L'enfant est comme une liane de calebassier, si on ne la remet pas dans la bonne direction, elle rampe où il ne faut pas.
Tout ce qu'on remarque en disant "comme c'est joli !", c'est déjà trop à mes yeux.
On passe la moitié de sa vie à retenir sans comprendre, et l'autre moitié à comprendre sans retenir.
Quand on aime, les mots sont trop petits pour contenir notre âme trop grande.
L'amour est comme la rougeole, plus on l'attrape tard, plus le mal est sérieux.
On appelle danse l'ensemble des mouvements qu'exécutent l'un vis-à-vis de l'autre deux anthropophages de sexe différent pour exprimer qu'ils voudraient bien goûter l'un à l'autre.
On ferme les yeux d'un mort, afin de ne plus voir qu'ils ne nous voient plus.
Il n'est que de vivre : on voit tout et le contraire de tout.
On ne sert bien ses patrons qu'aveuglément, la satisfaction béatement accrochée aux lèvres.
On rit par occasion ; mais on n'est pas rieur par état.
Les laides, on ne saurait en parler ; c'est assez qu'il y en ait.
On ne décide pas de faire un livre, c'est lui qui commande.
Pleurer et gémir sur ses malheurs, quand on doit tirer des larmes de ceux qui vous écoutent, mérite qu'on s'y arrête.
C'est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d'une logique implacable dans un dessein futile. Le mieux que l'on puisse en espérer est une certaine connaissance de soi - qui vient trop tard - et une moisson de regrets inapaisables.
ÉvidemmentÉvidemmentOn danse encoreSur les accordsQu'on aimait tantÉvidemmentÉvidemmentOn rit encorePour les bêtisesComme des enfantsMais pas comme avant
Je ne crois pas à la réparation. Je dirais plutôt qu'on apprend à vivre avec soi.
Il voudrait qu'on lui donne autant de fromage que de pain.
On a depuis longtemps reconnu qu'un élément essentiel de la protection des droits de l'homme était une connaissance répandue parmi la population de leurs droits et de la manière dont ils pouvaient être défendus.
Il y a une synthèse quand, en y combinant des jugements qui nous sont connus à partir de simples rejets, on en déduit des jugements qui reviennent à des conditions plus compliquées.
On peut compter sur la constance des femmes, quand on n'en exige pas même l'apparence de la fidélité.
On est toujours trop prêt quand on a du courage.
Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu.
On s'ennuie presque toujours avec ceux que l'on ennuie.
On peut se demander si la politique ne favorise pas essentiellement des travers masculins chez les femmes.
On met des fils de fer autour des pelouses pour arrêter les gens qui vont y déposer des statues.
On ne doit jamais avoir honte de ses lettres d'amour, mais parfois de l'adresse.
Le bon conseil que l'on donne à l'oreille d'un ami n'est-il pas plus efficace, bien souvent, qu'un discours étayé de directives que l'on se garde bien de suivre soi-même.
L'art est un holocauste : où c'est l'humanité entière qu'on voudrait détruire, pour le bien même de l'homme.
Si on n'était fidèle qu'à ceux qui le méritent, on ne le serait même pas à soi-même.
L'amour d'une vierge est aussi assommant qu'un appartement neuf. Il semble qu'on essuie les plâtres. Il est vrai qu'on n'a pas à redouter les germes maladifs, pestilentiels, d'un autre locataire.
Puisque l'on connaît le passé et que l'on vit au présent, pourquoi ne pourrait-on pas croiser l'avenir en rêve ?
Quand on sait que l'adversaire arrive au point faible du dossier qui risque d'embarrasser la défense, il faut faire diversion parfois de façon banale : faire tomber son stylo et le chercher ostensiblement. L'attention est détournée. Le fil est rompu. Mais il faut le faire intelligemment. Là, j'y étais « pour mon compte » !
Y'a personne qui veut écouter les ados, ouais, tout le monde pense qu'on devrait être heureux simplement parce qu'on est jeune et ils voient pas les guerres qu'on mène au quotidien. Un jour, ma guerre s'arrêtera et je resterai vivante, et je tolérerai plus d'être maltraitée par qui que ce soit. Je suis forte.
Souvent, une perte terrible vient nous rappeler ce à quoi on tient le plus. Parfois, on sort plus fort de cette épreuve, plus avisé, mieux armé pour faire face à la prochaine grosse catastrophe. Parfois, mais pas toujours.
Les médias sont ainsi. Il suffit de dire que vous avez «moins le temps» de lire pour que l'on dise que vous ne lisez pas
On m'a souvent demandé de quel pays je viens, mais je suis né en France, j'écris en français, je rêve en français.
La conscience de l'homme est une chose étrange, comme un feu que l'on croit éteint et qui se réveille.
Mais, dans la vie, hélas ! on ne fait pas tomber le rideau quand on veut.
Ce n'est que par les beaux sentiments qu'on parvient à la fortune.
Tout le monde est contre la guerre, mais les forts ont besoin d'elle pour prouver aux faibles qu'ils sont forts. Si bien qu'on ne s'en débarrassera jamais, parce qu'il y aura toujours des faibles.
Une vie de bonheur, n'est-ce pas la chose que tout le monde veut et que personne au monde ne refuse ? Mais où l'a-t-on connue pour la vouloir tant ? Où l'a-t-on vue pour en être si épris ?
Le repentir est un jugement que l'on porte sur soi-même.
S'il y a des hommes dont le ridicule n'ait jamais paru, c'est qu'on ne l'a pas bien cherché.
La poésie, c'est un peu comme la blédine. On aime ça avant de pouvoir en parler.
On ne peut rien dire de Dieu, même qu'il n'existe pas.
On ne sait jamais rien pour les autres.
Une idée n'est grande qu'autant qu'on a souffert pour elle.
Après l'enfance, en même temps qu'on prend possession de la vie, elle nous quitte...
On hait, on admire ; on hait si l'on ne peut atteindre ; on admire ce que l'on croit un jour pouvoir posséder.
On dessine pour se trouver et on rencontre les autres.