A voir ce qui s'imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit obligé de faire preuve d'ignorance.
Tout ce qu'on entend dans le jour, ce sont des bruits d'écus ; et ce qui ne dit rien dans la nuit, c'est la conscience des hommes.
Si les pétroliers transportaient de l'eau de mer, on s'en foutrait qu'ils fassent naufrage.
Quand on est couronné, On a toujours le nez bien fait.
Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature.
La chance, c'est ce qu'on croit toujours qu'on n'a pas.
Agiter le thème de l'exception culturelle française, c'est chercher à se réhabiliter comme on sauverait les meubles.
Si les prêts servaient à quelque chose, on prêterait aussi les femmes.
- Je ne sais pas me servir d'une arme ! - Même principe qu'un appareil photo : on vise, on appuie.
Que ne fait-on passer avec un peu d'encens ?
En multipliant les chaînes sans "business model", on multiplie les désastres économiques.
L'enfant devant la télé donne dos à tout. C'est à son dos qu'on parle, et c'est son dos qui nous répond.
Ce qu'on appelle "mourir" c'est achever de naître et ce qu'on appelle "naître" c'est commencer à mourir. "Vivre" c'est mourir en vivant. Nous n'attendons pas la mort : nous vivons perpétuellement avec elle.
On s'attend à des défaillances d'entreprise et des licenciements, le sujet, ça va être de limiter la hausse du chômage.
La vie est une mèche que l'on consume, les pièces d'artifices reflétant nos joies ou nos malheurs.
On ne doit pas tirer gloire de ce qu'on a fait. Si ton action s'est avérée concluante, laisse soin à d'autres de le reconnaître.
- Je voudrais que tout s'arrête maintenant et que ça reste comme ça pour toujours. - On dit que si on arrive a ralentir sa respiration, le temps se met à ralentir. C'est les hindous qui disent ça.
Quand on surveille, les patates cuisent trop lentement. Quand on va faire du piano en attendant, elles cuisent beaucoup trop vite.
J'adore les huîtres : on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche.
Les crocodiles vivent cent ans ; les roses trois jours. Et pourtant, on offre des roses.
Mais on a beau pleurer très sincèrement, il y a toujours un moment où il faut remettre de la poudre.
Quand on demande à Dieu la souffrance, on est toujours sûr d'être exaucé.
A Paris, les mois se dépensent en menue monnaie et quand on jette le calendrier on est stupéfait de se trouver ruiné sans avoir rien acheté.
D'abord, c'est le lit et ensuite, les malentendus. On finit toujours par être obligé de regarder justement le programme de télévision qu'on n'aime pas.
On ne chérit jamais autant sa chance que lorsqu'on écoute le récit des malheurs d'autrui.
Il n'est guère qu'un signe qui atteste qu'on a tout compris : pleurer sans sujet.
Rien de bon n'est jamais sorti des reflets de l'esprit se mirant en lui-même. Ce n'est que depuis que l'on s'efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l'esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l'on commence à progresser.
On ne peut traverser à gué un fleuve aux courants dangereux. Mais il est toujours possible d'y puiser pour étancher la soif.
A-t-on jamais vu deux caïmans dans la même mare ? Deux hippopotames mâles dans la même rivière ?
Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
Dis quelquefois la vérité, afin qu'on te croie quand tu mentiras.
La vie c'est moins bien que la télé, parce qu'on ne peut pas changer de chaîne.
Oui, on meurt tous de manière différente. Mais on naît tous de la même manière, nuance, étrange, non ?
La guerre transforme chaque bonheur en brûlure parce qu'on se dit toujours que ce sera le dernier.
Dans décolonisation, il y a donc exigence d'une remise en cause intégrale de la question coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue: "les derniers seront les premiers." La décolonisation est [...] ► Lire la suite
Mais il vient des mots étouffants;On laissera les chers enfants,Livrés à de vagues désastres.
On ne peut rien dire de si absurde qui n'ait été dit par quelque philosophe.
Avant, les mecs qui mettaient de l'argent de côté, on disait : "c'est des avares !". Maintenant, c'est des phénomènes.
On t'a jamais dit que celle sur qui tu craches peut demain être celle sur qui tu baves ?
Tu me trouves sadique ? Je parie qu'on pourrait faire frire un oeuf sur ton front, si on le voulait.
On commet l'adultère avec un tiers qui n'est pas sa moitié.
On a toujours assez de philosophie pour supporter la mort d'un parent riche.
Les charmes d'un corps de femme qui enflamment les sens sont comme les odeurs de cuisine - excitants quand on a faim, répugnant quand on est rassasié.
Je pourrais faire un bon végétarien si l'on décrétait un jour que le bacon est un légume.
Quand on fait dans la fidélité, parfois on s'épuise.
C'est un très grand talent que de vendre des livres quand on n'a pas de talent.
On a l'impression quand on a atteint la quarantaine, qu'on n'a pas fait ce que l'on devait faire et qu'on n'a plus le temps de faire ce qu'on a à faire.
Mariée à un coq, on suit le coq, mariée à un chien, on suit le chien.
Les femmes dont on dit qu'elles ont été belles ont le même intérêt que les pièces démonétisées dont on dit qu'elles ont été bonnes.
La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel, pour y revenir en force et le faire prisonnier.