Et puis avec le temps on pardonne, on finit même par en rire... Après tout ce n'est qu'un jeu.
L'argent est très estimable, quand on le méprise.
De monde meilleur on ne parle plus. Tout juste sauver celui là celui là.
On ne met rien dans son coeur ; on y prend ce qu'on y trouve.
Il est doux de se croire malheureux, quand on n'est que vide et ennuyé.
Et si l'on condamnait la Mort pour faux et usage de faux ?
L'enfance ne se vit pas dans l'action mais dans quelque chose de plus subtil, qu'on appelle l'innocence à défaut de pouvoir la mieux nommer.
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.
Quand on se tient avec les loups, on hurle.
On ne refait pas sa vie à soixante-quinze ans, non, mais on peut bien la commencer.
C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer.
Les amours clandestines sont plutôt rassurantes. Le peu qu'on s'offre, on a eu si peur de le perdre, qu'on est exact aux rendez-vous.
Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses.
Je suis libertineJe suis une catinJe suis si fragileQu'on me tienne la main.
Le premier degré de la folie est de s'imaginer qu'on est sage.
La vie est une mèche que l'on consume, les pièces d'artifices reflétant nos joies ou nos malheurs.
J'ai le meilleur cul que l'on puisse avoir à l'âge de 39 ans.
Une administration n'est pas conçue pour résoudre des problèmes neufs. Si dans une machine à emboutir, on introduit des pièces de bois, il n'en sortira point des meubles.
Tantôt le coeur est le moteur du sexe, tantôt le sexe du coeur. On ne le distingue qu'au moment des pannes.
Le fermier qui aura réussi à croiser une dinde avec un kangourou aura créé la première volaille que l'on puisse farcir de l'extérieur.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
On a défini l'ambassadeur un homme rusé, instruit et faux, envoyé aux nations étrangères pour mentir en faveur de la chose publique.
Une langue qu'on défend est un peu comme une femme qu'on aime : il est toujours agréable d'en parler.
Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.
Quand une fois on a goûté au suc des mots, l'esprit ne peut plus s'en passer. On y boit la pensée.
Quelles que soient les circonstances, on n'est jamais heureux d'apprendre qu'on a cessé d'intéresser.
Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu'on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l'âge de son coeur.
Une chose que l'on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu'on ne la connaît pas.
Si tous les ménages qui sont malheureux avaient une clochette au cou on ne s'entendrait pas parler.
Doit-on, en bonne justice, en vouloir à l'endroit qui nous a reçu dans notre chute ou bien à la souche contre laquelle nous avons butté ?
Quand on traite de vaurien quelqu'un qui ne vaut pas grand-chose, on lui cause un préjudice commercial.
Quand on est pris par l'amour, on se réserve, on rêve, on se consacre.
Agiter le thème de l'exception culturelle française, c'est chercher à se réhabiliter comme on sauverait les meubles.
La mort de l'autre, c'est ça : ce mur, ce sens interdit contre lequel on se cogne tous les jours.
On ne brûle plus les sorcières, ni même les livres, mais on brûle toujours les idées.
On a assez remarqué que la peur est plus grande de loin, et diminue quand on approche.
Oui, on meurt tous de manière différente. Mais on naît tous de la même manière, nuance, étrange, non ?
L'une des leçons que l'on peut tirer du siècle dernier est que toutes les utopies finissent par établir leur propre goulag.
Parfois l'amour et le désir dorment ensemble. Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.
Il faut être patient si l'on veut apprendre à connaître les animaux.
La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel, pour y revenir en force et le faire prisonnier.
On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d'avoir ce que tu as !Mais comment puis-je manger et boire, alorsQue j'enlève ce que je mange à l'affamé,Que mon verre d'eau manque à celui qui meurt de soif ?Et pourtant je mange et je bois.
Il y a plus de fleursPour maman dans mon coeurQue dans le monde entierPlus de merles rieursPour maman dans mon coeurQue dans tous les vergersEt bien plus de baisersPour maman dans mon coeurQu'on en pourrait donner.
C'est carrément un psychopathe ! Mais... c'est un ami ! Qu'est-ce qu'on peut faire ?
On ne peut pas décrire le rouge enfer des amours enfantines
La religion est le seul pouvoir devant lequel on peut se courber sans s'avilir.
En sachant que Dieu ne se trompe jamais on devine qui a fait la femme !
Les crocodiles vivent cent ans ; les roses trois jours. Et pourtant, on offre des roses.
La pensée qu'on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde : elle veut vivre.
On ne parlerait guère en société si l'on se souvenait combien de fois on a été incapable de comprendre ce que disait les autres.