Les critiques disent qu'on publie trop. Ils ont raison. On publie trop leurs livres.
Ce qu'on appelle "marxisme" en France est un article tout à fait spécial.
L'étonnant, avec la jeunesse, c'est qu'on croit dix fois qu'elle est achevée. Et dix fois on découvre qu'il nous en restait une parcelle, une bribe oubliée dont on ne profitait plus vraiment, mais encore suffisamment vivace pour que nous souffrions de la sentir se détacher.
Tôt ou tard, quand il y a un crime à cacher, on parle trop.
Si on veut pas connaître mon avis on a qu'à pas me le demander.
La faiblesse humaine est de désirer savoir ce qu'on ne veut pas savoir.
Ce n'est pas parce que l'on sort une grande phrase qu'on est un grand homme.
Le rôle d'un ministre de l'Intérieur : s'efforcer de tout savoir, et savoir en tout cas tout taire de ce que l'on sait.
On renonce à ce qu'on possède plus aisément qu'on s'abstient d'envier ce qu'on manque.
Les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu'on vient leur demander.
On serait tenté de dire : "Ce ne furent que des mots", mais, aux moments importants de l'histoire, les mots sont des actes.
Moins on parle, et bien souvent mieux on pense.
Les filles ont ceci pour elles qu'elles le sont toujours un peu plus qu'on ne pensait.
On devrait se marier entre compagnons d'enfance.
Si haut qu'on monte, on finit toujours pas des cendres.
De toute façon, on dit toujours «un beau bébé». Un bébé n'a pas le droit d'être laid, en tout cas, on n'a pas le droit de le dire.
Il n'y a que trois choses que l'on puisse faire avec une femme, dit un jour Clea. On peut l'aimer, souffrir pour elle ou en faire de la littérature.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.
Vous ne faites pas confiance ? On ne vous fera pas confiance.
Si nous sommes livrés à nos propres forces, il y a toutes les raisons d'être pessimiste. Mais si on croit à des forces supérieures à l'homme, alors on peut être optimiste.
La nécessité, telle est la raison que l'on invoque pour toute atteinte à la liberté humaine. C'est l'argument des tyrans ; c'est le credo des esclaves.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur.
Quand on est incinéré, on peut plus se retourner dans sa tombe.
Une femme que l'on aime, et qui partage votre maison, introduit le réel dans l'existence.
On me fait les offres les plus engageantes; et, si je les rejette, me voilà dans le dernier abandonnement et dans la dernière misère.
Pas une seconde, on ne laisse les Chinois seuls avec eux-mêmes. A-t-on peur qu'ils s'ennuient, ou qu'ils pensent mal, ou que tout simplement ils pensent ?
On croit que si rien ne se passe, on disparaît. Ce n'est pas vrai.
Ce qui est intéressant dans l'autre, c'est ce qu'on n'est pas.
On me dit souvent que mes idées sont impossibles à réaliser, mais je montre toujours que si, elles le sont.
J'étais content de partir parce que je savais qu'on allait dans le mur. Je n'avais rien à faire là. Pourquoi commencer une compétition quand vous savez que vous n'allez pas gagner ?
On appelle extrémistes des gens qui sont très mécontents de la politique suivie par le gouvernement.
Si lui y marche avec nous, ça va débouler rouge. Des bassistes comme ça on en fait plus, on a perdu l'moule ! [...] Une bête j'te dis : à l'époque où on était avec les Bulldozers, son pseudonyme c'était Bazooka, tel'ment qu'y bastonnait. Non, même avec des moufles y peut jouer les doigts dans l'nez.
On raille trop la croyance du demain, et on laisse la place aux dépressifs de l'avenir et autres déclinistes.
On ne compte d'ordinaire la première galanterie des femmes que lorsqu'elles en ont une seconde.
Personne ne se repose jamais vraiment, on imagine qu'on se repose ou qu'on va se reposer mais c'est juste une petite espérance qu'on a, on sait bien que ça n'existe pas, ce n'est qu'une chose qu'on dit quand on est fatigué.
On parvient quelquefois à vaincre les gens dans une discussion, à les convaincre jamais.
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
On ne devine que ce qu'on savait à son insu.
Sans amour, peut-on avoir de l'ambition ?
Les éditeurs, si gentils quand on ne publie pas chez eux !
Tout ce qu'on ne comprend pas se résout avec l'amour.
De New-York à TokyoTout est partout pareilOn prend le même métroVers les mêmes banlieuesTout le monde à la queue leu leuLes néons de la nuitRemplacent le soleilEt sur toutes les radiosOn danse le même discoLe jour est gris, la nuit est bleue.
Ce n'est pas parce qu'on écrit sur du papier recyclé que les textes sont bons.
En Inde, on croit que toutes les créatures ont un but.
On dit que les gens ne peuvent pas fuir leurs problèmes. Et bien, ils ne courent pas assez vite.
Que dans une république laïque on puisse respecter les religions en autorisant leur critique, cela peut paraître une contradiction inadmissible.
Il faut avoir une stratégie, mais il faut qu'elle soit souple, c'est l'instinct qui nous dit quand il faut changer de stratégie. Les deux sont importants mais on ne peut pas avoir l'un sans l'autre.
On trouve sa vie en la donnant aux autres.
Les mots que l'on prononce ne sont pas les mots qu'on écrit. Autre syntaxe, autre monde.