Si un homme a une grande idée de lui-même, on peut être sûr que c'est la seule grande idée qu'il ait jamais eue dans sa vie.
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a.
Tant qu'on peut se parer de son propre mérite, on n'emprunte pas celui de ses ancêtres.
Dans cet éternel commerce qu'est l'existence, et dans cette chambre d'affaires qu'est la vie, Dieu est le client qu'on introduit le dernier, comme dans un bureau d'affaires l'homme de moindre importance.
En disent plus long sur une époque les mots dont on n'use pas que ceux dont on abuse.
Quand on se cherche des puces, on finit par devenir pouilleux.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...
On devrait vivre a posteriori. On décide tout trop tôt.
A la télévision, on n'a jamais le contrôle, ni à l'image, ni au montage, ni pendant la promotion. L'acteur est un objet.
Quand on retire tout ce qu'on a dit, il reste tout ce qu'on a pas dit.
L'unique chose à quoi on doit penser, et je m'en rends compte sur la fin de ma vie, c'est à la mort.
Cela nous vient de l'école primaire : volontiers, nous nous représentons l'Histoire comme une succession de tiroirs dont on ne tire l'un qu'après avoir fermé l'autre.
Ah ! pourquoi faut-il se quitter, au moment où l'on a tant besoin de s'aimer ?
Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment - et grâce à qui- l'on pourra le surmonter.
Religions et dieux ne vont pas forcément ensemble. Les bouddhistes ne croient pas nécessairement à un être suprême ; on peut avoir une religion indépendante de tout dieu.
Il ne faut jamais avoir pénétré dans un asile pour ne pas savoir qu'on y fait les fous tout comme dans les maisons de correction on fait les bandits.
Je suis obligée de continuer à travailler pour gagner ma vie. Mes papiers ont été faits de telle façon que, si je m'arrête, je serai bonne pour faire la manche. Comment peut-on vivre actuellement avec 800 euros par mois ?
On ne peut pas être préparé à quelque chose en croyant secrètement que cela n'arrivera pas.
Du vivant de son père, observez les intentions d'un homme. Après la mort de son père, observez son comportement : si, pendant trois ans, il ne s'écarte pas de la voie que lui a tracée son père, on peut dire que c'est un bon fils.
Si on accepte les différences, tout type d'influence, le fait qu'on est fait de plein de choses, à ce moment-là on n'a plus de danger, on est prêt à accepter même des choses que l'on ne comprend pas. Une chose que je ne comprends pas, je l'accepte mille fois plus qu'une chose que je comprends.
On a tous des trucs dont on évite de parler.
On hait toujours ses ennemis, à quelques état de faiblesse qu'ils soient réduits.
Rien ne sert de prouver si on n'est pas foutu de démontrer.
Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées.
On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité.
Ride : pli confidentiel - ou qu'on voudrait tel.
La vraie souffrance, c'est ce qui nous emporte, pas ce qu'on emporte.
On raconte que Dieu a créé l'homme à son image : il nous a donné là une piètre idée de ses charmes.
Le dramaturge est ce monsieur qui, lorsqu'on applaudit les comédiens, croit qu'on l'applaudit.
C'est une générosité très française que celle que l'on fait sur le dos des autres.
Il n'est pas de plus grand plaisir que d'écrire, quand on a le bon destinataire : la vie, en fin de compte, n'existe que d'être solidifiée par les mots, transformée en récit plein de dérision.
On n'est malheureux que parce qu'on a une idée trop nette sur le bien et le mal.
À quoi cela sert-il d'avoir des convictions sublimes si on agit comme un animal ?
J'ai reconnu à mon âme qu'on était peu sincères, que vivre dans l'apparence, c'était beaucoup d'galères.
La vie c'est comme une carrière de marbre. On y va, persuadé d'y trouver des pierres merveilleuses. On n'y voit que des débris inutilisables. C'est pourtant là que s'élaborent les palais et les cathédrales.
Quel bonheur d'être belle quand on est aimée !
On se fait rarement rire seul parce qu'on se surprend difficilement soi-même.
Gardons-nous de chercher ce qu'on ne peut atteindre.
Il faut, quand on gouverne, voir les hommes tels qu'ils sont, et les choses telles qu'elles devraient être.
Que les femmes donnent ou qu'elles refusent, elles sont toujours heureuses qu'on leur demande.
Nous ne sommes pour la plupart que les contemporains du bonheur ; on en parle autour de nous, mais nous mourrons sans l'avoir connu.
Il faut mépriser tout ce que l'on peut perdre.
Un vrai martyr, c'est quelqu'un à qui on refuse aussi ce titre.
Dire qu'on aime n'avance à rien.
Même chez les jaloux, l'instinct de conservation est tel qu'il leur fait préférer, en fin de compte, l'image de la réalité qu'on leur présente à celle qu'ils devinent et redoutent de voir confirmer.
Ce qu'on appelle une situation neuve au théâtre, c'est une situation impossible.
On place ses éloges comme on place de l'argent, pour qu'ils nous soient rendus avec les intérêts.
On peut faire des petits événements une porcherie ou du miel.
On décrit mal sa joie au milieu des malheurs ; et sa plus douce idée est un sujet de pleurs.
Toute éducation est élévation, contrainte, épanouissement et promesse de joies. Tous les sens y contribuent ; on s'éduque autant par la bouche que par l'oeil ou l'oreille. Est-ce un hasard si ce même terme, goût, désigne le sens de la bouche et une manière de vivre ?