Quand un ministre s'exprime à la télé, on a toujours l'impression qu'il commence à s'excuser.
Comme l'idée de devoir s'obnubile et se perd, quand on fouille sa conscience et qu'on découvre avec horreur que l'être humain ramène toujours tout à soi et ne cherche en somme qu'à se béatifier.
En parcourant un livre de médecine, on s'imagine avoir toutes les maladies qu'il décrit, de même, en lisant l'ouvrage d'un moraliste, on découvre tous les travers qu'il signale... mais chez les autres !
Il faut avoir de grosses illusions bien grasses : on a moins de peine à les nourrir.
Non seulement les auteurs n'acceptent que des éloges, mais encore ils exigent qu'on ne dise que la vérité. Comment faire ?
Il y a trois catégories de films : les gros budgets, les petits budgets, et ceux sur lesquels on ne peut pas se permettre le moindre gâchis.
Les relations humaines sont bizarres. J'veux dire, on est avec quelqu'un pendant un certain temps, on mange, on dort, on vit avec cette personne, on l'aime, on lui parle, on sort avec elle, et soudain c'est fini.
Un parapluie ne sert à rien quand on a les pieds dans la boue.
Rien ne sert de haïr lorsque l'on peut aimer, Mais rien ne sert de rire lorsque l'on veut pleurer.
Être, c'est être la somme de tout ce qu'on a été.
Ce qui est effrayant dans la mort de l'être cher, ce n'est pas sa mort, c'est comment on en est consolé.
On aime sans raison, et sans raison on hait.
On ne vous en voudra jamais d'être trop poli.
Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus.
On peut vénérer Dieu profondément et ne pas croire à son existence.
Là où on a chaud au coeur, là est la patrie.
A force de prendre dans la huche sans rien y mettre, on en trouve bientôt le fond.
On ne résiste à rien plus difficilement qu'à la tentation de pénétrer dans l'espace intérieur d'un être.
L'ordre et la sagesse. Parce que l'un ne va pas sans l'autre : on maintient l'ordre pour que les gens soient sages.
On n'est jamais vraiment vaincu que le jour où l'on croit l'être.
On a tort d'apprendre aux enfants que tous les problèmes n'ont qu'une et une seule solution...
Qu'importe le bonheur quand on n'a point la joie !
Une fois que l'on a mangé le gruyère, que deviennent les trous ?
Approcher Autrui, c'est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l'on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l'unité de l'approche et de la proximité.
Si franc qu'on le suppose, le rire cache une arrière-pensée d'entente, je dirais presque de complicité, avec d'autres rieurs, réels ou imaginaires.
Quand on est mort, on est mort. En attendant, on a la crème glacée.
C'est agréable d'avoir de l'esprit ; on a toujours quelque bêtise à dire.
Les têtes d'assassin, on ne les reconnaît qu'une fois dans le panier. Et encore pas toujours !
L'amour vrai suscite la haine. On le reconnaît à cela.
Toutes les femmes sont fatales ; on commence par leur devoir la vie, elles finissent par causer notre perte.
Les corporations conservent, parce qu'elles sont faites pour conserver ; mais elles n'inventent pas, parce qu'on n'invente pas en corps. Tous perfectionnent ce qu'un seul invente.
On oublie, dans le classement des grands événements ayant marqué le millénaire, d'inclure la vogue des classements.
En amour, il n'y a ni vice ni vertu. C'est un combat où l'on sort toujours à la fois vainqueur à la fois vaincu. Mais ce qu'il y a de plus terrifiant lorsqu'on cherche la vérité en amour, c'est qu'on finit toujours par la trouver.
On ne choisit pas l'amour. C'est lui qui nous prend, nous subjugue, nous arrache à nous-mêmes. A-t-on du mérite à se donner quand on ne peut pas faire autrement.
Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l'on peut d'avance être sûr d'échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l'art d'éduquer les hommes et l'art de gouverner.
Il faut avoir le courage de regarder la mort en face : elle est là aussi dans la bêtise, les faiblesses, la laideur des autres, mais si on insiste un peu, ces mauvaises apparences se lèvent et c'est la vie qui apparaît.
La mort, c'est comme l'amour, on ne sait jamais quand elle va vous perdre.
Il arrive parfois que ce soit en tirant les conséquences des évidences les plus évidentes que l'on découvre les vérités les moins évidentes.
La nature n'est pas définitive : on peut toujours lui ajouter.
En de certaines occasions, on négocie son avenir avec le passé.
Mais c'est mal aimer ceux qu'on aime que de vouloir faire leur bonheur malgré eux.
Le progrès humain consiste à préserver et même à développer l'énergie vitale, mais en l'appliquant à des fins qui apportent une satisfaction de plus en plus complète aux « impératifs » de la raison et de la conscience personnelle, et, par conséquent, à ces idéaux collectifs qu'on appelle la liberté, la fraternité, la justice.
L'homme qui choisit le Mal est-il, peut-être, en un sens, meilleur que celui à qui on impose le Bien ?
Casino : Pour qu'il n'y ait pas confusion entre les enseignes, les grandes surfaces ferment à l'heure où ouvrent les établissements de jeux. Dans le premier cas, on en repart les poches vides et le Caddie plein. Dans le second, pas plus riche mais condamné à mourir de faim.
Ce n'est pas parce qu'il y a eu la grande tragédie du Bataclan, que la musique s'est arrêtée. On continue la musique et on continuera le dessin.
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
La télévision deviendra majeure lorsque l'on établira les programmes en fonction des idées et non des moyens.
C'est à la peur qu'il surmonte qu'on mesure le courage.
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
Tout le monde est critique littéraire, de nos jours. Si on n'aime pas un livre, on menace l'auteur. Il y a une certaine logique dans cette façon de voir. Faire payer ce salaud pour ce qu'il vous a infligé.