On ne réalise jamais ses rêves les plus profonds. Au mieux on, on ne fait que les effleurer, sans doute pour que cela devienne plus amer au fond de soi.
La sincérité, c'est le projecteur sous lequel on prend des poses. La franchise, c'est l'éclair de flash qui fixe la vérité d'un instant sans prétention d'en faire un tableau.
A travailler on s'ennuie moins qu'à s'amuser.
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
C'est toujours ce qui se passe dans la vie : on s'imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle.
Vieillir mal - et il est rare qu'on vieillisse bien - c'est sentir monter en soi la haine contre cet étranger qui s'installe et prend peu à peu la place du jeune homme ou de la jeune fille qu'on a à peine eu le temps d'être.
Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux meunier poussant devant lui son âne chargé de gros sacs de farine.
Non rien à foutre, on va quand même pas s'laisser enculer par une bande de nègres !
Quand on a le physique d'un emploi, on en a l'âme.
On est plus fort qu'un concurrent dès qu'on a deviné ses intentions.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.
On hésite à être soi parce que demain il faudra mentir.
L'honneur est un vieux saint que l'on ne chôme plus. Il ne sert plus de rien, sinon d'un peu d'excuse.
Les barricades sont les voix de ceux qu'on n'entend pas.
A trente ans, tout est joué : oeuvre, carrière, amour, destinée. Après, il suffit de suivre les rails - chemin de velours ou mauvaise glissade, peu importe - on "suit" sa pente. Entre vingt et trente ans, on la "fait".
Il n'y a rien d'illogique comme les accidents. Ils n'ont aucun lien entre eux, et l'on ne peut pas, comme on le voudrait, profiter de l'un pour atténuer l'autre.
Les pires mensonges sont ceux qu'on se murmure à soi-même.
Ce n'est pas parce qu'on fait partie d'un peuple martyrisé qu'on est pas aussi des hommes comme les autres.
Si l'on n'a pas visité deux marchés, on ne peut savoir lequel est le meilleur.
On apprend la vie toute sa vie..et même en mourant on apprend encore la vie.
Le ridicule n'existe pas, on crée le ridicule.
On comprendra alors le double sens du terme « camp d'extermination » et ce que nous entendons par l'expression « toucher le fond ».
Quand on touche le fond, il paraît qu'on remonte. C'est une loi physique. Faut voir !
Il y a des gens si insignifiants qu'on ne les voit pas devant leur ombre.
On passe les trois quarts de sa vie à vouloir, sans faire.
On devrait se méfier davantage des promesses des hommes politiques puisqu'ils ne peuvent nous faire de cadeaux qu'avec ce qu'ils nous prennent.
On ne peut emporter ses biens dans la tombe.
A peine a-t-on publié un livre, on n'a qu'un souci : l'effacer, le faire oublier par le suivant. Une carrière d'écrivain est une succession d'amendes honorables.
On peut violer les lois sans enlever la culotte.
On ne dort pas pour dormir, mais pour agir.
On a mécontenté tout le monde ? Il y a des chances pour que l'on ait dit la vérité.
Quand le présent finit, ménageons l'avenir : Du roi qu'on a vu prince on peut tout obtenir.
Il y a tant de génies de nos jours que l'on peut vraiment se réjouir lorsque le ciel nous envoie un enfant qui n'en est pas un.
La vie n'aime pas que l'on désespère d'elle.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
C'est con les jeux de balle quand on est à trois, Y'en a toujours un qui touche que dalle.
Pour "arriver", en littérature, une seule recette : dire très haut qu'on a du génie. Ça marche. Vous le répétez inlassablement et, à la fin, on vous croit.
Il n'est pas grave de se tromper pourvu qu'on se fourvoie avec ferveur.
Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
On vend au marché plus de peaux d'agneaux que de peaux de loups.
Mais ériger en dogme que toutes les sociétés ne font qu'une; qu'il n'existe qu'une vérité; que chaque expérience est compatible avec toutes les autres; que l'on peut tout savoir et que toute virtualité peut se réaliser est une entreprise qui ne peut sans doute que mal finir.
Il faut méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque quand on l'a, on a tout, et lorsqu'il manque, nous faisons tout pour l'avoir.
Il n'est pas croyable comme le peuple, dès lors qu'il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubli de la franchise, qu'il n'est pas possible qu'il se réveille pour la ravoir, servant si franchement et tant [...] ► Lire la suite
En aimant, on est payé de mille maux par un heureux moment.
Ce n'est pas pour l'amour des êtres qu'on chérit les êtres : c'est pour l'amour de soi qu'on chérit les êtres.
Il est difficile de ne pas s'exagérer le bonheur dont on ne jouit pas.
Les horreurs sont supportables tant qu'on se contente de baisser la tête, mais elles tuent quand on y réfléchit.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
C'est marrant, suffit de s'arranger pour que quelqu'un pige rien à ce qu'on lui dit et on obtient pratiquement tout ce qu'on veut.