Il s'agit souvent pour un romancier d'entraîner toutes les personnes, les paysages, les rues qu'il a pu observer dans une partition musicale où l'on retrouve les mêmes fragments mélodiques d'un livre à l'autre, mais une partition musicale qui lui semblera imparfaite.
Une liaison était un compromis : on échangeait le contrôle de sa vie contre de la compagnie.
La guerre, c'est moche et ça ne sert à rien. Mais, dit-on, il faut bien se défendre. Et l'on ne sait jamais qui a tiré le premier coup de feu.
On ne réfléchit pas lorsqu'on est heureux.
A trop admirer les vertus des autres on peut perdre le sens des siennes propres tant et si bien qu'en ne les exerçant plus, on les oublie complètement sans recevoir pour autant celles des autres en compensation.
C'est dans la mort qu'on parle le mieux de la vie.
Il savait prononcer le mot "succulent" de telle manière qu'en l'entendant on avait l'impression de mordre dans une pêche mûre.
Une raison futile diminue le poids des bonnes raisons qu'on avait données auparavant.
Le capital c'est du travail accumulé.Seulement comme on ne peut pas tout faire,ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
Cet incendie-là, on l'avait vu de Segré. A trois kilomètres, il rivalisait de clarté avec un soleil couchant, il parsemait la nuit de millions d'étoiles filantes qui menaçaient tous les fenils du bourg.
Un maître affecte l'éternité ; on ne saurait dire où s'arrête son influence.
On ne bâtit pas sur du vent.[...] Nous avons, une fois pour toutes, écarté les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l'oeuvre française dans ce pays.
Le bonheur est comme le mercure. Difficile à tenir, et quand on le laisse tomber, il se brise en mille morceaux. Peut-être que les plus courageux sont ceux qui ont le courage de le reprendre.
On va au Brésil, c'est comme si les musulmans allaient à La Mecque, les chrétiens à Rome et les juifs à Jérusalem. C'est exactement ça, d'aller à la Coupe du monde au Brésil.
L'aversion s'accroît de tous les efforts que l'on fait pour la vaincre.
Les paroles sont toujours une force que l'on cherche hors de soi.
On défend bien plus férocement sa chance que son droit.
Un amour sans jalousie n'est pas un amour personnel - un amour direct, plutôt un amour indirect - on peut dire que c'est un amour de raison - car ici on n'aime pas, comme personne, mais plutôt comme membre de l'humanité - On aime davantage les rivaux que l'objet.
Dieu est nommé pour le seul être que l'on puisse adorer en soi sans être enchaîné par l'orgueil.
On rencontre quelquefois dans les affaires des gens qui ne sont pas officiers de la Légion d'honneur. Il ne faut pas les mépriser ; ils le deviendront.
Vous avez déjà flairé un livre neuf ? La reliure, les pages, les caractères... C'est comme l'odeur du pain frais quand on a faim.
Après tout, on vit à l'époque du kleneex. On fait avec les gens comme avec les mouchoirs, on froisse après usage, on jette, on en prend un autre, on se mouche, on froisse, on jette.
Il y a ce qui nous manque, ce qui fait le sel de nos vies. Moi c'est le théâtre plus qu'autre chose. J'aime tellement la présence physique, de ceux qu'on connait et des autres.
L'ami, le seul, est celui avec qui l'on pourrait vivre comme avec une femme.
J'habite en Suisse et je trouve déplorable que l'on dise "Ah oui, il est parti en Suisse".
Et on peut être brillant et quelqu'un de traumatisé. Je pense que mon frère est suicidaire et qu'il entraîne avec lui dans une espèce de spirale des gens, sous prétexte qu'il est intelligent. Et c'est très négatif.
Écoute ton coeur, on s'en fou du reste !
On a tendance à exploiter les gens compétents et bons.
Avec le temps, on apprend à supporter la charge du roman.
Les Samis sont la dernière population aborigène d'Europe. La façon dont on les traite et dont on traite leur culture et leur histoire, en dit long sur notre capacité à appréhender notre histoire.
Le bonheur qu'on veut avoir gâte celui qu'on a déjà.
Tel livre où l'on n'avait rien trouvé d'utile, lu avec les yeux d'une expérience plus avancée, portera leçon.
Le bien est dans le bon usage que l'on fait de n'importe quoi.
Quand on naît dans l'injustice, on ne le sait pas tout de suite.
On n'envie que le talent, on ne fuit que le génie.
Les livres, c'est comme l'amour, on ne vous en rend rien.
Le chagrin de ceux par qui le malheur arrive... Ceux qui restent, on les plaint, on les console, mais ceux qui partent ?
L'amour, ça demande le plein feu. Ce n'est pas une chose qu'on entretient au bain-marie.
Quand on n'a pas le moyen de se payer des voyages, il faut y suppléer par l'imagination.
Ce n'est pas ce que l'on dit qui compte, mais ce qu'on entend. C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
On ne peut pas vivre le doigt perpétuellement sur son pouls.
Ce n'est point par la rigueur des supplices qu'on prévient le plus sûrement les crimes, c'est par la certitude de la punition ; c'est par la vigilance du magistrat et par cette sévérité inflexible, qui n'est une vertu dans le juge qu'autant que la législation est douce.
Dans cet univers qui se caractérise par un haut degré de cynisme, on parle beaucoup de morale. En tant que sociologique, je sais que la morale n'est efficace que si elle s'appuie sur des structures, des mécanismes qui font que les gens ont un intérêt à la morale.
Mais on ne peut pas forcer les gens à écouter. Il faut qu'ils changent d'avis à leur heure, quand ils se demanderont ce qui s'est passé et pourquoi le monde a explosé sous leurs pieds.
Il est difficile de s'instruire dans la voie, quand on est riche.
Peut-être que lorsqu'on a bu on discute avec des gens invisibles que ceux qui fabriquent l'alcool ont cachés dans la bouteille et que ceux qui ne boivent pas sont incapables de voir.
La meilleure façon d'éviter les malheurs que l'on redoute c'est d'essayer de vivre raisonnablement dans le présent. L'avenir sera tel que vous êtes en train de le construire dans le présent.
On flatte le cheval jusqu'à ce qu'il soit sellé.
Faire un choix ne veut pas dire qu'on restreint son champ d'action et de possibilités. Pas pour ceux qui voient dans la vie un espace où tout est à conquérir, au risque de tout perdre.
Il y a mille moyens de dire ce qu'on pense et un seul de dire ce qui est.