Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
Bec : on le clou sans marteau.
Il en est des bêtes comme des hommes, on ne peut pas en aimer plusieurs.
Je m'interdis de manger quoique ce soit qui marche, court, saute, sautille ou rampe. Dieu sait que parfois j'ai rampé et je suis heureux qu'on ne m'ait jamais mangé.
La sécurité a du bon... la lutte aussi, surtout quand on en sort vainqueur.
Onze ans, on questionne tout, les réponses n'arrivent pas à hauteur des doutes.
On fait des promesses quand on sent le besoin d'affirmer, de solidifier des sentiments que l'on craint de perdre.
La route du passé se mesure par les morts qu'on a laissés tout au long.
L'ordre et la sagesse. Parce que l'un ne va pas sans l'autre : on maintient l'ordre pour que les gens soient sages.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
Il est plaisant qu'on ait fait une loi de la pudeur aux femmes, qui n'estiment dans les hommes que l'effronterie.
Parmi tout ce qu'on peut essayer dans cette vie, rien n'égale ni ne surpasse l'art de mourir.
Ce qui est dommage avec les dictionnaires, c'est que quand on en a lu un, on les a tous lus.
A force d'aller au fond de tout, on y reste.
La femme ne voit jamais ce que l'on fait pour elle : elle ne voit que ce que l'on ne fait pas.
Mon fils, étudies, car petit comme tu es, même à la police on ne te veut pas !
On m'appelait le boss. Je me prenais pour un roi. Mais je sentais que le costume était trop grand pour moi. Toujours cette timidité maladive...
Je crois que parfois j'intimide les gens. On m'a dit ça. Mais je sens que je suis la personne la moins intimidante possible.
On peut tout quitter sauf ses obsessions.
Comme on connaît ses seins, on met un soutien-gorge.
Plus on les fait languir, plus elles filent doux. A moins qu'elles ne filent ailleurs.
Du moment que le bonheur, c'est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l'ennui.
Tout sentiment qu'on n'éprouve plus est un sentiment dont on n'admet point l'existence.
En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu'on ne saurait empêcher.
Par le silence on atteint ses demeures. Mais celui qui prend, celui qui donne perd ses demeures.
Quand on se replie sur soi-même, on risque fort de ne plus voir où l'on va.
Quelque effort qu'on y mette, il est difficile de résister à soi-même.
C'était ça une interprète, juste un instrument... "Interprètre" ? Merveilleuse faculté de pouvoir donner ce qu'on ne possède pas.
C'est pas parce qu'on y voit double qu'à la fin on y voit mieux.
Un petit garçon n'a besoin ni de montre ni de calendrier. Il passe à table quand on l'appelle, va se coucher quand on lui dit. Les heures, les jours, les années ne portent pas de numéro.
Les mots bonne journée sont des mots qu'on a usés, qui n'ont plus de sens, plus de goût, comme les escalopes de dinde industrielle du supermarché.... Si vous avez envie que je passe une bonne journée, ne dîtes rien. Souriez-moi.
Le meilleur des mondes n'est pas celui où l'on obtient ce que l'on désire, mais un monde où l'on désire quelque chose.
Si l'on considérait une théorie comme parfaite et si l'on cessait de la vérifier par l'expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine.
Je crois qu'on ne peut pas être acteur si on n'a pas eu le sentiment d'être abandonné dans l'enfance.
On soigne un corps qui abrite une âme. Quand celle-ci est torturée par des pensées, comment le corps peut-il être pansé ?
Les autres me parlent de faire un stade de France ou la tour Eiffel mais c'est non. Je serai centenaire et c'est tout... On ne va pas aller plus loin !
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je n'ai pas le temps de regarder pousser les fleurs ! Pourtant j'aimerais bien.
J'aime qu'on me fasse des remarques, j'aime la critique, j'aime avancer donc je ne vais pas rester sur des acquis.
On comptait. Même si ce n'était que les uns pour les autres.
Quand on va vraiment mal, se passer de docteur est parfois un remède insuffisant.
Ce n'est pas tellement de liberté qu'on a besoin, mais de n'être enchaîné que par ce qu'on aime.
C'est surtout en prison qu'on croit à ce qu'on espère !
On se lasse de tout, de tous, même de soi-même. Non sans toutefois se plaindre de la brièveté de la vie.
Si tu veux connaître l'essence d'une civilisation ou d'une époque, vois comment on y assassine son prochain.
On ne résiste à rien plus difficilement qu'à la tentation de pénétrer dans l'espace intérieur d'un être.
Quand on est vieux, chaque jour a valeur d'éternité.
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
Quand on a épuisé tous les possibles, que reste-t-il ? L'impossible.
C'est drôle, les familles. Elles se veulent éternelles, et dans un sens elles le sont : on n'y change plus jamais de la vue qu'on y a des enfants, même quand ils grandissent.
On a le droit de tout : de jardiner, d'écouter la radio, de faire l'amour, de faire la sieste, de lire une bande dessinée, avachi dans un fauteuil. Mais la télé, la vraie télé, c'est mal.