On garde peu de remords des fautes où l'on prit peu de joie.
Si les plaisirs sont plus grands lorsqu'on les prévoit, il en va de même pour les problèmes.
On ne peut pas se tromper tout le temps.
Les ruptures ont ça de bon qu'on redevient soi-même.
Pourquoi les hommes ont-ils peur de la mort, alors que l'on meurt toutes les nuits ?
La pire vacherie que l'on peut faire à un copain que l'on n'aime pas, c'est de lui souhaiter de devenir célèbre. Un peu de célébrité, ce n'est pas désagréable. Au-delà d'un certain degré, il y en a franchement marre.
Tant crie-t-on Noël qu'il vient.
Si j'ai jamais eu quelque chose à dire à quelqu'un, c'est cela : on peut réaliser l'impossible. Tout est possible. Et c'est tout. Rien de plus.
C'est le train des choses, les obsessions du dieu Boulot. On ne comprend rien au monde moderne tant qu'on ne s'est pas appliqué un peu de métro quotidien sur la viande.
Quand les mendiants meurent, on ne voit pas de comètes ; les cieux eux-mêmes embrasent la mort des princes.
Vous dites tout le temps qu'on a qu'une vie, pourtant vous ne le vivez pas.
Mon chien, je demanderai au vétérinaire qu'on parte ensemble. Il le piquera afin qu'il meure dans mes bras. Je préfère ça plutôt que savoir qu'il se laissera mourir sur ma tombe avec tant de souffrances.
On fait parfois des rêves comme ça dans un demi sommeil, on émerge peu à peu, mais le rêve est toujours là, et puis on ouvre les yeux et on comprend avec soulagement que ce n'était qu'un rêve. Et bah là c'était pas du tout ça !
Bien qu'une beauté mérite qu'on l'adore, Pour en perdre le goût, on n'a qu'à l'épouser.
On ne perd rien à être poli sauf sa place dans le métro.
A la guerre, on tue non pour tuer, mais pour ne pas être tué.
A qui peut-on faire confiance dès qu'il s'agit d'argent ?
Oubli : une éponge qu'on ne trouve jamais quand on en a besoin.
L'Antiquité conseille de se connaître, l'Eglise de s'oublier... Ce n'est pas contradictoire : on ne se possède qu'en se quittant, et c'est chez les autres qu'on se découvre.
On aime éternellement ceux qu'on aime. On les aime quand ils sont là, parce qu'ils partiront pour vivre autre chose que nous. On les aime quand ils nous quittent, parce qu'ils reviendront nous vivre.
On ne peut bien vaincre que ce que l'on déteste.
Bonnes ou mauvaises, on voit mal les pièces trop bien jouées.
C'est une générosité très française que celle que l'on fait sur le dos des autres.
On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.
On devrait pouvoir dire qu'il n'arrive aux hommes que ce qu'ils veulent qu'il leur arrive.
Les hommes qu'on ne connaît qu'à moitié, on ne les connaît pas ; les choses qu'on ne sait qu'aux trois quarts, on ne les sait pas du tout. Ces deux réflexions suffisent pour faire apprécier presque tous les discours qui se tiennent dans le monde.
L'université est une matrice où l'on se sent mal à l'aise, mais où règne une certaine sécurité.
A notre époque, on demande avant tout aux musiciens d'afficher des convictions. On s'était borné à leur demander, jusqu'ici, d'avoir du talent.
On ne parle jamais de l'intelligence d'une mère, comme si c'était amoindrir son affectivité, la distancer. Mais l'intelligence, c'est : tout ce qui nous permet de vivre souverainement avec un être.
On s'imagine que le dessin peut être beau en lui-même. Il ne l'est que par les vérités, par les sentiments qu'il traduit.
On ne peut pas être préparé à quelque chose en croyant secrètement que cela n'arrivera pas.
Si on accepte les différences, tout type d'influence, le fait qu'on est fait de plein de choses, à ce moment-là on n'a plus de danger, on est prêt à accepter même des choses que l'on ne comprend pas. Une chose que je ne comprends pas, je l'accepte mille fois plus qu'une chose que je comprends.
Le rire pour défendre joyeusement ces notions qu'on ne doit jamais perdre de vue et qui sont sur les frontons de nos bâtiments officiels.
La richesse est un vin qui nous altère ; plus on boit, plus on a soif.
La parole est une chose qui vaut si peu qu'on la donne.
Il est inélégant de se plaindre de la vie tant qu'on peut s'aménager une heure de solitude par jour.
On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.
On ne choisit pas plus son esprit que son visage. On ne s'attache pas moins à l'un qu'à l'autre.
Tant qu'on peut se parer de son propre mérite, on n'emprunte pas celui de ses ancêtres.
Il y a beaucoup d'hommes qui se marient, comme on devient fonctionnaire.
Il y a tellement de rebondissements dans mes livres qu'on les croirait en caoutchouc.
On aime toujours être vu parmi les gens importants.
Mais l'amour... ben l'amour ça ressemble à de l'eau, ça n'a aucune consistance et ça vous fuit entre les doigts, au moment où l'on s'y attend le moins.
Si on est obligé de cloner des brebis, c'est parce qu'il n'y a plus suffisamment de légionnaires.
Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne qui ne se lit pas.
Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles. Quant au centième, si on remonte son passé, il est pas blanc.
Le moyen d'arriver à la gloire, est d'être tel que l'on veut paraître.
En même temps, si on était mort, on ne pourrait pas se plaindre de la vie.
Il vaut mieux être infidèle avec l'homme que l'on aime que fidèle avec un homme que l'on aime pas.
Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l'Évangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit « J'arrête la musique, je voudrais être footballeur » ?