Nous vivons une époque où l'on se figure qu'on pense dès qu'on emploie un mot nouveau.
Il y a deux sujets dont on ne peut parler avec autorité qu'après expérience : Dieu et l'amour. Comme il faut bien attendre de mourir pour faire l'épreuve de Dieu, reste l'amour.
On intervient toujours trop tôt dans la vie des autres.
Quand on met le pied dans les idées générales, on glisse.
On ne choisit pas sa carrière ; elle s'empare de nous.
On puise chez ses ennemis des forces qui vous aident à progresser.
On dit beaucoup qu'en politique, il ne faut pas faire de querelles de personnes. Mais alors, quoi d'autre ?
Le plus souvent on réussit non par ce qu'on fait, mais par ce qu'on ne fait pas.
Devoirs : les autres en ont envers vous, mais on en n'a pas envers les autres.
On veut une solution. Oh ! orgueil humain. Une solution ! Le but, la cause ! Mais nous serions Dieu, si nous tenions la cause.
Les vengeances tardives n'ont pas la saveur qu'on leur imagine, parce qu'elles ont moisi.
Il y a trois catégories de films : les gros budgets, les petits budgets, et ceux sur lesquels on ne peut pas se permettre le moindre gâchis.
Il ne faut point vouloir juger. On peut à peine comprendre son prochain. En se penchant sur son semblable tout n'est que reflets ou leurre, vu que chaque homme a sa vérité propre et qu'aucune vérité n'est de ce monde.
Tu veux te sentir en sécurité chérie, tu veux qu'on te fasse des pancakes.
Je ne crois pas à la réparation. Je dirais plutôt qu'on apprend à vivre avec soi.
Ce qui est bien dans le métier d'acteur, c'est qu'on peut vivre dans la peau d'un autre sans avoir à en payer le prix.
La conscience de l'homme est une chose étrange, comme un feu que l'on croit éteint et qui se réveille.
L'ennui est la grande maladie de la vie ; on ne cesse de maudire sa brièveté, et toujours elle est trop longue, puisqu'on n'en sait que faire.
Autopsie : elle permet aux autres de découvrir ce qu'on n'a jamais pu voir en soi-même.
Toutes les femmes sont fatales ; on commence par leur devoir la vie, elles finissent par causer notre perte.
En général, il faut se redresser pour être grand : il n'y a qu'à rester comme on est pour être petit.
L'espérance est le bien qu'on dépense le plus et qu'on épuise le moins.
Il en est du mérite comme de l'innocence : il se perd dès qu'on s'en repaît.
Si l'on retranchait du patriotisme de la plupart des hommes la haine et le mépris des autres nations, il resterait peu de choses.
Lorsque l'on se défait d'un vice, on s'éprend d'un autre.
La poésie, c'est un peu comme la blédine. On aime ça avant de pouvoir en parler.
Il n'y a que dans ces courts instants où la femme ne pense plus du tout à ce qu'elle dit, que l'on peut être sûr qu'elle dit vraiment ce qu'elle pense.
La couche nuptiale est l'asile des soucis ; c'est le lit où l'on dort le moins.
C'est rare qu'on se sente heureux. C'est encore plus rare qu'on se sache heureux.
On écrit souvent son premier livre comme un testament.
Il faut avoir le courage de regarder la mort en face : elle est là aussi dans la bêtise, les faiblesses, la laideur des autres, mais si on insiste un peu, ces mauvaises apparences se lèvent et c'est la vie qui apparaît.
La nuit : combien elle pourrait être quelque chose de merveilleux si on savait l'approcher, se l'annexer.
En parcourant un livre de médecine, on s'imagine avoir toutes les maladies qu'il décrit, de même, en lisant l'ouvrage d'un moraliste, on découvre tous les travers qu'il signale... mais chez les autres !
Non seulement les auteurs n'acceptent que des éloges, mais encore ils exigent qu'on ne dise que la vérité. Comment faire ?
On ne connaît, de chaque littérature étrangère, que ses rapports avec la politique.
N'est-il pas évident qu'à chaque fois qu'on se force on s'affaiblit.
On rêve d'un rêve.
L'hétérosexualité c'est aussi naturel que l'enclos électrique dans lequel on parque les vaches.
Y a des silences qui disent beaucoupPlus que tous les mots qu'on avoueEt toutes ces questions qui ne tiennent pas debout.
Une femme doit toujours s'habiller pour qu'on se souvienne d'elle, pas simplement pour qu'elle se fasse remarquer.
Quand on sait que l'adversaire arrive au point faible du dossier qui risque d'embarrasser la défense, il faut faire diversion parfois de façon banale : faire tomber son stylo et le chercher ostensiblement. L'attention est détournée. Le fil est rompu. Mais il faut le faire intelligemment. Là, j'y étais « pour mon compte » !
Comment pourrait-on mesurer le travail, le bonheur, la vie, si l'on pouvait ramasser l'or à la pelle, comme de l'argile?
Ce qui est effrayant dans la mort de l'être cher, ce n'est pas sa mort, c'est comment on en est consolé.
Quand se décidera-t-on à prendre au sérieux les comiques ?
Quand on fait l'andouille, on finit toujours par être mangé...
On peut faire très sérieusement ce qui vous amuse, les enfants nous le prouvent tous les jours...
Les mondanités consistent à parler, quand on n'a rien à dire, avec des gens qu'on n'est pas obligé de rencontrer.
On fait tout ce qu'on veut. Cela se dit quand on l'a fait et qu'on vous a laissé faire.
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
On ne connaît vraiment l'amitié qu'à l'usure.