Une expérience mérite d'être vécue du moment qu'on peut la pousser jusqu'à ses dernières conséquences logiques et psychologiques.
Dieu garde pour lui la vision du bonheur. On peut essayer de l'imaginer, passe encore. L'analyser, c'est peine perdue.
On voit mieux l'oeuvre d'autrui que son propre ouvrage.
Parfois, on trouve une grosse biche dans le piège tendu à des agoutis.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.
On se dit "après moi le déluge". Mais on aimerait tous le voir, ce déluge !
Le pardon dit qu'on vous donne une autre chance de prendre un nouveau départ.
L'amour que l'on peut mesurer est un amour bien pauvre.
Les riches forment une grande famille, un peu fermée certes, mais les pauvres, pour peu qu'on les y pousse, ne demanderaient pas mieux que d'en faire partie !
En vieillissant, elle avait gagné ce qu'on pourrait appeler la beauté de la bonté.
Testis unus, testis nullus : on ne va pas bien loin avec une seule couille.
On reproche aux gens de parler d'eux-mêmes. C'est pourtant le sujet qu'ils traitent le mieux.
On ne se console pas des chagrins, on s'en distrait.
On ne corrige pas celui qu'on prend, on corrige les autres par lui.
On accepte une coupe de poison de celui qui vous a offert cent coupes de nectar.
On ne se met pas en travers de l'inévitable, c'est courir après la mort.
Apprenez qu'un bon livre ne donne jamais ce qu'on peut attendre. Il doit vous hérisser de points d'interrogation.
La bêtise est abominable quand on la subit ; mais quand on l'observe, elle a son charme, et on peut la savourer.
L'honnêteté dans les affaires consiste à posséder à son compte en banque l'argent qu'on refuse à ses créanciers.
Il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique.
Un baiser apaise la faim, la soif. On y dort. On y habite. On y oublie.
On n'est jamais si bien traité que par soi-même.
La vie n'est que la vie après tout, et l'on ne remporte, lorsqu'on franchit la frontière, que sa chemise et sa culotte.
Demande-t-on au grand théâtre autre chose : nous représenter ce qui, dans le chemin unique d'un homme d'exception, rejoint l'aventure universelle ?
La maternité, c'est comme l'Albanie. On ne peut pas se fier à ce qu'en dise les livres, il faut y aller.
Plus on est monté haut, plus on est descendu profond à l'intérieur de soi-même.
On exagère toujours dès qu'on veut dire la vérité.
On lave son linge sale en famille, mais si on est tout seul on peut aussi aller au Lavomatic.
Heureusement qu'il y a des mots qu'on peut dire sans savoir écrire.
Si la mer bouillait, il y aurait, comme on dit, bien des poissons de cuits.
Que de dangers quand on quitte la maison ! Je songe à cela lorsque je me souviens de mon fils Peter me disant : « Je veux pas aller à l'école maternelle, papa ! Je veux rester à la maison [...] ► Lire la suite
On n'a jamais assez de temps c'est vrai, rien que pour penser à soi-même.
Il ne faut point faire par les lois ce que l'on peut faire par les moeurs.
On roule confortablement sur l'autoroute de la vie, protégé par la ceinture de sécurité de nos certitudes et l'air-bag conducteur de la routine.
Chacun de nous est un gouffre ; on a la tête qui tourne quand on regarde au fond.
A la guerre, on devrait toujours tuer les gens avant de les connaître.
On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain.
Les musées sont les endroits les plus vivants du monde. On dirait une concentration d'humanité.
Il est des êtres qui répugnent à s'insurger quotidiennement contre des détails qui n'en valent pas la peine. Et puis un jour, l'on verra ces êtres prendre une décision que nul de ceux qui leur reprochait leur apathie n'eût été capable de prendre.
Chaque matin songer aux gens qu'on va cultiver, aux pots qu'il faut arroser.
Parce que les actes humains pour lesquels on établit des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l'infini, il a toujours été impossible d'instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut.
On est toujours le monstre de quelqu'un.
Ecrire, ce n'est pas commenter ce que l'on croit savoir, mais chercher ce qu'on ne sait pas encore et ce que parler veut dire.
C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime. Mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus.
Aimer, c'est être embêtant, tatillon, exigeant, c'est vouloir qu'on soit mieux qu'on est, c'est empoisonner l'existence de l'être qu'on aime.
Les reproches ne sont fait qu'à ceux que l'on estime.
On peut quelquefois retrouver un être mais non abolir le temps.
L'hiver à ses débuts ressemble toujours à une fête attendue. Ce n'est qu'après qu'on se demande ce qu'on pouvait bien tant attendre.
On démontre qu'une chose est conséquence d'une autre. Pour cela, on construit la conséquence avec l'hypothèse.
Parfois, ce n'est pas en aidant quelqu'un qu'on peut le mieux l'aider.