Il ne faut choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était homme.
On est volé à la Bourse comme on est tué à la guerre, par des gens qu'on ne voit pas.
On dirait que les survivants de ces générations formées par le plaisir, en ne se refusant rien, ont appris à se passer de tout.
On appelle cultivé un esprit dans lequel on a semé l'esprit des autres.
Plus on étudie, plus on demeure convaincu que toutes nos connaissances ne datent que d'hier, et qu'il en est peut-être davantage qui ne dateront que de demain.
C'est beaucoup de choses l'image : une belle gueule, un beau parler, une poignée de main ferme, un regard droit, du linge bien repassé, l'air d'avoir toujours envie de se trouver là où on est et de penser profondément ce que l'on dit.
Souvent on appelle la vie les bêtises que l'on fait.
Quand on est convenablement payé de ses efforts, il n'y a nul héroïsme à ne pas palper boni, bénefs et bakchichs.
Quel est donc cet instinct moral qui apprend à l'homme sans éducation, que la récompense de ces actions est dans le coeur de celui qui les a faites ? Il semble qu'en nous les payant, on nous les ôte.
Trop d'occasions d'acquérir semblent diminuer la valeur de ce qu'on possède.
Un suicide on ne sait pas ce que c'est, alors on préfère penser que c'est génétique, un peu comme la laideur.
L'humilité est une vertu qu'on ne paye jamais trop cher.
On m'a proposé une villa gratuite à Hollywood, mais j'ai dit non merci, je préfère vivre en Italie.
Je me demande pourquoi les paysages sont tellement plus beaux quand on y est seul.
Le rire est associé au corps qu'on ne maîtrise plus, au corps qui déborde le corps, ce qui constitue un péché.
Le but dans la vie est le plaisir. C'est un idéal inaccessible mais quand on le peut, il faut s'en souvenir.
C'est par son humeur qu'on plaît ou qu'on déplaît et par le fond de son caractère qu'on se fait aimer ou haïr.
On est plus criminel quelquefois qu'on ne pense.
On ne se hait point soi-même ; mais on ne peut pas s'aimer.
On n'improvise jamais mieux que lorsqu'on sait son texte.
On ne doit juger d'hommes et de vins sans les éprouver, soir et matin.
La vie, c'est un peu comme une pièce de théâtre, dont nous serions les acteurs... et les autres, le public. Mais à la fin, on ne vient pas saluer. On meurt sur scène comme Molière.
On n'accueille pas invariablement avec joie la présence d'une femme, même lorsqu'on en est amoureux.
Il n'y a que deux circonstances où l'on est soi-même : quand on dort et quand on est soûl. Tout le reste du temps, c'est du chiqué.
Ne peut-on pas dîner chez les gens et ne leur trouver aucun talent ?
Le pire, quand on fait un discours, ce n'est pas de prendre conscience que vos auditeurs regardent leur montre, c'est le moment où ils se mettent à la secouer pour voir si elle n'est pas arrêtée.
Si on veut se mettre en couple, l'important c'est d'être réaliste. Une fille mettable, qui fait à bouffer, qui n'a aucune habitude dégoûtante et te supporte tel que tu es, sans chercher à te mettre au pas et te faire aimer les légumes verts, on ne peut pas en demander beaucoup plus à l'amour.
Une photo est toujours invisible, ce n'est pas elle qu'on voit.
Il faut créer de nouveaux concepts, de nouveaux enchantements, comprendre qu'on peut jouir autrement qu'en préparant la 6G sur son téléphone portable.
On ne perd jamais en aimant, on perd toujours en tenant.
L'Église catholique a fini par reconnaître l'indépendance de l'ordre spécifiquement spirituel et par vivre avec. On ne saurait demander moins à l'islam.
Si l'on en fait un absolu, l'égalité est une absurdité puisqu'elle est radicalement étrangère à la nature.
Un adolescent est à coup sûr devenu adulte lorsqu'il cesse de poser des questions et demande qu'on ne lui en pose pas.
Quand on a renoncé à tous les plaisirs de la vie, il reste encore celui de se lever de table après un dîner ennuyeux.
Rien n'est si commun au beau sexe que de ne vouloir pas qu'une autre profite de ce qu'on refuse.
Ciel : lieu de délices que l'on dit être le Paradis et d'où nous arrivent aussi la pluie, la foudre, la grêle et les bombes.
On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité.
Quand on dit d'un artiste comique de grand talent qu'il n'a pas de prix, ce n'est pas une raison pour ne pas le payer sous le fallacieux prétexte qu'il est impayable.
On est presque également difficile à contenter quand on a beaucoup d'amour, et quand on n'en a plus guère.
La sécurité a du bon... la lutte aussi, surtout quand on en sort vainqueur.
On fait ce qu'on peut avec l'alcool que l'on a dans le sang.
N'est-ce pas précisément cela "comprendre" ? Sentir qu'on saisit l'indéfinissable, l'indispensable.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.
Tout le monde est critique littéraire, de nos jours. Si on n'aime pas un livre, on menace l'auteur. Il y a une certaine logique dans cette façon de voir. Faire payer ce salaud pour ce qu'il vous a infligé.
On ne doit pas faire payer le fait que l'on doit de la reconnaissance, et c'est une tentation qui nous guette tous.
Les femmes devraient militer pour qu'on leur accorde comme aux hommes le droit à la laideur.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...
Ainsi, l'un sur l'autre on déteint, Et souvent, pas pour notre bien, Sachons donc choisir nos voisins...
On serait trop malheureux si, auprès des femmes, on se souvenait le moins du monde de ce qu'on sait par coeur.