On épouse la personne qui se présente quand on est le plus vulnérable.
Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir.
La fécondité est la chose du monde la mieux partagée. Avec la plus modeste éjaculation convenablement diluée, on pourra engrosser toute une province.
A force de traîner un espoir, on finit par l'user.
C'est un crime que d'être névrosée, quand on y ajoute l'insolence.
La beauté même, et la perception qu'on en a, est source de mélancolie.
Autrefois, quand on était las et dégoûté du monde, on entrait au couvent ; et lorsqu'on avait du bon sens, on y restait. Aujourd'hui, quand on est las et dégoûté du monde, on entre dans la révolution, et lorsqu'on est intelligent, on en sort.
S'il fallait se fier à ses poèmes pour savoir ce qu'un poète pense, on se ferait de drôles d'illusions.
Il y a des sentiments qu'on ne peut exprimer avec des mots.
Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c'est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu'on y mène ridicules que nous avançons, il n'y a pas d'autre, pas de meilleure méthode.
Fielleux comme souvent le sont ceux dont on dit qu'ils ont de l'humour.
Sur les chaînes nationales, on constate que le fait divers l'emporte parce que l'émotion prime sur l'analyse : à peu près tout ce qui paraît complexe est banni de l'information télévisée.
Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver.
On a assez remarqué que la peur est plus grande de loin, et diminue quand on approche.
Dans certains théâtres d'essai, on serait tenté de prendre parfois la rampe de scène pour un garde-fou.
On s'instruit en voyant le malheur de son prochain.
On prie pour ne pas rester seul on prie pour tromper l'attente que Dieu qu'il plaît à dieu de nous entendre.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
Dans une cité comme la mienne, on intègre vite le sentiment d'être des Français de seconde zone.
Il faut retenir son coeur, car si on le laissait aller, combien vite, alors, on perdrait la tête !
On peut discuter des limites du beau, mais le chant du rossignol s'imite très bien au moyen d'un bouchon frotté contre un verre.
Comme on croit aisément le mal de ceux qu'on hait, le bien de ceux qu'on aime!
On pardonne un jour tous les faits de guerre. On n'oublie guère les effets de l'amour.
On trouve toujours l'épouvante en soi, il suffit de chercher assez profond. Heureusement, on peut agir.
La pub nous traque, nous matraque, nous a à l'usure, finit toujours par obtenir qu'on lui dise "oui" juste pour avoir la paix.
Ce qu'on nomme l'Histoire n'est qu'un roman inlassablement réécrit.
Ce n'est pas tant l'argent gagné qui compte : mais la somme de lâchetés, de renoncements et de trahisons de soi-même qu'on a dû accomplir pour parvenir à l'empocher. C'est ça l'argent cher.
On ne brise pas sa coquille de l'extérieur en la projetant avec force contre les parois de ce monde. Lui seul peut la briser qui, reprenant vigueur et vérité, peut la faire éclater de l'intérieur.
La vie c'est moins bien que la télé, parce qu'on ne peut pas changer de chaîne.
La mort de l'autre, c'est ça : ce mur, ce sens interdit contre lequel on se cogne tous les jours.
Dieu, on le trouve partout où il y a de la lumière.
L'intelligence du monde n'est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui naît ; on ne sait où va ce qui meurt.
Les rendez-vous avec notre passé sont les seuls auxquels on peut se rendre sans risque d'attendre.
Des copulateurs sans conscience. Ils ne s'obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, Dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question
Y a-t-il une chose qui soit plus aimable et délicieuse que de préparer des crêpes à quelqu'un qu'on aime pour le déjeuner ?
On peut être bien élevé et écrire de la mauvaise poésie.
On rencontre des personnes magnifiques, puis on se quitte sur des mots pathétiques.
Enseigner la gestion de son corps, réinventer ce que l'on appelait l'éducation sanitaire, et ce dès l'école.
Mieux vaut subir la moitié des maux auxquels on s'attend que de rester dans l'apathie par crainte de ce qui pourrait advenir.
On juge mieux les affaires d'autrui que les siennes propres.
Quand on demande à Dieu la souffrance, on est toujours sûr d'être exaucé.
Et si l'on condamnait la Mort pour faux et usage de faux ?
A Paris, les mois se dépensent en menue monnaie et quand on jette le calendrier on est stupéfait de se trouver ruiné sans avoir rien acheté.
On n'est que plus près du danger, Quand on croit n'avoir rien à craindre.
D'abord, c'est le lit et ensuite, les malentendus. On finit toujours par être obligé de regarder justement le programme de télévision qu'on n'aime pas.
Peut-on aimer "un peu" ? Sûrement ! Il y en a qui passent leur vie à s'économiser et à aimer "un peu".
C'est de la folie de vouloir punir son voisin en mettant le feu chez lui lorsqu'on habite juste à côté.
Arriver dans une prison que l'on connaît, c'est comme si l'on rentrait chez soi...
Peut-on survivre à la passion ? Quelle question ! Il faut se demander si on peut s'achever soi-même sans elle.
C'est nécessaire, un sourire, lorsqu'on se croit tout seul.