On ne tue pas les idées.
Il y a ce qu'on peut faire dans un lit et le reste. Le reste ne vaut pas cher.
Si on ne s'aimait pas tant soi-même on serait toujours seul.
On voit les maux d'autrui d'un autre oeil que les siens.
On ne se prépare pas plus à la mort qu'on ne s'était préparé à vivre.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
Ouvrir une porte, on peut s'en accommoder, car ça se monnaye. Mais un coeur...
Le railleur n'aime pas qu'on le reprenne, avec les sages il ne va guère.
On ne guérit jamais complètement, quand on a écrit. On n'en est jamais quitte avec ce poison.
Il n'y a qu'aux riches qu'on se donne la peine de plaire.
Il suffit d'aimer pour être amoureux ; il faut témoigner qu'on aime pour être, amant.
Ce n'est pas le manque ni la privation qui donne du désir : on ne manque que par rapport à un agencement dont on est exclu, mais on ne désire qu'en fonction d'un agencement où l'on est inclus.
On ne peut écrire qu'un livre ou plusieurs fois le même livre. C'est pourquoi tous les beaux livres se ressemblent. Ils sont tous autobiographiques.
Il y eut un violent combat. On les attaqua dans l'eau, qui gênait leurs mouvements et l'on en tua un grand nombre ; les autres, pleins d'audace, essayaient de passer par-dessus les cadavres. Une grêle de traits les repoussa ; ceux qui avaient déjà passé, la cavalerie les enveloppa et ils furent massacrés.
On eût dit qu'une main se refermait peu à peu sur la bouche d'une victime et étouffait ses cris. La ville tenta de se débattre, d'arracher le bâillon qui l'asphyxiait, de se libérer du joug écrasant, mais elle n'en avait plus la force. Ce n'était plus qu'une fontaine tarie, un vestige inutile condamné à disparaître.
On est parvenu à donner la vie à des enfants sans père, mais jamais sans mère.
Je me sens comme le chat quand on le met dans le micro-ondes.
C'était par-dessus tout un opiniâtre. Il se servait de la méditation comme on se sert d'une tenaille ; il ne se croyait le droit de quitter une idée que lorsqu'il était arrivé au bout ; il pensait avec acharnement.
On renonce à ce qu'on possède plus aisément qu'on s'abstient d'envier ce qu'on manque.
Si on devait envisager l'amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s'y risquerait ?
Jésus, de retour sur terre, s'étonnerait qu'on le commente tant et qu'on essaie si peu de l'imiter.
C'est un iceberg, celui-là, sept fois plus "con" que ce qu'on voit.
Ce qu'il y a de plus embarrassant quand on n'est pas né riche, c'est d'être né fier.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.
La grandeur d'un destin se fait de ce qu'on refuse plus que de ce qu'on obtient.
Un fait certain c'est que si l'amour meurt, on ne meurt point d'amour.
Il y a des femmes que l'on n'écoute que d'un oeil.
On ne fait jamais rien pour une seule raison.
Tout homme à qui on ferme l'accès aux fonctions supérieures devient jaloux de ceux qui les covahissent, et souvent haineux pour eux.
C'est tout ce que je pense de la religion : quand au départ on n'est pas quelqu'un de bien, ça vous rend deux fois pire. On se repent, on se croit pur et, grâce à la bonne conscience, on retombe encore plus bas.
Le monde ne mérite pas qu'on se sacrifie pour une idée ou une croyance.
Le naufrage est sûr, vous êtes déjà tout engourdi par les vagues glacées qui vous assaillent, mais en somme tant qu'on crie, on est vivant.
Les amis ne se choisissent pas. Ce sont eux qui vous choisissent. Ou on les repousse, ou on les accepte sans réserve.
Ma grand-mère m'a appris qu'on n'a pas besoin d'avoir beaucoup d'argent pour avoir du style.
Si on me demande de réconforter, de chanter, de dessiner pour la bonne cause, j'y vais.
- On peut récolter des noisettes ! - Mais oui, c'est ça, des noisettes pour bombarder les Telmarins !
Les mots n'ont rien de véritablement étranger, mais les images qu'ils suscitent ne débouchent que sur des sensations de meurtre inaccompli, de cruauté diffuse et de malaise. On ne saisit pas l'intention de celui qui parle et on ne comprend même pas qui prend la parole.
Ah ! La volupté d'abattre du travail comme on abat des arbres, de s'attaquer à une montagne de papier comme on escalade le Mont Blanc pour donner, peu à peu, au bureau l'aspect du Sahara.
Où l'on fait appel au talent, c'est que l'imagination fait défaut.
La lecture, c'est comme les auberges espagnoles, on n'y trouve que ce que l'on y apporte.
Il faut être tel que l'on n'ait pas à rougir devant soi-même.
Les hommes veulent bien qu'on rit de leur esprit, mais non de leur sottise.
On devrait se marier entre compagnons d'enfance.
Les vrais secrets ne sont-ils pas ceux qui refusent qu'on les confie, quand même on voudrait s'en décharger.
C'est peut-être pour tout le monde la même chose d'ailleurs, dès qu'on insiste un peu, c'est le vide.
Le visage actuel des jeunes nations porte encore autant l'empreinte de leur passé colonial que de leur histoire propre. On parle toujours le français dans les anciennes colonies françaises, l'anglais dans les anciennes colonies anglaises et le portugais au Brésil.
Quand tu es en danger, ne te soucis pas du quand dira-t-on.
Il serait sans doute utile que le rôle des Barbares soit joué par des extraterrestres. Mais on risque de les attendre longtemps.
David 'Future' Porter : Il faut qu'on fasse notre propre son, les autres on s'en branle complètement. Sol George : Ouais, après on décroche un contrat, on est platinum, on est pété de thunes et on nique toutes les pétasses ! Cheddar Bob : Vous pensez vraiment qu'j'ai une grosse tête ?
Perte. Privation de ce que nous possédons, ou ne possédons pas. C'est dans ce deuxième sens que l'on dit d'un candidat battu qu'il a "perdu les élections".