La différence entre le peuple et le public, c'est que le public paye... Mais à l'usage, on s'aperçoit qu'un billet de théâtre est souvent moins coûteux qu'un bulletin de vote.
On n'apprend jamais trop tôt que les corbillards ne sont pas faits seulement pour les gens d'à-côté (...).
L'enfant ne fait pas grand cas en général de la tendresse de ses parents. C'est pour lui chose acquise. Il n'y pense même pas, il s'en lasse lorsqu'on le gâte.
Quand on sait l'ignominie du poulet basquaise, on ne s'étonne plus de la virulence des exactions de l'ETA militaire.
L'être humain qui crée sa solitude a besoin qu'on lui dise:Oui je t'aime malheureux.
Quand on a le physique d'un emploi, on en a l'âme.
Fais rire le public. Dissipe son ennui. Et s'il te méprise et t'oublie sitôt qu'il a passé la porte, ça ne fait rien. On oublie toujours ceux qui vous ont fait du bien.
La haine est certainement le plus durable des plaisirs : on se presse d'aimer, on se déteste à loisir.
Le poker permet de tout oublier, y compris qu'on n'a pas les moyens d'y jouer.
On domine plus facilement les peuples en excitant leurs passions qu'en s'occupant de leurs intérêts.
La mort, ce serait le rêve si, de temps en temps, on pouvait ouvrir l'oeil.
On devient stupide dès que l'on cesse d'être passionné.
Si on peut maintenant garantir la filiation entre parents et enfants, rien qu'à partir de la salive, l'expression "c'est son portrait tout craché" n'a jamais eu autant de sens !
Fuguer est le contraire d'un suicide : on part pour vivre.
On vend au marché plus de peaux d'agneaux que de peaux de loups.
Moi j'y crois au Père Noël. J'y crois aussi, je crois à un jour par an où nous donnons à tout le monde pour le plaisir de donner en sachant que ce n'est pas nous qui serons remerciés ce sera le Père Noël. C'est cela qui est merveilleux, on n'a pas à remercier personne...
On peut pardonner à son assassin, mais souffrir une humiliation, jamais !
L'Univers est plus étrange qu'on ne l'imagine !
La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales.
On a remarqué que les éléphants buvaient plus que les autres animaux. Dotés d'une grande mémoire, ils doivent boire pour oublier.
On change plus facilement de religion que de café.
On fait souvent des bêtises effroyables par peur de paraître bête.
On prétend que le cheval est une animal de luxe. Il ne s'habille pourtant qu'avec des bretelles.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
On s'habitue à tout, même à ce que l'on n'acceptera jamais.
On n'enferme pas l'intelligence, on s'y abandonne, grande main salvatrice que nous tend l'infini.
Tout le monde ment, mais personne ne dit : "je mens" ; tout le monde se réclame de la vérité, alors que dire "je mens" est la seule chose vraie que l'on puisse dire.
C'est quelque chose, un nom ! C'est presque toute la personne... toute la vie !... C'est ce qu'on répond, en premier, à la question : "Qui êtes vous ?"... Et c'est ce qui reste, en dernier, sur la pierre tombale !...
Quand on se trouve en face d'une difficulté, on en tire le meilleur parti possible.
On devrait bien enseigner aux enfants l'art d'être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l'amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises.
C'est en faisant semblant d'être écrivain qu'on le devient vraiment.
Il faut emprunter les idées du peuple si l'on veut le diriger.
On peut ne pas aimer les carottes, les salsifis, la peau du lait cuit. Mais le vin ! Autant voudrait-on détester l'air qu'on respire, puisque l'un et l'autre sont également indispensables.
On ne profite d'aucune leçon parce qu'on ne sait pas descendre jusqu'au général et qu'on se figure toujours se trouver en présence d'une expérience qui n'a pas de précédents dans le passé.
On ne peut pas parachuter des droits et des institutions comme on parachute des vivres ou des soldats.
Dans le champ amoureux, les blessures les plus vives viennent davantage de ce que l'on voit que de ce que l'on sait.
On peut encore à tout moment modifier la vie avec beaucoup d'attention et de douceur.
Quand on a vingt ans de plus qu'une femme, c'est elle qui vous épouse.
Il est difficile de ne pas s'exagérer le bonheur dont on ne jouit pas.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
Quand on n'a pas de talent, on dit tout. L'homme de talent choisit et se contient.
Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.
Quand on n'a plus de cheveux, on trouve les cheveux longs ridicules.
On a mécontenté tout le monde ? Il y a des chances pour que l'on ait dit la vérité.
Sur la route des hypothèses on ne doute jamais de rien.
Si tous les ménages qui sont malheureux avaient une clochette au cou on ne s'entendrait pas parler.
La vie n'aime pas que l'on désespère d'elle.
Quand on est connu, aujourd'hui, le simple fait de se promener en public sans lunettes noires constitue presque un attentat à la pudeur.
On est toujours maladroit quand on a pitié des autres.
Toute libération trop facile est un leurre, parce qu'on recommence dès que l'échec précédent est oublié.