On peut dire que chaque trouble psychiatrique appartient à son époque, mais aussi que les particularités les plus singulières de la folie individuelle se retrouvent d'une époque à l'autre.
Il n'y a de mérite à être fidèle que lorsqu'on commence à devenir inconstant.
Quand on a de l'argent il faut se garder de le dire à sa maîtresse : elle se mettrait à vous adorer.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !
On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter.
Il faudrait qu'on pût me relire avant de me lire : on m'aimerait bien mieux.
L'histoire est semée de mots dont on dit qu'ils ont fait fortune !
On dit d'un homme seul qu'il n'apprécie pas la vie en société. C'est comme dire qu'il déteste la randonnée parce qu'il n'aime pas marcher dans une forêt épaisse par une nuit noire.
Quand à nous, on préfère pleurer sur tous les génocides qu'on finance : Multi-nationale à la traque des soldes.
Si cruel que ce soit à entendre, les peuples peuvent se tromper. Le nôtre s'est déjà trompé et on sait de quel prix il faut payer dans l'histoire le fait d'avoir manqué le train de l'histoire.
On a la chance de vivre dans un pays où depuis Rabelais, on a une grande liberté. La Révolution a aussi provoqué la naissance de la presse, qui a engendré le dessin de presse et décoincé des choses.
Accepter sa propre bizarrerie pour en faire sa joie, n'est-ce pas ce qu'on devrait tous faire dans nos vies?
On ne peut admirer longuement que ce qu'on admire sans savoir pourquoi.
On peut considérer la langue de l'homme, dans le mécanisme de la parole, comme la corde qui lance d'elle-même la flèche qu'on y a ajustée.
La vraie liberté n'est pas de faire ce qu'on veut, mais ce qu'on a le droit de faire.
On est heureux ou malheureux par une foule de choses qui ne paraissent pas, qu'on ne dit point et qu'on ne peut dire.
Il y a deux espèces de gens, les trompés et les trompeurs, les faibles et les forts. Les forts sont comme le granit, on peut les presser autant qu'on veut, on n'en tirera jamais rien.
Quand on sait tous les dons exceptionnels qu'il faut pour être ministre, on comprend mieux que l'on soit presque toujours obligé de prendre les mêmes.
Dès que l'on a un peu joué, on se sent moins esclave de l'argent.
Quoique l'on dise, le passé ne lie pas.
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, quand on en a cinquante-sept non plus.
L'ami est d'abord celui dont on se raconte qu'il est votre ami.
Il est bien entendu qu'on est toujours le premier amant d'une femme.
Depuis qu'on trie les déchets, j'ai les mêmes déchets, sauf que j'ai quatorze poubelles.
Il vaut mieux reposer l'esprit en paix que de prendre l'attitude du Bouddah et de prier quand on est en colère.
J'avais raison à l'époque. Je pensais qu'on me rendrait justice après ma mort. J'ai dû attendre dix ans.
On ne peut créer un être plus parfait que l'homme.
Si l'on avait su garder ce patrimoine en France, si l'on n'avait pas exporté cette pratique vers la perfide Albion, si l'on ne s'était pas résigné à abandonner ce sport aux étudiants de la ville de Rugby qui en firent la renommée, peut-être parlerions-nous aujourd'hui du Mortagne-au-Perche à XV, ou du Briouzeman Julien Bonnaire.
L'Enfer, je le situe non au moment où l'on voit la mort ; mais au moment où l'on voit sa vie.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
Quand le poisson est pris, on oublie la nasse. Quand l'idée est transmise, peu importent les mots qui ont servi à la convoyer.
Mettez-vous dans l'esprit que les femmes veulent qu'on les aime, mais en même temps qu'on les divertisse.
On a fait 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus.
Il y a bien peu de femmes dont la conversation plaise encore après qu'on les a eues.
Dire qu'on a eu vingt ans, qu'on ne les a plus, qu'on ne les r'aura plus jamais !
On invente toute ce que la mémoire a pu oublier. On en rajoute.
Il y a des mémoires malheureuses qui ne se rappellent que ce qu'on leur demande d'oublier.
Quant on ment, on ne calomnie jamais.
La société serait une chose charmante si on s'intéressait les uns les autres.
Ce qu'il y a de plus dur dans la vie, c'est d'être obligés de se détacher de ce qui nous est le plus précieux, ce pour quoi on donnerait tout. Comment continuer à vivre ?
On s'aperçoit de ce qu'on cherchait après qu'on a trouvé ce qu'on ne cherchait pas.
Dans le mariage, on fait l'amour par besoin, par devoir. Dans l'amour, on fait l'amour par amour.
On ne veut bien que ce qu'on imagine richement.
On a le sens de l'éternité ou on ne l'a pas : c'est inné.
Quand la loi et le devoir ne font qu'un sous la religion, nul n'est vraiment conscient. Alors, on est toujours un peu moins qu'un individu.
On n'en a pas fini avec l'histoire, pas plus qu'avec la biologie au sein de chaque être.
Quand on se retrouve à côté des pestiférés, une fracture nette sépare votre monde de celui des épargnés. On ne veut ni charité, ni empathie. De chaque côté des frontières, les mots n'ont plus le même sens.
Même le plus grand des machos est attiré par sa mère. Il y a des choses qu'on ne confie qu'à sa mère, c'est bizarre. La première odeur de femme est celle de sa mère.
Lorsque l'on m'adore, je m'enfuis, c'est pour ça qu'je fixe le plafond.
Je suis prête à tout entendre, à discuter, mais je déteste quand on me cache des trucs.