Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre.
La quantité de venin que ce reptile peut inoculer par une seule morsure peut être gargantuesque. C'est un mot que j'adore « gargantuesque », on a rarement l'occasion de le placer dans une conversation...
Le quotidien avec son cortège de bonnes et de mauvaises choses peut nous apporter l'occasion de croître, si l'on sait rester ouvert et vigilant.
Que les apparences soient belles car on ne juge que par elles.
La richesse, c'est comme la nature. Il ne faut pas y toucher si on veut la conserver.
Quand on va étudier l'intelligence des autres, ce n'est pas pour abandonner la sienne, mais la multiplier indéfiniment, fort de cet apport de l'autre.
Nerveux : se dit à chaque fois qu'on ne comprend rien à une maladie.
Lorsqu'on aime comme l'océan et que l'on souffre comme le Christ, l'art et la beauté suintent des moindres faits et gestes.
Chaque jour est l'occasion d'une dette que l'on contracte ou que l'on rembourse.
La vie est un long je t'aime Que l'on doit écrire soi-même.
On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.
Une fois qu'on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière.
Un ami, c'est un homme armé contre lequel on combat sans arme.
Prend-on la vie autrement que par les épines ?
Les voyageurs sont toujours des découvreurs, particulièrement ceux qui voyagent en avion. Dans le ciel on ne trouve pas de panneaux indicateurs signalant les passages précédents.
Apprends à pleurer joliment ; c'est un de nos précieux secrets, à nous, les femmes. On obtient ce qu'on veut des hommes avec de beaux yeux humides.
Si on fait le vide autour d'un souvenir, il ne reste plus rien que ce souvenir dans l'infini qu'on a, et ce souvenir devient l'infini.
Des fois on croit qu'on tourne une merde et c'est un chef-d'oeuvre. Des fois on croit qu'on tourne une merde, et c'est une merde.
Le tout dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
En ultime analyse, toute chose n'est connue que parce que l'on veut croire la connaître.
On perd le droit de parler des autres quand on se met à les connaître intimement.
Le temps de la prime jeunesse, un âge rêveur, exalté, durant lequel on poétise la femme, on divinise sa chair inaccessible, on vit dans une attente farouche du miracle amoureux.
Tant qu'on vit, on s'instruit et pourtant on meurt bête.
Plus tu seras honnête plus on dira que tu simules.
- Tu sais ce qu'on trouve quand on cherche du sang ? - Quoi ? - Du sang.
Quand il suffit d'un rien, on n'a pas besoin de grand-chose.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ; On a toujours raison, le destin toujours tort.
On dort mieux quand on essaie pas de cacher quelque chose.
La mort et la vie sont au pouvoir de la langue et c'est à la parole que l'on reconnaît la sagesse.
Quand on aime, on est toujours saoul, ou bien c'est de trop ou bien c'est de manque !
Une vie sans lecture est une vie que l'on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu'elle retient.
Contrairement à ce que l'on imagine, l'idée de la modernité n'est pas liée au tricotage de la prose. Fond et forme sont inséparables, écrire plat, c'est écrire faux.
On ne sait jamais si l'on a bien agi envers les hommes. Il faut les adorer sans chercher à les comprendre. Leur sagesse est mystérieuse.
On préfère plutôt regarder les fleurs pousser que d'être jardinier.
On oublie souvent de dire que les meilleurs créneaux sont ceux des châteaux forts.
Il suffit de ne plus jamais décrocher quand ça sonne, et soudain l'on devient très important.
L'argent est la racine de tous les maux, et pourtant c'est une racine si utile qu'on ne peut pas plus s'en passer.
Changer de métier n'est rien, mais renoncer à ce qu'on sait, à sa propre maîtrise, n'est pas facile.
Attendez qu'on dise à Will que Jennifer Hayes a pleuré à son enterrement.
Le mal seul fait remarquer et apprendre et permet de décomposer les mécanismes que sans cela on ne connaîtrait pas.
Rien ne vaut d'être dit en poésie que l'indicible, c'est pourquoi l'on compte beaucoup sur ce qui se passe entre les lignes.
Le plaisir est comme une fleur : on le cueille et il meurt au bout de quelques heures.
On n'est jamais si bien traité que par soi-même.
La cabaret c'est un laboratoire, on ne peut pas être plus proche du public. Le cabaret ne triche pas, il est juste et impitoyable, il apprend l'efficacité, l'assurance.
Echafaud - S'arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir.
Être franc c'est-à-dire marcher sur les pieds des autres en le faisant exprès... A combien de calottes, de gros mots, etc., on s'expose.
On dit que l'erreur est humaine mais pas toutes, mes enfants, pas toutes...
On est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance.
Si l'on supprimait l'oedipe et le mariage, que nous resterait-il à raconter ?
Dans la vie, il faut être heureux avec ce que l'on a sans s'en contenter.