Délicieuse est la volupté du malheur d'autrui quand on est si nombreux et qu'on se sent solidaires dans la contagion.
On ne vend jamais ses meilleurs chameaux, quelquefois l'amitié les donne.
Il faut comprendre que le pessimisme ou l'optimisme n'ont rien à voir avec la réalité. Ils sont fonction de la représentation que l'on se fait du réel.
On ne peut haïr sans mentir.
Service militaire - Période pendant laquelle on mange mal mais qui nourrit la conversation pour la vie.
On doit punir, non pour punir, mais pour prévenir.
La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qu'on s'est mise dans le derrière.
Quel est le rêve qui vaut mieux que la réalité ? Rêver qu'on est marié.
A force de croire, on oublie de douter.
La solitude que l'on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C'est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité.
Le temps qu'on perd ne revient pas ; le temps qu'on gagne non plus d'ailleurs.
On crée pour l'éternité, même si elle se charge de démentir.
On appelle fin du monde le jour où le monde se montre juste ce qu'il est : explosif, submersible, combustible, comme on appelle guerre le jour où l'âme humaine se donne à sa nature.
Laboratoire. Même quand on ne trouve rien, on renifle l'odeur de la vérité qui se cache.
Pardonner, c'est déchirer la page sur laquelle on inscrivait avec malice ou rage le compte débiteur de son prochain.
On ne respecte pas une femme qu'on aime, on l'aime.
On l'emporte souvent sur la duplicité, En allant son chemin avec simplicité.
On peut quelquefois retrouver un être mais non abolir le temps.
Se permettre de tout penser serait manquer de savoir vivre : les meilleures preuves de respect qu'on puisse donner à l'intelligence du lecteur, c'est de lui laisser quelque chose à penser.
Devant Dieu, toujours petit on est.
L'imagination c'est de la mémoire fermentée. Quand on perd la mémoire on perd sa faculté d'imaginer.
Au réveil d'un doux rêve, on voudrait se rendormir pour le continuer ; mais vainement on s'efforce d'en ressaisir les vagues traces, comme les plis de la robe d'une femme aimée disparaissant derrière une portière qu'on ne pourrait soulever.
Une carte routière, c'est un voyage qu'on ne fait pas.
Les infractions aux stupéfiants, on ne va pas mettre en prison les infractions aux stupéfiants. Il ne faut pas exagérer.
La grâce est un présent car, dans ces moments-là, on n'a ni passé ni avenir. On devient un paysage.
A la fonte des neiges, on verra les trous du terrain.
Rien ne sert de faire des suppositions contraires, puisque les choses sont ce qu'elles sont : on ne change rien à la réalité.
On a beau aimer tant qu'on peut, on ne sait pas toujours comment dire qu'on aime...
Les menaces ne sont que des armes offertes à celui qu'on vient menacer.
On exprime souvent les mensonges les plus cruels par le silence.
L'on veut faire tout le bonheur, ou si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime.
À défaut d'autre chose, on peut toujours acquérir de l'expérience.
Dans un vieux pot, on fait de bonne soupe.
On peut descendre en enfer avec un tank, mais le diable finit toujours par vous mettre la main dessus.
Observer la démarche des plus belles Anglaises : on ne trouve en aucun pays du monde de plus beaux canards ni de plus beaux dindons...
On ne vit qu'une fois. Peut-être, mais cela permet d'agoniser beaucoup de fois.
Le progrès n'est pas quelque chose qu'on demande, mais quelque chose qu'on reçoit.
On a beau saluer une statue, elle vous ignore.
On doit se dévouer à l'intérêt public.
La femme ne voit jamais ce qu'on fait pour elle ; elle ne voit que ce qu'on ne fait pas.
Vain veut dire vide ; ainsi la vanité est si misérable qu'on ne peut guère lui dire pis que son nom. Elle se donne elle-même pour ce qu'elle est.
Quand on les cherche, on trouve toujours des preuves d'une fin, mais où il y a une fin, il y a toujours preuve d'un commencement.
La vie peut être merveilleuse si on n'en a pas peur.
Plus ne suis ce que j'ai été,Et ne saurais plus jamais l'être;Mon beau printemps et mon étéOn fait le saut par la fenêtre.
On n'a jamais assez de temps c'est vrai, rien que pour penser à soi-même.
La chose la plus utile à propos d'un principe, c'est qu'on peut toujours le sacrifier à une opportunité.
On ne porte pas deux pastèques dans une seule main.
La vie se passe à désirer ce qu'on n'a pas, à regretter ce qu'on n'a plus.
A quoi bon passer sa vie à la sauvegarder si on ne peut rien faire d'autre avec ?
On ne se donne pas bonne conscience uniquement en brûlant de l'encens et en vénérant des statues, encore faut-il des actes de justice et de bonnes actions.