Que peut changer un mot ? Une phrase ? Une lettre ? On ne devrait pas écrire. Le décalage est trop grand entre le moment où on écrit une lettre et celui où elle est lue.
Dès que l'on pénètre le bouddhisme, on sent s'éveiller en soi une sensation d'euphorie permanente comparable à celle que l'on ressent après avoir bu un vin délicat.
Quelle est la frontière, la limite au-delà de laquelle on peut considérer que le cerveau ne répond plus comme avant ? Mieux vaut disparaître trop tôt que trop tard. Qu'est-ce qu'on y perd ?
Le métier des lettres est tout de même le seul où l'on puisse sans ridicule ne pas gagner d'argent.
On parle toujours des idées reçues. Mais qui donc les distribue ?
Là où l'on brûle des livres, on finira par brûler des hommes.
En amour, comme à la table, si l'on en croit la faculté, diversité de mets peut nuire à la santé.
Une photo est toujours invisible, ce n'est pas elle qu'on voit.
Si l'on se montre parfois froid ou brusque, c'est simplement parce que je cherche le meilleur.
Arrêtez d'avoir peur de l'inconnu, car tout ce qui m'inquiétait ne s'est pas produit. D'autres choses se sont produites. L'inconnu, on ne peut rien y faire.
D'échelon en échelon, on grimpe à l'échelle.
On est si petit, le monde est si grand, que serait la vie sans votre maman.
Vivre de ce que l'on pense et non de ce que pensent les autres de nous est la meilleure façon de vivre.
On ne peut pas forcer les gens à aller au cinéma ! Ou alors, on change de régime...
- Je crois que parfois c'est plus simple d'en vouloir à ceux en qui on a parfaitement confiance. - Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoi c'est comme ça ?! - Parce que tu sais que quoi qu'il arrive elles t'aimeront toujours...
Durant la vie, on reste assis sans se reposer. Une fois mort, on se repose sans s'asseoir.
Il n'y a rien de plus sot qu'un journal, tout ce qu'on écrit de sincère est niais.
La bravoure, c'est quand on est seul à savoir qu'on a peur.
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent.
Retrouve-t-on sa jeunesse ? On refait une fortune, mais efface-t-on une ride ?
Ce n'est pas en brimant les riches que l'on rend les pauvres plus heureux.
Pourquoi se mettre à écrire quand on sait son intérieur intraduisible.
Chaque maison a son odeur à laquelle ses habitants ne prennent plus garde, sauf après une longue absence. Quand une maison n'a pas d'odeur, elle effraie ; on a l'impression qu'elle cache un secret, la maladie.
Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.
L'ennui, quand on est petit, c'est qu'on raconte sa vie en moins de deux.
Le soutien-gorge a pour fonction de soutenir quelque chose de plus lourd que prévu, dont le poids a été mal calculé, et qu'il faut étayer après coup un peu comme on étaye avec des piliers et des contreforts le balcon d'une bâtisse mal construite.
Quand on a quelque chose dans le ventre on ne meurt pas avant d'avoir accouché.
La préoccupation de la mort, c'est comme une nacelle d'où l'on peut voir, de haut, le petit monde.
La liberté n'est valable que tant que l'on a la force d'en faire usage.
On n'en revient pas de ce qui se passe dans le monde des adultes, finie l'indulgence attendrie, au casse-pipe il faut aller, et tout seuls, c'est comme ça que se fait le tri !
Parfois, le sort chasse certaines personnes de notre vie, mais il en fait entrer d'autres, au moment où l'on s'y attend le moins. Dîtes vous qu'à partir de maintenant, il vous sera favorable. votre vie ne fait que commencer.
En ayant le Roi Philippe, on fait Pâques, Noël et la fête de la Saint Martin.
On est toujours persuadé qu'il n'y a qu'une personne au monde à aimer et on en trouve une autre pourtant un jour. Et ça à l'air dingue de s'être autant inquiété pour ça au début.
On rend bandant les rêves les plus tartes, à force de billets verts, de toc, de plaqué, de paillettes, jusqu'à ce que le dernier des humains se prenne pour un empereur et devienne son propre dieu...
Chaque jour appuie ma conviction du peu de confiance qu'on peut accorder aux apparences du mérite et du bon sens.
Chez la plupart des gens qui bossent, on sent une somnolence de fonctionnaire. C'est le genre : "Réveille-toi, c'est l'heure d'aller se coucher !"
On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu'elle ne l'est.
Le cinéma, c'est l'opéra du vingtième siècle. On a tous les arts : les écrivains, les acteurs, les décorateurs, les chefs opérateurs, les musiciens, pour faire une oeuvre totale.
Jamais les hommes ne deviennent plus tendres que lorsqu'on leur a pardonné une infidélité de passage.
Les enfants, c'est pas vraiment méchant ; ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps ; ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler ; au fond, ça peut faire tout ce qu'on leur apprend.
Il n'y a rien de plus embarrassant que de regarder quelqu'un faire une chose que l'on prétendait impossible à faire.
Le contribuable qui fait sa déclaration ressemble à une jeune fille qui arrive sur la plage. Il commence par retirer tout ce qui est permis et, si on ne le surveille pas, il en retire encore un peu plus.
On n'a jamais tant parlé de Dieu depuis qu'il est mort.
L'homme ne peut s'éclairer par Dieu ; c'est par l'homme qu'on essaiera d'éclairer Dieu.
Plus on étudie, plus on demeure convaincu que toutes nos connaissances ne datent que d'hier, et qu'il en est peut-être davantage qui ne dateront que de demain.
Comment arrêter son regard sur la première à laquelle on a juré fidélité éternelle quand il y en a des milliers qui nous obligent à renier sans cesse nos premières paroles ?
La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.
On peut lire sur les boîtes de fromage : "45 % de matière grasse". Sur les couvertures de certains romans, on devrait lire : "1 % de matière grise" !
On ne peut plus écrire quand on ne s'estime plus.
On ne doit juger d'hommes et de vins sans les éprouver, soir et matin.