Quand on parle du loup entre bègues on n'en voit jamais la queue.
On est plus près du coeur quand la poitrine est plate.
On ne creuse pas un puits avec une aiguille.
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on n'a pas.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
On loue et on blâme la plupart des choses parce que c'est la mode de les louer ou de les blâmer.
On trouvera toujours quelqu'un pour nous mettre sous le nez nos erreurs de jeunesse.
On n'a même plus le temps d'être un enfant qu'il faut se dépêcher de devenir un homme.
C'est sur la figure que l'on porte aujourd'hui l'uniforme.
Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
C'est au moment de payer les pots qu'on sent qu'on n'a plus soif.
Si on ne sait pas vivre, comment peut-on savoir mourir ?
On n'insulte pas un homme qui porte un fusil.
Poser sa tête sur un oreillerEt sur cet oreiller dormirEt dormant rêverÀ des choses curieuses ou d'avenir,Rêvant croire à ce qu'on rêveEt rêvant garder la notionDe la vie qui passe sans trêveDu soir à l'aube sans rémission.
Quand on refuse de se mentir, on se condamne fatalement à la déception.
Le passé me remonte à l'âme... et comme un pâtreQui rêve solitaire au fond du soir bleuâtreJe regarde immobile en mon recueillement,Je regarde là-bas sur mon coeur doucement,Plus suave, on dirait, dans les ombres accrues,Tourner le choeur léger des choses disparues.
Le poème nous montre ainsi ce que l'on ne voit pas, sans que cela implique pour autant son irréalité ; il atteint plutôt un autre niveau de réalité
On est d'abord côte à côte, puis face à face, puis dos à dos.
Dans un large fauteuil, près du foyer béni, Comme on peut voyager, l'hiver, à l'infini !
Pourquoi appelle-t-on une chanson à succès un "tube" ? Sans doute parce qu'il est creux.
Quand on a mal aux fesses, la pièce est mauvaise.
On n'a jamais vu tant de magasins d'habillement à Paris et jamais les filles n'ont été si peu vêtues.
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
La crainte est utile quand elle est modérée et Dieu la permet afin qu'on ait recours à lui.
Du porc, on ne perd que le cri.
Chaque jour, on s'en va de soi. Des morceaux de peau, des provinces de nos mémoires se retirent.
En journalisme, on peut écrire une mauvaise page aujourd'hui à condition d'en écrire une bonne demain. Dans une pièce de théâtre, il faut déchirer la page mauvaise.
On ne fait pas du miel avec du vinaigre.
J'ai toujours pensé qu'un article devait être écrit vite, à peu près à l'allure à laquelle on le lit.
Les marins croient en Dieu. Quand on est tout seul en mer, c'est bien plus facile de croire.
Va donc d'instant en instant comme on improvise un chemin de rocher en rocher pour traverser le torrent.
L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire indéfiniment.
On prend les boeufs par les cornes et les hommes par les paroles.
Le renom d'habileté vient souvent de maladresses dont on a su tirer parti.
Jargon. Langue factice dont les gens d'une même cabale conviennent afin qu'on ne les entende pas tandis qu'ils l'entendent entre eux.
On a sans doute a peu près les mêmes chances de gagner à la loterie, que l'on y joue ou pas.
On n'a le droit de rire des larmes que si l'on a pleuré.
Rappelle-toi des promesses qu'on s'était faîtes mais qu'on a foiré.
Le plus souvent, on cherche son bonheur comme on cherche ses lunettes : quand on les a sur le nez.
Les charmes d'un corps de femme qui enflamment les sens sont comme les odeurs de cuisine - excitants quand on a faim, répugnant quand on est rassasié.
A Paris, les mois se dépensent en menue monnaie et quand on jette le calendrier on est stupéfait de se trouver ruiné sans avoir rien acheté.
C'est là ce qu'on appelle l'âge mûr de l'homme : vivre des provisions amassées en route.
La poésie, c'est la prise en charge du quotidien, c'est la découverte du présent dans ce qu'habituellement on cherche à fuir.
On ne vous prendra jamais comme grand guérisseur de lèpre si votre mère est couverte de pustules.
On travaille pour épater, ou bien on se répète.
"On ne fait pas ce qu'on veut", dit-on souvent. C'est "On ne fait pas ce qu'on peut", qu'on devrait dire.
Remède. Agent thérapeutique qui guérit rarement le mal qu'on a mais donne à chaque instant un mal qu'on n'avait pas.
Mais qu'est-ce que ça peut faire de conquérir le ciel quand on n'a pas encore fait le tour de l'amour...
On peut fort bien pratiquer des opérations chirurgicales douloureuses sans anesthésier le patient à condition de se mettre du coton dans les oreilles.
On peut mourir tout doucementD'un petit baiser qu'on attendD'une voix froide au téléphoneD'un mot qu'on lance à bout portantD'une confiance qu'on reprendD'un amour qui vous abandonne.