Après avoir appris la médecine sans malade, comment voulez-vous qu'ensuite on ait envie de les soigner ?
Le sentiment qu'on a pour la plupart des bienfaiteurs ressemble à la reconnaissance qu'on a pour les arracheurs de dents.
Il n'y a rien d'autre à apprendre que soi dans la vie. Il n'y a rien d'autre à connaître. On n'apprend pas tout seul, bien sûr. Il faut passer par quelqu'un pour atteindre au plus secret de soi. Par un amour, par une parole ou un visage.
On ne peut voir que là où il n'y a plus aucune ténèbre de puissance. Le pouvoir aveugle, la gloire assombrit.
Il est impossible de comprendre le sport automobile de l'époque sans intégrer la notion de mort ; on s'amusait beaucoup car on mourrait beaucoup.
On ne doit pas confier au chat le soin de garder la viande.
Dans une ville qu'on aime on a toujours quelqu'un qu'on aime.
Le temps respecte peu ce qu'on fait sans lui.
Le plaisir de trouver vaut mieux que ce que l'on trouve.
L'amour, on ne le discute pas, il est.
On ne s'habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il faudra s'habituer à la nôtre !
Rien de mieux que de se laisser ignorer par les autres si on veut tout savoir.
Toutes les tendances égoïstes qu'on trouve chez les hommes, le culte de soi et le mépris des autres, prennent leur source dans l'organisation actuelle des relations entre les hommes et les femmes.
Autrefois on rêvait de posséder le cÏur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le cÏur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
L'expiation est puissante : c'est le verrou sur la porte que l'on referme sur le passé.
"On ne peut pas travailler à Paris." "On ne peut pas travailler à la campagne." Remplacer ces formules par "On peut travailler partout."
Une phrase, c'est comme un vêtement. Il ne faut pas qu'elle gratte dans le dos, qu'elle gêne aux emmanchures ni qu'on s'y sente endimanché, ou tarte.
Dans tous les cas, la poésie est antérieure à la prose : on dirait que l'homme chante avant de parler.
Il ne suffit pas de se réveiller un beau matin avec l'envie de faire une bonne action pour que la personne à qui on donne un coup de main devienne tout à coup propre et rasée et vous dise merci avec un grand sourire.
Avec le temps, on apprend même à un ours à danser.
Le temps est la seule chose au monde que tout le monde connaît et éprouve, et qu'on ne peut ni voir, si sentir, ni toucher, ni diriger ni modifier ni définir... il devrait être interdit d'en parler.
Bonne année : Charmante coutume, qui fait qu'un jour par an, on souhaite bonheur, santé, prospérité et longue vie à des gens que, les trois cent soixante-cinq autres jours, on laissera - s'ils n'ont pas trop mauvaise haleine - crever la gueule ouverte.
L'économie restera la science principale tant qu'on n'arrivera pas à se nourrir d'air et de vent.
Le véritable ami est celui à qui on n'a rien à dire. Il contente à la fois notre sauvagerie et notre besoin de sociabilité.
Avec les femmes il vaut mieux être téméraire que trop prudent. On arrive plus vite et aussi sûrement.
La vie humaine ne cesse de rétrécir comme une peau de chagrin, évincée par les commentaires qu'on fait sur elle.
On peut déclamer sa maladie ou réciter la mort des autres, mais sa mort propre, on la meurt toujours avec naturel.
Penser qu'on ne sait pas le nom du premier cochon qui a trouvé une truffe !
Se permettre de tout penser serait manquer de savoir vivre : les meilleures preuves de respect qu'on puisse donner à l'intelligence du lecteur, c'est de lui laisser quelque chose à penser.
On trouve assez d'or et assez de perles, mais les lèvres savantes sont un vase rare et précieux.
La seule chose qui m'ennuie avec les grands voyageurs, c'est qu'on ne peut jamais les emmener quelque part pour leur faire une surprise : cela leur rappelle toujours quelque chose.
La vie est une mauvaise habitude dont on parvient mal de se défaire.
Pour la première fois parut en public le drapeau olympique, dont on venait de fabriquer une grande quantité et qui eut beaucoup de succès : la Sorbonne, 1914. Tout blanc avec les cinq anneaux enlacés : bleu, jaune, noir, vert, [...] ► Lire la suite
On ne peut pas être le bourreau et le pendu.
Si on laisse tomber la Bretagne, c'est toute la France qui va mourir.
Quand quelque chose doit être fait, faites-le ! En France on regorge de bonnes idées, mais on les met rarement en pratique.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
On avance dans le brouillard pendant des mois et on fait les choses qu'il faut faire parce que la vie continue et qu'on a des enfants. Il y a un métier, un public...
. Sur le terrain, quand on fait appel à moi, j'essaie d'être le plus naturel possible, de ne pas jouer avec le frein à main.
Il faut un diagnostic juste si l'on veut des remèdes appropriés.
Rien ne doit compter en dehors de l'être qu'on aime, rien ne doit exister, l'amour doit donner des ailes, vous transporter au-dessus de la terre.
La continuité des grands spectacles nous fait sublimes ou stupides. Dans les Alpes, on est aigle ou crétin.
Qu'est-ce que ça peut fiche qu'il ait une jolie femme ! Entre hommes, on ne se complimente que sur ses maîtresses.
C'est en revêtant le Christ que l'on peut le plus apporter de charité aux autres.
On ne saurait aller trop loin dans la connaissance de l'homme.
La haine comme on sait, n'atteint guère celui qui l'inspire ou l'excite avec calcul ; maintes fois, elle torture uniquement qui cède à une passion si violente.
Quand on cesse d'aimer ses parents, parce qu'ils ne nous sont plus nécessaires, on cesse d'aimer sa patrie.
On ne peut communiquer même avec la mort... C'est le plus difficile mais peut-être est-ce le sens de la vie...
Les meilleurs sont les vers qu'on ne finit jamais.
Dieu garde pour lui la vision du bonheur. On peut essayer de l'imaginer, passe encore. L'analyser, c'est peine perdue.