Quand on obtient d'une chose ce qu'on en attendait, on n'en demande pas plus.
On n'a pas tant d'esprit quand on demande pardon que quand on offense.
C'est en copiant qu'on invente.
Voulez-vous qu'on croie du bien de vous ? N'en dites point !
Des préoccupations dominantes. Envahissantes. Il en faut. Quand on n'en a pas, il faut s'en faire.
Toutes ces idylles se déroulaient selon le même rite. Des amis peintres faisaient leur portrait, qu'elles ne trouvaient jamais ressemblant, on leur lisait des vers qu'elles ne comprenaient pas, mais qui leur mouillaient les yeux, et cela donnait des amours éternelles qui se prolongeaient jusqu'à des six mois.
On se prend toujours de passion pour l'être qu'a choisi d'aimer la personne qu'on aime.
Les dieux résident là où on les vénère.
Je suis d'accord pour que la surveillance du dopage s'exerce sur les jeunes, sur les amateurs et je suis encore plus d'accord pour que l'on fasse des conférences dans les clubs. C'est par là qu'il aurait fallu commencer.
Le nombre des écrivains est déjà innombrable et ira toujours croissant, parce que c'est le seule métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris.
Beaucoup de gens sans parti pris, c'est-à-dire qui ne sont pas musiciens, se demandent pourquoi l'Opéra s'obstine à jouer Faust. Il y a à cela plusieurs raisons dont la meilleure est que l'art de Gounod représente un moment de la sensibilité française. Qu'on le veuille ou non, ces choses-là ne s'oublient pas.
On voit ainsi se manifester à la fois la "rage de lire" des femmes et la réprobation de leurs contemporains masculins. L'adolescente qui s'adonne à la lecture de romans - mais la poésie peut être tout aussi pernicieuse - renie son innocence première et se fabrique un paradis artificiel.
Quand on est un artiste, on capte certaines choses qui sont dans l'air. Vous le ressentez simplement. Ce n'est pas comme si on s'asseyait et qu'on se disait : "Que puis-je faire pour tout chambouler ?" Vous avez des idées, et puis les idées alimentent une histoire, et l'histoire prend forme.
Que la confiance s'étiole, la crise couve ; qu'elle grandisse, l'argent circule, l'industrie s'anime, le rendement de l'ouvrier s'accroît, les relations commerciales deviennent faciles et rapides, on gagne du temps et la collectivité s'enrichit.
Tu es si spéciale et tu as un sternum si ordinaire, avec une fourchette au sommet, où le doigt s'enfonce, et une cuiller en bas, qui plie, qu'on craint de casser.
À l'intérieur de chacun de nous il y a quelque chose qui vole et s'appelle l'âme et quand on meurt, on n'est jamais réellement mort, et quand on vit on n'est jamais vraiment vivant.
Un journal intime a des pouvoirs, quand on le relit, quand on le retrouve, c'est incroyable ce que ça ramène comme images, comme souvenirs d'une précision inouïe pour celui qui l'a écrit.
Maintenant je suis plus sage, je pense que c'est l'âge, on vieillit, on devient plus responsable, plus calme. Mais si je voulais me teindre les cheveux, par exemple en rouge ou en bleu, soyez sûr que je les teindrai !
Il faut se poser un milliard de questions pour espérer bien danser. Sur l'époque, le costume, l'âge du personnage, ses traits de personnalité, ce que la musique suscite, jusqu'à réussir à se créer un texte qu'on dira avec le corps.
La guerre civile, c'est exactement ça : le triomphe des salauds. On les voit sortir de partout. On s'étonne même qu'il y en ait autant et qu'on ne les remarque pas plus d'habitude.
Avec la foi, on ne fait pas grand chose ; sans la foi, rien.
On ne s'aime bien que quand on n'a plus besoin de se le dire.
Il y a autant de vices qui viennent de ce qu'on ne s'estime pas assez que de ce qu'on s'estime trop.
