C'est avec les roseaux pensants qu'on fait les chaînes qu'on abat.
À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Plus tard, c'est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
Il suffit d'aimer pour être amoureux ; il faut témoigner qu'on aime pour être, amant.
- Quand t'es invité, c'est ringard de demander si t'apportes le champagne et le dessert. Maintenant, tu demandes si t'apportes la coke et les pailles...- Merde ! j'ai dit qu'on apportait le champagne et les pailles ! Triple plouc !
L'intelligence, on l'obtient du voisin comme du feu.
Le rêve est la part de l'homme qu'on ne peut lui prendre.
On me reproche deux choses : de dire quelquefois la vérité et de tenir des propos en dessous de la ceinture. Je dirai au contraire que pour la vérité on fait ceinture, et on est toujours en dessous de la vérité.
On oublie, en lisant Tolstoï, qu'Anna Karénine porte des robes de 1870 tant elle nous est proche après un siècle et demi.
Les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu'on vient leur demander.
On tue les tyrans en leur faisant croire qu'on les admire.
On ne peut réduire les hommes à leur physionomie.
On ne guérit jamais complètement, quand on a écrit. On n'en est jamais quitte avec ce poison.
On ne fait jamais rien pour une seule raison.
L'individu -ou ce qu'on appelle ainsi- se réduit facilement à quelques traits significatifs : l'angle d'un nez, la courbure d'un corps, la sonorité ou le rythme d'une voix.
Le permis à points c'est bidon si t'as plus de points tu roules sans permis, faut un permis à pneus, quand t'as plus de points on t'enlève les pneus.
Notre coeur a soif de lumière. Si celle dont on nous inonde n'assouvit pas notre soif d'authenticité, à l'inverse, la lueur fragile de nos plus grands espoirs a besoin de la pénombre pour rester perceptible...
L'intelligence est utile pour justifier les décisions prises, après coup. On l'utilise pour se raconter une histoire plausible.
Le visage actuel des jeunes nations porte encore autant l'empreinte de leur passé colonial que de leur histoire propre. On parle toujours le français dans les anciennes colonies françaises, l'anglais dans les anciennes colonies anglaises et le portugais au Brésil.
De nos jours la moitié des mères sont célibataires. On n'y attache plus grande importance. Pour bien me suivre il faut se replonger plus d'un demi-siècle en arrière. Un enfant sans père, sans nom c'était celui par qui le scandale arrive.
On s'habitue à tout, a-t-on coutume de dire. Je n'en suis pas certain. Je crois plutôt qu'on est capable de se déshabituer de tout. C'est différent.
- Qu'est ce que tu fais là mon pauvre chou ? À ton âge, on ne connaît pas encore les souffrances de la vie. - Manifestement docteur, vous n'avez jamais été une fille de 13 ans.
Si il n'y a pas d'émotion, si il n'y a pas de choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre une photo, c'est la photo qui nous prend.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
Perte. Privation de ce que nous possédons, ou ne possédons pas. C'est dans ce deuxième sens que l'on dit d'un candidat battu qu'il a "perdu les élections".
Il faut être jolie quand on n'est pas riche.
Les sanglots sont faits pour qu'on les fume dans la pipe.
Il faut être tel que l'on n'ait pas à rougir devant soi-même.
On n'est compatissant que pour les maux qu'on éprouve soi-même.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.
Les jeunes feraient sûrement moins de bêtises si on leur montrait qu'en les commettant, ils n'inventent rien.
On garde tout. Les gens, les bêtes, les choses qu'ont aimait sont là dans notre corps, nous attachent au-delà des mots.
L'argent, dit-on, procure tout. Ce n'est pas vrai ; il ne dispense ni l'esprit, ni l'intelligence, ni le talent, ni le bon goût.
On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le coeur.
On peut oublier son passé, mais cela ne signifie pas que l'on va s'en remettre.
Je ne veux pas qu'on me voie sourire, m'amuser ou manger.
Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l'argent, pourtant nécessaire. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains n'aident pas [en engageant leur responsabilité personnelle], on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, ils augmentent le problème.
Mais si on m'avait donné des sous avant, j'aurais débuté plus tôt! Je n'avais pas le choix. Avant, j'empruntais la caméra Super 8 de ma tata. L'armée m'a permis d'obtenir des moyens et a fait basculer ma vie. J'aimais ce [...] ► Lire la suite
On fait chanter des grenouilles et des tortues, on va faire chanter des spermatozoïdes mais vous, non.
Je me sens comme le chat quand on le met dans le micro-ondes.
On est en progression à tous les niveaux par rapport aux années précédentes. C'est ce qu'on recherche.
- Il y a environ une heure, un petit avion s'est écrasé en plein coeur de New York. Le Président était à bord. - Président de quoi ? - J'ai horreur qu'on se foute de moi.
Michel Houellebecq est devenu un provocateur breveté, un faiseur qui n'agit qu'en fonction de ce qu'on attend de lui.
On n'essaierait jamais rien s'il fallait d'abord répondre à toutes les objections.
Ce n'est pas ce qu'on sait qui nous fait agir, mais ce que l'on sent.
On est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude on pense aux choses, et que dans le monde on est forcé de penser aux hommes ?
Tout est provisoire. Cependant, si l'on en fait la somme, cela donne une sûre et inaltérable permanence.
Certains mots sont si grands et si vides qu'on peut y garder captives des nations entières.
Souvent on n'est pas digne de la pensée qu'on a.
On se demande souvent comment les hommes parviendront jamais à s'entendre, s'ils refusent toujours de s'écouter.
Un fait certain c'est que si l'amour meurt, on ne meurt point d'amour.