Il faut prendre les femmes comme on prend les tortues : en les mettant sur le dos.
Plus la misère est insupportable, plus on l'ignore.
Les ennemis, ça n'existe pas. Ce sont des gens avec qui l'on n'a pas encore déjeuné.
Quand on dit qu'on se fout de quelque chose, c'est qu'on ne s'en fout pas.
L'érotisme, c'est quand on le fait, le porno, c'est quand on le regarde.
On parle plusieurs langues mais on ne cause que dans la sienne.
Des moyens très simples créent la terreur : une porte qui s'ouvre, un jardin sous la lune... On ne voit pas le diable et son oeuvre.
Attendre le courrier comme on attend le Père Noël est un trait commun à tous les écrivains.
On dit "une belle mort", comme si la mort pouvait avoir droit à l'esthétique, au raffinement et à la souplesse.
On n'a encore rien trouvé de mieux que la force pour résister à la violence.
Savoir se retirer à temps indique déjà une grande clairvoyance mais conserver l'estime de ses amis et de ses rivaux quand on est plus au pouvoir, c'est à ce signe qu'on reconnaît les gens dignes de gérer votre destin.
Le coeur se trompe comme l'esprit ; ses erreurs ne sont pas moins funestes, et l'on a plus de mal à s'en défaire à cause de la douceur qui s'y mêle.
On n'accepte pas vraiment l'alternance politique quand on refuse l'alternance économique.
L'oppression d'un peuple ou même d'un simple individu est l'oppression de tous et l'on ne peut violer la liberté d'un seul sans violer la liberté de chacun.
Peut-on traverser la vie sans passer par cette zone de souffrance, différente pour chacun, mais comme inévitable même quand on n'a aucun goût pour elle.
À l'intérieur de moi, il y a deux chiens. L'un est méchant et l'autre est bon et ils se battent tout le temps. Quand on me demande lequel gagne je réponds, celui que je nourris le plus.
On exprime souvent les mensonges les plus cruels par le silence.
La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qu'on s'est mise dans le derrière.
J'adore les enfants, surtout quand ils pleurent, parce qu'alors on les emmène.
On accepte une coupe de poison de celui qui vous a offert cent coupes de nectar.
Quand on donne la main à Dieu, il ne lâche pas si facilement.
L'enfance. L'âge de la vie où tout semble possible, où on imagine qu'il suffira de vouloir changer son destin.
Un homme ne trahit pas sa destinée : quand on croit qu'il la trahit, c'est qu'il n'en avait pas !
L'apprentissage de la modération devient plus aisé quand on sait que la mort viendra au moindre abus.
Dommage qu'on ne sache pas toujours les sentiments qu'on inspire ; ou l'importance que prend pour les autres ce que l'on dit ou ce que l'on fait.
Il faut toujours faire passer son propre intérêt par celui des autres si on veut pouvoir compter sur eux.
Le trafic de la sagesse vaut mieux que celui de l'argent, et le fruit qu'on en tire est plus excellent que l'or le plus fin et le plus pur.
C'est drôle comme ça vous vient une invention... au moment où on s'y attend le moins !
Il faut d'abord défaire ce qu'on te croit : c'est possible. Puis, tu tâcheras de montrer ce que tu es : tu n'y arriveras jamais.
Près d'elle, on sent bien qu'on tient une chatte, une chatte à griffes et à crocs, une chatte perfide, sournoise, amoureuse ennemie, qui mordra quand elle sera lasse de baisers.
Plus on parle de transparence, moins on sait qui dirige quoi, qui manipule qui, et dans quel but.
Essentiellement étranger au monde, l'amour ne peut que mentir et se pervertir lorsqu'on l'emploie à des fins politiques.
Je trouve incroyable de ne pas tenir l'archive de son existence, tant on risque de l'abandonner au vice de l'oubli.
Les choses n'arrivent quasi jamais comme on se les imagine.
Quand on a perdu une chose importante, quelle qu'elle soit, on peut pratiquement perdre tout le reste. Et le reste, ce n'est pas grand-chose.
Autrefois on rêvait de posséder le cÏur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le cÏur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
Il y a trop de lacets dans les routes de montagne. Pourquoi ne fait-on pas des routes à boutons ?
On affirme que l'homme descend du singe... Mais j'en connais qui sont descendus moins vite que d'autres.
On dit bêtement que l'échec n'est pas une option à la NASA. Ici [chez SpaceX], l'échec est une option. Si vous n'échouez pas, c'est que vous n'innovez pas assez.
La vie est une chose fabuleuse, étonnante, incroyable, créatrice, que l'on trivialise et banalise en la réduisant en des jeux de molécules.
Ça fait du bien de temps en temps de voir qu'on n'est pas tout seul sur le chemin, ça élargit la route pendant un petit moment, c'est quand même mieux que rien.
L'enfant reste un être fait de soi et de celui qu'on a aimé, il a pour mission de transmettre ce qu'il a reçu.
On porte ses défauts comme on porte son corps, sans le sentir.
Avec les mots, on marque le mouvement, avec les images, on le fixe.
Quand le coeur d'un grand homme cesse de battre, on donne son nom à une artère.
On ne se met pas en travers de l'inévitable, c'est courir après la mort.
On est toujours trop riche quand on déménage.
Devant Dieu, toujours petit on est.
Si l'on veut trouver certains aspects vivants de la Grèce antique, il ne faut pas les chercher dans les monuments, ni même dans les lieux, mais dans telle façon d'être ou de vivre, dans une tradition, une fête, parfois même un conte.
Il est des jeux radiophoniques comme de l'amour : à en connaître la finalité, on est déçu.