Moins on a de vrais problèmes, plus on en a de faux.
On vit près d'un enfant. On s'approche d'un mystère. Ses jolis mots nous touchent et nous amusent. Parfois, ils reposent sur une apparente maladresse de langage. Mais on sait bien. En fait, ils sont la marque d'une supériorité. Avec les mots que nous lui apprenons, il dit ailleurs et davantage.
Est-ce qu'il y a vraiment tant d'atmosphères dans les romans d'Agatha Christie ? Peut-être qu'on se les invente - simplement parce qu'on se dit : c'est un roman d'Agatha Christie.
Quand on cherche à savoir, c'est pour un certain temps. Quand on décide de ne pas savoir, c'est pour toujours.
D'ailleurs, on ne dit plus New York mais Jew-York ; c'est bien connu !... On dit même... les Jew-nited-states et Jew-sus-Christ !... Ils sont partout les juifs, à New York. Il y a neuf pages de Levi, sur six colonnes chacune dans le bottin new-yorkais avec toutes les variantes : Levey, Lewin, Lewy, Levinstein...
Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hanteD'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.
Tu as raison, plus on a des biens, plus on a d'ennuis, c'est ainsi qu'on disait à une époque, non? Nous sommes un peu esclaves de ces biens que nous avons emportés.
Quelles que puissent être nos divergences, on restera tous très liés. Nous sommes les seules quatre personnes à avoir vécu toute la Beatlemania de l'intérieur. Nous sommes liés à jamais quoiqu'il arrive.
Ce qui est bien, c'est que, quand on cherche une fille très grande, on pense à moi.
Celui à qui l'on promet plus qu'il n'est juste veut plus qu'il ne lui est permis.
Je préfère, lorsque de l'homme, on ne perçoit qu'une trace.
Où cherche-t-on ce que l'on cherche ?
Qui peut dire si l'on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu'on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur ?
On a beau dire : une colombe est noire.
On n'aime pas moins un lieu pour y avoir souffert, à moins qu'il n'ait été tout souffrance, rien que souffrance.
Pourquoi occulte-t-on la vérité sur la surveillance de Charlie ?
Tous les mariages sont des accidents dangereux mais on en réchappe.
Quand on se sent mortel, l'essentiel prend le pas sur l'opinion.
Une star existe par l'image que s'en fait le public, et l'amour qu'on vous porte nourrit sans fin les sentiments qu'on vous prête.
C'est un extrême malheur d'être sujet à un maître, duquel on ne se peut jamais assurer qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra.
Si on dit trop de mots, on les use, on les gaspille.
Chez le coiffeur : "Alors, qu'est-ce qu'on fait ?" "Bah fais ton boulot mon frère, ou fais-toi un kiff : relave-les !
Bon Dieu! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre; et, si vous y parvenez, on s'écrie : « c'est si clair, que c'en est ennuyeux. » - Puis on vote comme si vous n'aviez rien prouvé du tout.
En essayant d'indiquer quelques-uns des enseignements que l'on peut retirer de la lecture de ce livre, je n'ai pas besoin de dire que j'en attribue exclusivement le mérite aux orateurs dont je traduis les discours, car, quant à la traduction, je suis le premier à en reconnaître l'extrême faiblesse.
On dirait que nous ne commençons à exister que lorsque nous sommes ensemble ; que, chaque fois, nous surgissons même pas de l'ombre mais d'un univers indéfini, mais du néant, pour nous retrouver sur un ring, sur un podium, et moins pour nous aimer que pour nous affronter.
On peut aimer l'amour sans aimer personne; on peut aimer un être sans aimer l'amour. L'amour, parfois, est exigeant et tyrannique, conseiller de vengeance, d'injustice et de colère ; d'autres savent aimer sans jalousie et sans haine.
On ne détruit réellement que ce qu'on ne comprend pas.