et la simplicité de la vie au milieu de toutes les complications de la richesse. Il y faut de l'entêtement.
Je me suis toujours méfié des miroirs, mais je ne me suis pas privé de les consulter, et l'on en trouvera les renversements dans mes gravures.
Est-ce qu'on se connaît trop ? Non, jamais. On tente de se reconnaître et on finit avec un inconnu.
On dépense des milliards dans les banques quand on sait qu'une fraction de cet argent pourrait sauver tous les enfants du monde.
Parfois, j'ai eu carrément tort mais que faire d'ces pensées quand le coeur est à fond. Vivre d'amour, espérer dans l'action, c'est toutes nos victoires et comme on réussit pas seul quand nous gagnons, j'retourne les miroir.
En devenant une vraie femme, j'ai réalisé qu'on ne pouvait pas s'identifier à son mari ou son mariage. Tout le monde dit que j'ai l'air plus jeune ou que je n'ai jamais été aussi bien... Je pense que le divorce me va bien.
Les principes sont des choses dont on use pour se dispenser de faire ce qui déplaît.
Quand on pense à quel point la mort est familière, et combien totale est notre ignorance, et qu'il n'y a jamais eu aucune fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé !
Quand on ne pense pas à ce que l'on dit, c'est qu'on dit ce que l'on pense.
Je devrais hurler, les gifler, me déculotter. Je ne le fais pas, bien entendu. Ces choses-là, on ne les fait jamais. Résultat : on est condamné quand même. Alors pourquoi s'en est-on privé ? Je rêve d'un monde où, de temps en temps, passeraient ainsi des colères.
Tout le monde est beau, à vingt ans. Après, on a la tête qu'on mérite.
On ne peut pas chanter des chansons optimistes lorsqu'on a peur de se trouver mal à chaque nouveau couplet. Comment dominer une salle, alors qu'on ne sait pas si on ne va pas s'écrouler sur la scène la minute suivante.
Je suis athée, autant qu'on peut l'être et je fais tout ce qu'il me plaît de faire. J'ai horreur des pauvres, j'exècre la douleur et j'aime mieux une mauvaise conscience qu'une mauvaise dent.Je me moque de votre Dieu sanglant et n'ai que faire des absolutions que vous prodiguez aux petites bonnes gens de ce village.
Le pays ? Mais qu'est ce qu'il sait le pays sur ce qu'on souffre ici ? Je vais vous dire moi, je me suis senti plus proche des Allemands, que ceux qui crient « Mort aux Bosches » chez eux bien au chaud devant leur dinde aux marrons !!
On prend toujours le ciel à témoin qu'on ne croit en rien.
A la caserne, on ne fait rien, mais on le fait tôt et ensemble.
Quand on écrit ses mémoires, on se fait deux sortes d'ennemis. Ceux dont on parle. Et ceux dont on ne parle pas.
Quand on a tout à craindre, on ne doit craindre rien.
La fièvre, à ce que l'on dit, nous délivre des puces, et l'infortune de nos amis.
On ne persuade aux hommes que ce qu'ils veulent.
Quand on va mourir, on ne prie pas. On tente de savoir.
On n'aime pas son ennemi, mais on le respecte.
Faute de grives on les remplace par des merles, par des pies.
Je ne me comprends pas. Je déteste avoir l'âge que j'ai, pas encore une femme et plus une enfant. Je déteste qu'on me dise que je suis trop vieille pour quelque chose, mais je déteste 100 000 fois plus qu'on me traite comme un enfant. Je ne suis ni l'un ni l'autre.
On reconnaît un homme à la façon dont il gère son entreprise.
On peut en empiler cinquante mille de ces cerveaux, et faire l'addition. Le total ne fournira pas l'habillement complet d'une pauvre idée.
Le vin fait parler beaucoup, et l'on se confie trop dans ces moments d'ivresse.
On m'a littéralement poussée dans le monde du spectacle. C'est David Bowie qui m'a convaincue de chanter. J'ai eu une chance inouïe dont rêvent tant d'artistes, mais ce n'est pas pour moi.
Il se pourrait qu'on jugeât mieux un homme d'après ses ennemis que d'après ses amis.
Le peuple : on lui fait des discours, on ne cause pas avec lui.