On nous le répète à l'école : "La vanité est le plat des sots." Mais les sages aussi condescendent à y goûter de temps en temps.
La liberté n'est pas un privilège, elle est éternelle conquête... On ne la donne pas aux autres, on leur apprend à la mériter.
On tombe amoureux. Et comme toujours, quand on tombe, on se fait mal.
On donne facilement des conseils ; ça amuse beaucoup celui qui les donne et ça n'engage à rien celui qui les reçoit.
On prend son mal où on le trouve.
L'enfance est toujours si près, si nécessaire et tonifiante quand on l'a quittée.
Qu'on ne mette pas la crainte chez l'homme, qu'on lui procure une vie au sein de la paix, et que l'on obtienne qu'il donne volontiers ce qu'on lui prenait en l'effrayant.
Quand on vise le coeur, on frappe toujours ailleurs.
On a déjà raconté tellement de bêtises : rien ne t'empêche d'en raconter encore.
On ne possède pas les autre. On ne détient jamais le secret des autres avec soi.
A tout choisir, je préférerais encore être cocu que jaloux. On souffre moins.
Quand on se fait honorer par les riches, on a l'air d'un larbin.
La mode de la Chine est fille de l'énigme. Trop de mystère décourageait la curiosité : un peu moins l'aiguillonne. Pendant les cinq premières années de la Révolution culturelle, on n'en apprenait pas assez sur ce pays en délire pour s'intéresser à lui ; ou l'on niait ce qui venait de lui.
Mes parents aimaient pas trop qu'on sorte ; pas trop de pognon d'abord ; et puis inquiets : Paris, tu penses, quels dangers ! et les filles ! les dévoreuses ! les méchantes ! ils m'ont foutu la trouille dès [...] ► Lire la suite
Par exemple, la France est un pays catholique, ce n'est pas pour autant qu'on va m'obliger à aller à la messe.
Quand on cherche des excuses, on a déjà péché dans son coeur.
Les mots qui ont la langue trop longue, on les raccourcit.
Le mariage tel qu'il est est une singulière chose, mais après tout, on n'a encore rien trouvé de mieux.
On ne devient pas un autre homme. Mais en nous et autour de nous, tout change.
Les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière.
On peut dire tout le mal qu'on veut d'une vie dans le péché, elle est pourtant propice à la culture générale.
Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes, c'est qu'ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons.
En amour, lorsqu'on désire sa liberté, c'est pour l'aliéner en d'autres mains.
On est toujours le folklore de quelqu'un d'autre.
Quand on a de l'imagination, on jouit bien plus en esprit qu'en réalité.
On s'accommoderait aisément des chagrins, si la raison ou le foie n'y succombait.
On pourrait composer une diète pour la santé de l'entendement.
L'avantage des restaurants, c'est qu'on peut toujours prétexter un rendez-vous important pour mettre fin à une rencontre ennuyeuse.
Si d'une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins.
Dans chaque parcours, on trouve dix-huit pièces de théâtre, parfois tragiques, parfois comiques.
L'amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu'un parce qu'on s'aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l'objet de cet amour, le soumettre ou, à l'inverse, se livrer à lui.
Les livres que l'on a écrits dans le passé réservent deux surprises : on ne pourrait plus les écrire et on ne le voudrait pas.
Nos amis sont notre miroir, notre mémoire ; on n'exige rien d'eux, si ce n'est qu'ils astiquent de temps en temps ce miroir pour que l'on puisse s'y regarder.
Le seul domaine où le divin soit visible est l'art, quelque nom qu'on lui donne.
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
A quoi peut servir d'avoir lu trois mille livres, quand, les cheveux blanchis, on reste indigne de l'amour du peuple ?
N'être pas dans le vent. A force d'être dans le vent on finit par attraper des rhumes.
Une femme, sur les genoux, avec laquelle on n'est plus d'accord, c'est lourd !
Les mots, ça fait du bruit ; on écoute les mots ; on écoute ceux qui les disent ; pas les autres, ceux qui n'osent pas faire tant de bruit.
L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).
On n'a pas besoin de comprendre les hommages ; tout est dans le ton.
Il est dur de mesurer ses propres limites, d'admettre que ce qu'on avait pris pour des sentiments d'exception n'était en fin de compte, que des amours ordinaires, avec leurs intermittences, leurs élans et leurs reprises.
Les vrais secrets ne sont-ils pas ceux qui refusent qu'on les confie, quand même on voudrait s'en décharger.
Si l'on vit on ne se voit pas vivre (et on fait n'importe quoi) si l'on se regarde vivre on ne vit plus et il n'y a plus rien à regarder.
La fortune, pour moi, n'est que la liberté. Elle a cela de beau, de remuer le monde, Que, dès qu'on la possède, il faut qu'on en réponde, Et que, seule, elle met à l'air la volonté.
On ne peut comprendre un processus en l'interrompant. La compréhension doit rejoindre le cheminement du processus et cheminer avec lui.
On revient de sa jeunesse comme d'un pays étranger.
- Dans le mot VOLCAN, y a CAN, ça veut dire qu'on ne sait jamais CAN ça VOL.- CAN ça VOL !- Quand ça va voler.- Ah...- C'est bien foutu les mots.
Plus j'étais traitée comme une femme, plus je devenais femme. Je m'adaptais bon gré mal gré. Si j'étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d'ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. Si l'on pensait qu'une valise était trop lourde pour moi, inexplicablement, je la jugeais comme telle, moi aussi.
C'est vrai que l'on doit la vie à ceux qui ne doutent pas de vous.