On peut dire tout le mal qu'on veut d'une vie dans le péché, elle est pourtant propice à la culture générale.
La mort s'est tellement rapprochée qu'on tient compte d'elle même pour de toutes petites décisions, savoir, par exemple, s'il vaut encore la peine ou non de se faire plomber une dent.
Il en est des hommes de lettres comme des politiciens ; il est de leur intérêt que l'on parle d'eux, même en mal.
Quand il s'agit d'histoire ancienne, on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on manque de références. Quand il s'agit d'histoire moderne, on ne peut pas faire d'histoire, parce qu'on regorge de références.
L'avantage des restaurants, c'est qu'on peut toujours prétexter un rendez-vous important pour mettre fin à une rencontre ennuyeuse.
Plus on est saisi par l'amour, plus on soupçonne l'autre d'essayer de vous attraper.
La fortune, pour moi, n'est que la liberté. Elle a cela de beau, de remuer le monde, Que, dès qu'on la possède, il faut qu'on en réponde, Et que, seule, elle met à l'air la volonté.
On se tait pour de grandes raisons : on n'agit que pour de petites.
Si on n'avait pas ce qui est rude, comment saurait-on ce qui est doux ?
On pleure quand on arrive sur terre, pourquoi on râle quand on doit partir ?Jamais content.
Si on meurt ici plus vite qu'ailleurs, la vie est ici plus intense. Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Alors on songe aux grandes villes disparues de la scène du monde : Tyr et Babylone, Thèbes et Sparte, Carthage et Troie. Et cela parce que la France, reniant son passé glorieux, livrée aux avocats et aux casse-cou, aura cessé d'être française pour devenir républicaine.
On ne se suicide qu'avant 30 ans, après on met fin à sa vie.
Il fut beau, dit-on. À quelle époque ? justes cieux ! car on lui donnerait bien cent ans.
Le bonheur passe donc souvent inaperçu et l'on découvre qu'on le côtoyait une fois qu'il a disparu. On était heureux, et on ne l'a pas remarqué. Combien de fois regarde-t-on en arrière, en considérant avec nostalgie des moments jugés pourtant imparfaits à l'époque ?
Quand ni le sort ni le coeur ne sont bons, on est pauvre et misérable jusqu'à sa vieillesse.
L'amour signifie avoir à dire qu'on est désolé toutes les quinze minutes.
Misères, complexes, nostalgie ; on sait des temps où le masculin ne s'encombrait pas de tant d'inquiétudes, exprimait moins de doutes sur son identité même.
Le mariage tel qu'il est est une singulière chose, mais après tout, on n'a encore rien trouvé de mieux.
La joie de croire que l'on rencontre chez certains a quelque chose parfois de contagieux.
Quand on a peur de quelqu'un, on croit facilement le mal qu'on dit de lui.
On ne découvre jamais mieux son caractère qu'en parlant de celui d'autrui.
Les chanteurs, dès qu'ils la bouclent, on les oublie. L'oreille est un conduit, rien n'y séjourne.
Dans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu.
On devrait élever une statue au silence.
On peut faire du laid et du monstrueux avec n'importe quoi, y compris la vertu.
C'est finalement tout ce qu'on veut d'un livre - être diverti.
Quand on est jeune on croit qu'on cicatrise : elle avait appris qu'on doit s'amputer pour survivre.
On sait instinctivement ce que l'on peut dire et à qui.
Il faut changer de tactique tous les dix ans si l'on veut conserver sa supériorité.
Un rêve m'a dit une chose étrange Un secret de Dieu qu'on a jamais su Les petits bossus sont des petits anges Qui cachent leurs ailes sous leurs pardessus Voilà le secret des petits bossus
La vérité n'est pas un ensemble de faits qu'on peut énumérer. C'est un paysage nocturne à travers lequel on voyage.
On peut maintenant prédire presque à coup sûr que le contribuable sera la première des ressources naturelles qu'on aura complètement épuisées.
Chocolat : le mélange de l'amande du cacao grillée avec le sucre et la cannelle ; car avec du cacao tout seul, on ne fait que de la pâte de cacao et non du chocolat.
On peut citer de mauvais vers, quand ils sont d'un grand poète.
Il y a les femmes avec qui on fait l'amour et celles avec qui l'on en parle.
L'amour ! Alors on aime un appareil respiratoire, un tube digestif, des intestins, des organes d'évacuation, un nez qu'on mouche, une bouche qui mange, une odeur corporelle ? Si on pensait à cela, comme on serait moins fou !
Où est le risque d'en appeler à la postérité : on n'y est jugé que par contumace.
On ment mieux par écrit.
Devant certaines toiles délirantes, on se souvient que le chevalet est aussi un instrument de tortures.
Comment le jeu pourrait-il être un péché quand on peut gagner autant ?
S'il y a une possibilité si minime soit-elle, que quelque chose tourne mal, on peut être assuré que ça se produira.
On meurt d'avoir dormi longtemps. Avec les fleurs, avec les femmes.
Il ne faut pas sournoisement respecter les morts. Il faut traiter leurs images en amies et aimer tous les souvenirs qui nous viennent d'eux. Il faut les aimer pour eux-mêmes et pour nous, dût-on déplaire aux autres.
On ne règle à l'amiable que ce qu'on règle sans s'aimer.
On écrit pour se mettre en évidence.
Quand on est petit, on accepte les choses, on ne pose pas de questions.
- Dans le mot VOLCAN, y a CAN, ça veut dire qu'on ne sait jamais CAN ça VOL.- CAN ça VOL !- Quand ça va voler.- Ah...- C'est bien foutu les mots.
Quand on est soi-même en train de changer, on ne s'en aperçoit pas avant d'avoir changé.
Voici la feuille blanche sur la table, et la lampe tranquille, et les livres... Aurait-on jamais cru les revoir, lorsqu'on était là-bas, si loin de sa maison perdue ?