Plus j'étais traitée comme une femme, plus je devenais femme. Je m'adaptais bon gré mal gré. Si j'étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d'ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. Si l'on pensait qu'une valise était trop lourde pour moi, inexplicablement, je la jugeais comme telle, moi aussi.
Avec du pain et du vin, on peut inviter le voisin.
On grimpe souvent dans l'arbre qui donne des fruits.
Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime !
On vit comme on pense, on vit petitement si l'on pense petitement, on vit librement si on pense librement.
Le Brésil était un pays jeune et l'on n'était guère regardant sur les origines des fortunes qui s'y amassaient ou s'y évaporaient, du jour au lendemain.
Le sucre. On peut dire qu'il est le condiment universel, et qu'il ne gâte rien.
A quoi servirait d'être victorieux, si l'on n'était plus vivant pour en profiter ?
A quoi peut servir d'avoir lu trois mille livres, quand, les cheveux blanchis, on reste indigne de l'amour du peuple ?
Plus on se rapproche de la nature, mieux cela vaut. L'homme n'est pas bien compliqué.
A quoi bon remettre à demain ce qu'on peut faire avec ses pieds.
On perd son sexe à imaginer celui des autres.
Il y a des moments où l'on ne peut s'empêcher de faire des bêtises : cela s'appelle l'enthousiasme.
On dit que l'argent est fait pour rouler. Un loustic demandait: pour rouler qui ?
Les baisers qu'on ne reçoit pas sont peut-être plus intéressants que ceux qu'on reçoit.
Il y a des critiques qui ne parlent que des livres qu'on va faire.
Avant de diner s'offrir un bref moment de relaxation. On est alors surpris de sentir son corps s'allonger et se détendre de bonheur.
Tant crie-t-on Noël qu'il vient.
La convention citoyenne, j'ai trouvé ça formidable. Vous avez des gens d'une humilité totale, qui passent leur temps à s'excuser d'être là, et qui ont sorti des mesures extraordinaires. Je crois beaucoup à l'individu, on peut parler à un supporter du PSG, c'est dur de parler à un stade.
Il est des êtres si proches qu'on n'imagine pas leur écrire, comme si les lettres étaient réservées aux absents. On ne songe pas à leur dire combien on les admire ou combien on les aime. Un jour, il est trop tard...
C'est comme, vous savez, comment en temps de crise, les gens se rassemblent ou se désagrègent ? On a l'impression de s'effondrer.
S'il est une faculté de notre nature de laquelle on puisse dire qu'elle est plus merveilleuse que les autres, c'est la mémoire.
L'éthique, on cherche toujours à s'en débarrasser.
C'était par-dessus tout un opiniâtre. Il se servait de la méditation comme on se sert d'une tenaille ; il ne se croyait le droit de quitter une idée que lorsqu'il était arrivé au bout ; il pensait avec acharnement.
On parle bien plus volontiers de ce qu'on ignore. Car c'est à quoi l'on pense.
On n'aime pas une idée pour sa beauté et sa bienfaisance, mais simplement, comme une personne, parce que c'est elle.
On ne peut jamais se reposer sur l'amour - et c'est pourtant sur lui que tout repose.
Je comprends qu'on déserte une cause pour savoir ce qu'on éprouvera à en servir une autre.
Serment de maquerelle, on le pèse sans peine. Serment de maquereau pèse une araignée d'eau.
Un Anglais, c'est un type comme nous, sauf qu'on ne comprend pas ce qu'il dit.
La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
On s'empresse d'évacuer les choses qu'on ne comprend pas.
Heureux ceux qui sont nés parfaits ! On a beau faire, on ne le devient jamais.
Quand on se cherche des puces, on finit par devenir pouilleux.
Si on est obligé de cloner des brebis, c'est parce qu'il n'y a plus suffisamment de légionnaires.
On va mettre cela sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Le fou ce ne sera plus l'exilé, celui qu'on repousse dans les marges de nos villes, mais celui qu'on rend étranger à lui même en le culpabilisant d'être celui qu'il est.
Le bonheur passe donc souvent inaperçu et l'on découvre qu'on le côtoyait une fois qu'il a disparu. On était heureux, et on ne l'a pas remarqué. Combien de fois regarde-t-on en arrière, en considérant avec nostalgie des moments jugés pourtant imparfaits à l'époque ?
Le véritable amour, c'est celui qui se construit dans l'évolution du temps, non celui qui se répète à l'identique comme on le souhaite dans le fantasme. L'amour ne s'éteint pas. L'amour évolue.
Comment on reconnait le plus riche des Ethiopiens ? C'est celui qui a la Rollex autour de la taille !
Pour être un grand compositeur, il faut une immense expérience... On y parvient en écoutant le travail des autres, mais surtout le sien !
Au début de l'année, on m'a tellement emmerdé que je me promenais avec ma feuille d'impôts dans la poche ! Et je la sortais : "Regardez ce que j'ai payé !"
on m'a appris à ne pas traîner mes états d'âme.
Une culture est bien morte quand on la défend au lieu de l'inventer.
On ne saurait emporter en voyage un fardeau plus précieux qu'une provision de bon sens.
Le passage au troisième millénaire, en philosophie, c'est peut-être cela : réaliser qu'on n'accomplira des progrès qu'en passant par des pensées minuscules et non plus majuscules.
On veut bien croire que le cerveau humain évolue, mais alors il y a des pays qui sont épargnés.
Quant on a le coeur encore agité par les restes d'une passion, on est plus près d'en prendre une nouvelle que quand on est entièrement guéri.
J'ai l'orgueil des vices qu'on me prête ; je suis moins fier des vices que j'ai !
Longtemps, on aime encore en rougissant d'aimer.