Un slow, c'est le degré zéro de l'inspiration : comme une lettre où on mettrait seulement : Je t'aime.
On ne pleure jamais tant que dans l'âge des espérances ; mais quand on n'a plus d'espoir, on voit tout d'un oeil sec, et le calme naît de l'impuissance.
Quand on aime la vie, on dort.
On rit par occasion ; mais on n'est pas rieur par état.
C'est le train des choses, les obsessions du dieu Boulot. On ne comprend rien au monde moderne tant qu'on ne s'est pas appliqué un peu de métro quotidien sur la viande.
La vérité n'est pas un ensemble de faits qu'on peut énumérer. C'est un paysage nocturne à travers lequel on voyage.
On m'a dit que j'étais la troisième personne la plus connue au monde. J'en suis encore étonné. Je dois avoir une tête qui marque!
Il n'y a d'autre savoir que de savoir qu'on ne sait rien, mais on ne le sait qu'après avoir tout appris.
Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls.
Avez-vous remarqué comme on est bête, quand on est beaucoup ?
Quand on vieillit, les colères deviennent des tristesses.
Pour le diplomate, le dernier mot de l'astuce est de dire la vérité quand on croit qu'il ne la dit pas, et de ne pas la dire quand on croit qu'il l'a dit.
Quand il gèle et qu'on n'a pas de gants, on supporte l'alliance.
On n'en veut pas tant à un automobiliste de ses entourloupettes sur la route qu'à soi-même de n'en avoir pas eu le premier l'idée...
Je m'interdis de manger quoique ce soit qui marche, court, saute, sautille ou rampe. Dieu sait que parfois j'ai rampé et je suis heureux qu'on ne m'ait jamais mangé.
Les morts sont toujours grands. Ce n'est pas sans conséquence : on pourrait en déduire que, pour être petit, il faut être vivant.
Un des plus beaux présents que la nature puisse faire à un comédien, c'est la mémoire : si elle lui est infidèle, le personnage qu'il représente disparaît ; on ne voit plus que l'acteur.
Est-ce vouloir dépasser ses propres forces que de vouloir être ce que l'on est ?
Il ne suffit pas d'etre heureux, encore faut-il savoir qu'on l'est.
Je ne sais ce que c'est des principes, sinon des règles qu'on prescrit aux autres pour soi.
Une fois que l'on a mangé le gruyère, que deviennent les trous ?
On ne parle jamais de l'intelligence d'une mère, comme si c'était amoindrir son affectivité, la distancer. Mais l'intelligence, c'est : tout ce qui nous permet de vivre souverainement avec un être.
L'enthousiasme des oies pour les hautes eaux est fort subtile, qui ne peut s'apprécier à sa juste valeur que si l'on a l'habitude de leurs commérage ; Mais l'enthousiasme des carpes est tellement visible qu'il est impossible de passer à côté.
C'est avec de l'appât qu'on prend la truite.
On apprend par l'étude ce qu'on veut savoir; mais ce n'est que par la pratique de la science que l'on sait ce qu'on a appris.
Quand on est trop raisonnable on ne comprend rien à la folie.
On est ce qu'on choisit d'être.
- Patrick, on devrait le faire. - Faire quoi ? - Se marier, faire un beau mariage. - Non je regrette, j'ai beaucoup trop de boulot !
On devrait pouvoir se laisser bercer, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours emmené au large.
Les lois sont comme les proverbes : on en trouve toujours une qui justifie la violation de l'autre.
Si la connerie était de l'essence, on pourrait se passer des Arabes.
Plus on les fait languir, plus elles filent doux. A moins qu'elles ne filent ailleurs.
Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.
Il y a parfois des gens qui sont sourds jusqu'à ce qu'on leur coupe les oreilles.
A mesure qu'on avance dans la vie, l'amour de la société croît en vous avec le mépris des hommes.
Comme c'est fatiguant de rester à la même place, on finit toujours par avancer.
On manque le but aussi bien en dépassant la marque qu'en ne l'atteignant pas.
Il n'y a souvent que le blasphème pour exprimer ce en quoi on a foi.
On peut tout faire avec des mayonnaises, sauf s'asseoir dessus.
Les Allemands, dit-on, sont le premier peuple du monde au point de vue du sens artistique et de l'esprit scientifique. Certes ! Seulement il n'y a que très peu d'Allemands.
On dit qu'il faut s'efforcer de retrancher tous les jours de nos besoins. C'est surtout aux besoins de l'amour-propre qu'il faut appliquer cette maxime. Ce sont les plus tyranniques, et qu'on doit le plus combattre.
On croit que les féministes trop radicales haïssent les hommes mais ce qu'elles détestent en réalité ce sont les femmes qui savent vivre avec eux.
Les relations humaines sont bizarres. J'veux dire, on est avec quelqu'un pendant un certain temps, on mange, on dort, on vit avec cette personne, on l'aime, on lui parle, on sort avec elle, et soudain c'est fini.
On naît tous avec un certain fonds de folie à dépenser ; heureux qui le dépense en détail dans sa jeunesse !
On chuchote à l'Assemblée : je me suis mouillé dans une affaire, je suis complètement à sec, j'ai besoin de liquide.
Il est des morts qu'il faut qu'on tue !
On n'a pas converti un homme parce qu'on l'a réduit au silence.
Un vice est comme un amour, il n'y a rien qu'on ne lui sacrifie.
La honte que cause l'amour est comme sa douleur : on ne l'éprouve qu'une fois. On peut encore la feindre après ; mais on ne la sent plus. Cependant le plaisir reste, et c'est bien quelque chose.
A quoi bon fuir ? Oui, à quoi bon ? Puisque nul ne peut se quitter lui-même. Toute la sagesse de vivre tient là-dedans : savoir qu'il faut en sortir mais qu'on ne peut pas partir...