Dans le journal du petit déjeuner : on y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
J'étais jadis ton ivrogne préféré,Bon pour une rigolade de plus,Puis on a tous deux manqué de chance,Or la chance c'est tout ce qu'on avait.
Quand on ne risque rien, on ne peut rien avoir.
Quelque chose de très important vient de se casser à jamais, tout de suite, là. On vient de broyer sous nos yeux les jouets de notre enfance, six cents morts, l'innocence va désormais se traduire vice civique légal. C'est-à-dire : cercle, parfaitement carré.
Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut s'élargir.
Avant d'avoir entendu les deux parties on ne saurait juger.
Dans la tristesse, on se met à poil.
Jusque-là, j'étais une intello. Mais une fois qu'on sait si bien faire la fille canon, on ne sait plus faire que ça.
La frontière est de plus en plus floue entre le cinéma tel qu'on le conçoit depuis sa création et la métamorphose qu'il est en train d'opérer.
Pour travailler, pour faire sereinement une oeuvre, une grande oeuvre, il faudrait ne voir personne, ne s'intéresser à personne, n'aimer personne, mais alors quelle raison aurait-on de faire une oeuvre ?
La façon dont on raconte l'Histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l'on présenterait d'affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les huit premières mesures de chacun d'eux.
Avant, on parlait de malade ; le terme de patient n'est venu que dans les années 80. "De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou".
On voit de mauvais généraux gagner des batailles; la chance y a autant et plus de part que le talent. On ne voit jamais de mauvais artistes faire de beaux ouvrages.
C'est peut-être pour tout le monde la même chose d'ailleurs, dès qu'on insiste un peu, c'est le vide.
D'autres mots, vite, si on s'arrête de parler le malheur s'introduit.
Si un jour on me demandait de dessiner Dieu, je ne pourrais pas.
À cause de cette couche, de cette masse d'oubli qui recouvre tout, on ne parvient à capter que des fragments du passé, des traces interrompues, des destinées humaines fuyantes.
On reconnaît les histoires vraies à ce qu'elles n'ont pas de chute.
S'il n'y avait personne à qui dire "je pense", on ne penserait pas, c'est évident.
Quand on est pauvre, on n'a que la ressource d'être sage.
On ne peut s'enrichir si l'on dépend entièrement de la terre.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi. On lit et l'on est transpercé.
Avant un plaisir, il faut se méfier de la représentation, se représenter le poids du regret d'y avoir cédé et en contrepartie le caractère éphémère de ce plaisir. Si le plaisir paraît toujours tentant, on peut alors s'y adonner.
À un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l'éclair, et l'on n'a pas le temps de revenir en arrière.
On a beau dire : mais quand il reste tant de vie, pourquoi devrait-on mourir ?
On leur fait des conférences, des symposiums, paraît-il, on les éduque... ça ne doit tout de même pas être facile de les rendre sucre, miel et sourire, compatissantes et secourables.
Quand on méprise l'orgueilleux, les ailes lui tombent.
Ce qui compte dans le temps qui vient, c'est pas le travail, c'est la paresse. Tout le monde s'accorde pour dire que le travail n'est qu'un moyen. On parle d'une civilisation du loisir. Quand on y arrivera on aura perdu tout sens du loisir.
- Je suis très heureux de vous marier tout les deux samedi mon fils. - Ah ouais, ouais c'est vrai c'est samedi, et à quelle heure ? - On fait ça à 16h, tu as déjà oublié l'heure de ton mariage ? - J'suis en finale d'un concours de boule !
On peut dire tout ce qu'on voudra sur la vieillesse. Ca vaut mieux que d'être mort.
On ne doit pas changer d'opinion si l'on ne peut changer de conduite.
Si tant de nos généraux ont une intelligence médiocre, on peut penser que c'est parce qu'ils ont été colonels.
On a l'âge, après tout, qu'on porte sur son front.
L'homme est plein d'imperfections, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il a été créé.
Il est plus difficile de dissimuler les sentiments que l'on a que de feindre ceux que l'on n'a pas.
Quand on applique la sévérité où il ne faut pas, on ne sait plus l'appliquer où il faut.
Guidé par l'amour, on ne peut pas se tromper.
Ce qui compte dans la vie, c'est l'idée qu'on s'en fait ! Crois-tu que quelqu'un puisse s'en faire une à ta place ?
On ne peut pas faire ce métier si on est normal. Il y a longtemps que je ne me sens pas comme les autres. Il faut que j'aille mal pour savoir que je pourrais aller bien.
Tout homme à qui on ferme l'accès aux fonctions supérieures devient jaloux de ceux qui les covahissent, et souvent haineux pour eux.
On ne se moque bien que de ce qu'on aime.
On veut toujours croire que son père va régler tous les problèmes, va abattre toutes les murailles et, brusquement, on voit son père s'excuser, on le voit baisser la tête, on le voit devenir un enfant. Et plus enfant que nous.
Le naufrage est sûr, vous êtes déjà tout engourdi par les vagues glacées qui vous assaillent, mais en somme tant qu'on crie, on est vivant.
Un jour, j'ai réalisé que je vivais dans un pays où j'avais peur d'être noir. Ce n'était qu'un pays pour les blancs. Pas noir. Alors je suis parti. J'avais étouffé aux États-Unis... Beaucoup d'entre nous sont partis, pas parce qu'on voulait partir, mais parce qu'on n'en pouvait plus... Je me sentais libérée à Paris
Ce qui est imprimé a une valeur de vérité définitive. Et cette valeur de vérité perdure au-delà de tout ce qu'on peut imaginer.
La France est une petite chose dont on ne parle plus.
Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue.
Quand on entend ce qu'une jolie femme dit, c'est qu'elle n'est pas vraiment jolie.
La grandeur d'un destin se fait de ce qu'on refuse plus que de ce qu'on obtient.
C'est avec les roseaux pensants qu'on fait les chaînes qu'on abat.