Si les singes avaient le talent des perroquets, on pourrait en faire des ministres.
Se noyer est une mort affreuse car on meurt à petit feu.
Le bonheur, c'est peut-être ça : l'imagination. Quand on en manque, il ne reste que les platitudes de la vie.
Tous les sentiments ont ceci de particulier que l'on croit les éprouver seul.
On ne peut plus revenir aux cavernes ! Nous sommes trop nombreux.
Les vrais secrets ne sont-ils pas ceux qui refusent qu'on les confie, quand même on voudrait s'en décharger.
Le railleur n'aime pas qu'on le reprenne, avec les sages il ne va guère.
La sympathie, plus on en donne, moins on en a besoin.
Je ne suis plus à un âge où l'on fait sa vie, mais je suis à un âge où l'on fait volontiers une heure de vie.
Nous tirâmes de ses draps un malheureux atteint de cette affection bizarre que l'on appelle hémophilie. Ce mauvais jeu de mots signifie que le blessé aime le sang, alors que réellement il se contente de le perdre.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Le plus déroutant est d'enchaîner les films. À force, on se coupe d'un quotidien nécessaire.
On ne peut pas être précis, et être toujours vrai.
Il faut réussir à se dire : « Ça, ce sera pour plus tard », afin d'entreprendre les choses complètement au moment où on les fait.
À quoi ça sert de s'auto-mutiler quand on a trouvé l'amour ?
On a dit que la guerre avait fait un trou dans le ciel, et que par ce trou dans le ciel, le soleil est passé et a brûlé tout ce qui existait. Tout et tout le monde.
On rencontre toujours un « mais » dans ce monde si imparfait.
On a divers sujets de mépriser la vie, mais on n'a jamais raison de mépriser la mort.
Avec le matelas multispire, on peut dormir à côté de la dame aux camélias.
Ce qu'il y a de plus embarrassant quand on n'est pas né riche, c'est d'être né fier.
On doit se consoler de ses fautes quand on a la force de les avouer.
On lit, on lit, puis on s'aperçoit que l'on n'apprend plus rien. On cesse de lire ; mais on continue d'acheter des bouquins.
Si haut qu'on monte, on finit toujours pas des cendres.
En deux heures à la guerre, on en apprend plus sur la vie et les hommes qu'en quatre décennies de paix.
Votre étude sur la dépendance fait largement réfléchir. Comme toutes les choses très simples et qui, rappelées à l'esprit, soudain apparaissent évidente, on n'avait jamais pensé à y penser. Et voici que vous obligez à le faire et que s'ouvrent des horizons infinis. On se découvre soumis à un nombre de dépendances quasiment illimité.
On dit à Hollywood qu'il faut toujours pardonner à ses ennemis, car on ne sait jamais quand il faudra travailler avec eux.
On peut être élégant avec un tablier.
On ne devine que ce qu'on savait à son insu.
Il y a des femmes que l'on n'écoute que d'un oeil.
Quand on est né couillon, on couillonne.
A la télévision, on ne peut être autrement que ce qu'on est profondément.
Se sentir soi-même - se penser soi-même - sensation active. On place l'organe de la sensation, comme l'organe de la pensée, sous son emprise.
Les injures, les calomnies, les colères extérieures, on peut les multiplier, les entasser tant qu'on voudra, on ne les élèvera jamais au-dessus de mon dédain.
C'était si dégoûtant qu'on lui a shooté dedans, un coup chacun, et alors, à la place de chanson et de vomi, c'est du sang qui est sorti de sa vieille rote dégueulasse. Et puis on a continué notre chemin.
Crèches, écoles maternelles : dès que l'enfant commence à reconnaître des formes, il est façonné par une pensée politique. La première couleur qu'on lui fait aimer est le rouge. Les premiers gestes qu'il imite sont révolutionnaires - lever le poing, en frappant le sol du talon. Les premiers chants sont des hymnes guerriers.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.
Je n'ai pas subi les effets des sixties car on faisait des opérettes avec Luis Mariano et des tours de chants avec autant de monde que Johnny.
Les gens on les aime tout de suite ou jamais.
Pourquoi tenter l'impossible, si l'on peut faire simple ?
Il est difficile d'avoir de la lucidité sur ce qu'on écrit. La répétition vient peut-être du fait que je suis travaillé par une période de ma vie qui revient sans arrêt dans ma tête..
Dans l'homme aimé, il arrive plus ordinairement qu'on ne s'est épris que de l'amour.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Tout homme marié sait pourquoi l'on donne des prénoms féminins aux typhons.
La jeunesse, on peut en dire ce que les riches disent de la fortune : elle est plus facile à gagner qu'à conserver.
On devrait se marier entre compagnons d'enfance.
D'un pays à l'autre, d'une province à l'autre, voire d'un endroit à l'autre, il y aura toujours une certaine inégalité dans les conditions d'existence, inégalité que l'on pourra bien réduire au minimum, mais non faire disparaître complètement
L'étonnant, avec la jeunesse, c'est qu'on croit dix fois qu'elle est achevée. Et dix fois on découvre qu'il nous en restait une parcelle, une bribe oubliée dont on ne profitait plus vraiment, mais encore suffisamment vivace pour que nous souffrions de la sentir se détacher.
La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'atteindre le même but : celui de posséder ce que l'on désire.
Une des manières les plus profondes de connaître se révèle par la manière dont on répond à ce que l'on voit.
D'une manière générale, la génération qui est née en même temps que l'Apple 1, que l'on pourrait appeler "génération Apple 1", ne va pas très bien.