Il faudrait écrire sans jamais penser qu'on sera lue ou alors par des êtres dotés d'une immense compassion et qui vous pardonneront d'user votre vie à restituer l'impalpable traversée des heures, des minutes, des secondes. Autant dire rien.
L'histoire n'a pas la forme d'un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare, mais celle d'un conte de bonne femme où l'on pourrait, sans avoir même à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l'homme aimé.
On a toujours l'art de mentir quand on parle à des gendarmes.
S'applaudir, c'est se rappeler qu'on existe en dehors du moule, en dehors d'un collectif en putréfaction.
On peut traiter tout le monde d'imbécile, tant qu'on le fait avec respect !
On ne peut pas, au nom de la culture, figer les choses ! Sinon ça devient de l'archéologie.
Tenir constamment pour ennemi celui qu'on ne peut compter pour ami, et ne compter pour ami que celui qui a intérêt à l'être.
Mûrir ! mûrir ! - on durcit à de certaines places, on pourrit à d'autres ; on ne mûrit pas.
On examine avec soin les objets dans les boutiques, mais quand il s'agit des gens, on les juge sur l'apparence.
Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection
Notre vie est une coquette si laide qu'on n'ose la regarder en face de peur d'être effrayé.
Lorsqu'on commence à s'expliquer, c'est qu'on a fini de s'entendre.
On ne devrait jamais condamner un homme à mort parce que nous ne savons pas ce qu'est la mort.
On n'aime jamais plus son pays que quand on s'en est éloigné et qu'on ne peut plus y revenir. C'est toujours l'éternel et irrésistible attrait du fruit défendu qu'il exerce sur nous.
Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu'on appelle l'homme.
On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l'homme le singe.
Les barricades sont les voix de ceux qu'on n'entend pas.
Les femmes, me semble-t-il, aiment qu'on les capture dans un filet de phrases.
Vous êtes intelligents, la preuve vous êtes dans les affaires, nous on ne sait rien, la preuve on est dans la politique.
Les statistiques. Ca vous fait penser à des choses qu'on n'imaginerait jamais autrement.
Le beau geste, c'est celui qui est si absolument juste, si précis, si parfait, qu'on le croit facile, oubliant la somme de pratique, de connaissance et d'intuition dont il est le signe.
Si l'on n'a pas visité deux marchés, on ne peut savoir lequel est le meilleur.
On apprend beaucoup de quelqu'un en partageant un repas ensemble.
On se deteste tellement qu'on fait l'amour.
On écrit que l'amour se cultive mais on oublie de dire qu'il se nourrit...
Avec la meilleure volonté du monde, que de choses on laisse échapper !
On ne dort pas pour dormir, mais pour agir.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Toute relation est illusoire, mais on ne peut se passer d'autrui. Le monde extérieur vous donne continuellement l'occasion de vous voir et de vous observer, donc une chance de vous transformer.
On dit que le secret de la réussite, c'est d'être là où il faut quand il faut. Mais comme on ne sait jamais quand ce sera, il faut trouver l'endroit idéal et y rester planté.
Mais ériger en dogme que toutes les sociétés ne font qu'une; qu'il n'existe qu'une vérité; que chaque expérience est compatible avec toutes les autres; que l'on peut tout savoir et que toute virtualité peut se réaliser est une entreprise qui ne peut sans doute que mal finir.
C'est drôle comme on réagit bizarrement, quand on commence à tenir à quelqu'un.
Quand on rencontre quelqu'un, c'est signe qu'on devait croiser son chemin, c'est signe que l'on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d'elles est contenue la promesse d'une découverte.
Il y a deux choses auxquelles il faut s'habituer ou on trouvera la vie insupportable : les méfaits du temps et les injustices des hommes.
Plus on pense, plus on ressent l'immensité sans espoir de l'ignorance de l'homme.
Il arrive un moment où on a tout dit. Et puis j'ai 70 piges, j'ai bien le droit de me faire plaisir.
- Quelle petite fille odieuse ! - Insupportable ! - Tu ne sais même pas de quoi on parle. - De libellules ?
On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base.
Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment.
On qualifie souvent de raisonnables des gens qui n'ont pas eu assez l'appétit du bonheur pour commettre des sottises qui leur fussent bienfaisantes.
Le renom d'habileté vient souvent de maladresses dont on a su tirer parti.
Etre prêt à mourir pour le peuple ça ne signifie pas qu'on est prêt à vivre avec.
On hésite à être soi parce que demain il faudra mentir.
On n'arrive pas à croire que le mensonge existait déjà avant l'invention de l'imprimerie.
Quand on se tient avec les loups, on hurle.
Les gens ne sont pas commodes ; ils vous disent : "Comme vous vous servez mal, monsieur ! ". Et si l'on se sert bien, ils ne vous invitent plus.
On ne peut plus écrire quand on ne s'estime plus.
La guerre puise en elle-même sa propre énergie et sa propre justification. On se bat parce qu'on s'est battu.
Il faudrait être sot pour croire que l'on meurt à cause d'une déficience qui nous est personnelle, ce sont les autres qui nous tuent par leur entêtement à vivre...
La mise en scène, c'est comme le tennis. Au début, on trouve ça déjà tellement difficile de renvoyer la balle dans le court qu'on ne cherche même pas à avoir de stratégie.