On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ?
Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dise à la vôtre.
On nous a donné le sommeil pour nous reposer de vivre avec nous-mêmes.
Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu'on appelle l'homme.
On se défend mal que contre ce qu'on aime.
Le courage est un état de calme et de tranquillité en présence d'un danger, état rigoureusement pareil à celui où l'on se trouve quand il n'y a pas de danger.
Amitié : Contrat de construction que l'on signe avec des rires et rompt avec des larmes.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
L'amour, le bonheur, la justice... On essaie de donner des noms à des réalités qui nous échappent. L'amour, si ça existe, ça doit être simplement se trouver avec quelqu'un et se sentir bien.
Il faudrait être sot pour croire que l'on meurt à cause d'une déficience qui nous est personnelle, ce sont les autres qui nous tuent par leur entêtement à vivre...
La fin, quand c'est fini, comment le sait-on, comment fait-on, comment ça finit ?
Dans la lutte, on descend au niveau de l'adversaire.
C'est en voulant connaître toujours davantage qu'on se rend compte qu'on ne sait pas grand-chose.
On se dit que mieux vaudrait jouer, tous les quatre ans, le sort de ce pays à pile ou face. Il y aurait plus de chances heureuses. Celles-ci sont éliminées, sauf incident des élections législatives, par la pression d'une machine [...] ► Lire la suite
C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
Quand on s'attend au pire, le moins pire a une saveur toute particulière, que vous dégusterez avec plaisir, même si ce n'est pas le meilleur.
Il existe deux forces motrices de base: la peur et l'amour. Quand on a peur, on se retire de la vie. Lorsque nous sommes amoureux, nous nous ouvrons à tout ce que la vie a à offrir avec passion, enthousiasme et acceptation.
- Je voudrais que tout s'arrête maintenant et que ça reste comme ça pour toujours. - On dit que si on arrive a ralentir sa respiration, le temps se met à ralentir. C'est les hindous qui disent ça.
La poésie dit l'Ineffable : on le lit, on le relie.
On ne trouve pas la solitude, on la fait.
Le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
Tombeau. Endroit où l'on place les morts, dans l'attente des étudiants en médecine.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
Les crocodiles vivent cent ans ; les roses trois jours. Et pourtant, on offre des roses.
On se goinfre de progrès. En une minute, on peut appeler Bogota. D'abord, c'est faux. Ensuite on ne sait qui appeler ni quoi dire.
On demande une miette d'amour pour tous les jours. On nous en donne une tonne pour l'éternité, qui est la mort.
Le signe qu'on vieillit, c'est quand on a de plus en plus besoin de la confiance des autres.
Le suicide n'est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
La bouche est un fruit qu'on mange à même la peau.
On devrait pouvoir se faire interdire de mariage, comme on le fait pour le jeu.
On a assez remarqué que la peur est plus grande de loin, et diminue quand on approche.
Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les discours qu'on peut tenir sur moi.
On peut presque tout faire sans lumière sauf écrire. Ecrire demande des lueurs. Vivre se suffit d'ombre, lire exige la clarté.
Le ridicule n'existe pas, on crée le ridicule.
On ne travaille désormais dans chaque mandat que trois ans et demi, le reste du temps étant consacré soit à l'apprentissage du pouvoir, soit à la préparation de la nouvelle élection.
La réalité n'a pas besoin de prouver qu'elle existe. Quand on l'oublie, elle se contente de faire mal.
A l'âge où le coeur est riche, on n'a pas les lèvres avares.
Savoir si l'on aimerait mieux mourir de faim ou de soif est une question qui apparemment plaît toujours.
Toutes les fois qu'on attend le retour de l'ordre, on ne peut se tromper que sur la date.
Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.
Rejetez le noir, et ce mélange de blanc et de noir qu'on nomme le gris. Rien n'est noir, rien n'est gris. Ce qui semble gris est un composé de nuances claires qu'un oeil exercé devine.
Quand on veut rester maître chez soi, on n'ouvre pas un commerce.
On est bien près d'aimer quand on comprend.
On ne chérit jamais autant sa chance que lorsqu'on écoute le récit des malheurs d'autrui.
S'il fallait se fier à ses poèmes pour savoir ce qu'un poète pense, on se ferait de drôles d'illusions.
On ne refait pas sa vie à soixante-quinze ans, non, mais on peut bien la commencer.
On a beau détester la hyène, il faut reconnaître qu'elle court vite.
Si prêter pouvait servir à quelque chose, on prêterait même les femmes.
- Du temps du muet... il y avait de la musique... - Maintenant aussi... mais on ne l'entend pas... les gens causent tout le temps !
Si l'on est deux à faire l'amour, on est bien souvent seul à savoir avec qui.