On ne prend pas une femme par le raisonnement. On ne la prend pas par la prière. On la prend.
Plus on fait de choses, plus on a de temps pour en faire. Moins on en fait, moins on en a : les oisifs n'ont jamais une minute à eux.
Les plus sages ne jettent leur bonnet par-dessus les moulins que quand on leur a mis en poche de quoi en acheter deux autres.
Dans le monde, on épouse une femme, on vit avec une autre, et l'on n'aime que soi.
L'ignorance nous force à des actions dont on ne comprend ni les causes ni les effets.
On sort de l'enfance comme d'un pays. On ne revient pas en arrière.
C'est dans le mépris du lecteur qu'on fait des oeuvres qui le respectent.
De la notion que l'on a de Dieu dépend de la manière de concevoir la destinée de l'homme.
La vie nous donne ce qu'on en attend, mais ailleurs, autrement, et à contretemps.
La chance ne favorise personne. On a chacun sa part, voilà tout.
La vie mérite qu'on lui donne sa vie.
Les femmes dont on sollicite les faveurs sont comme les énigmes dont on cherche le mot : dès qu'on les a devinées, on les oublie.
On peut toujours se baisser pour ne rien ramasser.
L'asile d'aliénés : un lieu où l'on crée les fous.
Comment n'aimerait-on pas l'argent ? Il faudrait n'aimer rien, puisque l'argent mène à tout.
Si l'on parvient à expliquer son instinct, c'est que celui-ci est réduit à l'impuissance.
La réalisation d'un film est une aventure si épuisante et si débilisante que, si l'on n'est pas convaincu d'avoir rencontré un sujet qui touche à la fois l'esprit, l'âme et l'oeil, il vaut mieux rester chez soi lire des livres.
Soyons sérieux, on n'est pas pour l'avortement, pas plus qu'on est pour la guerre. Mais parfois, il faut faire la guerre.
S'il y avait un dollar au fond de l'enfer, on trouverait un Yankee pour l'y aller chercher.
J'ai compris très jeune qu'une vie où on ne tente pas de réaliser tout son potentiel, parce qu'on passe son temps à hésiter, à avoir peur ou à refuser les expériences, est une vie gâchée.
Aujourd'hui, le rugby tamponne beaucoup, on voit surtout des collisions entre des grands costauds, alors que le jeu d'antan avait ses ogres et ses lutins.
On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans.
Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C'est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c'est notre sanctuaire moderne, la Rue.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.
Avoir l'expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n'est jamais comparable à la nôtre.
Si au lieu d'interpréter les faits, on se contentait d'en tenir compte, tout irait moins mal dans les familles et les états.
Comme tout irait mieux si on donnait le pouvoir à ceux qui ont la flemme de le prendre.
Dès que l'on commence à épier son corps, le vieillissement a commencé.
Quand on s'est fait connaître en choquant, on ne peut plus choquer qu'en ne choquant plus.
De la vallée, on voit de grandes choses. Du sommet du pic, on n'en voit que de petites.
Si l'on boit cinq Bailey's puis un verre de Schweppes, on a l'estomac qui explose.
Pour courir, on n'a souvent besoin que d'un but.
Il n'y a qu'en criant juste qu'on peut faire taire ceux qui chantent faux.
Plus encore que dans les autres métiers, si on n'existe pas dans celui-ci, on n'existe pas dans la vie.
Faire le bien autour de soi. Question de périmètre. Moins il est étendu et plus on se fait de bien à soi-même.
Rien ne sert de courir si on ne sait où se cacher.
Quand la cornemuse est pleine, on en chante mieux.
Nous avons un manque d'harmonie dans nos natures. On ne peut pas vivre ensemble sans se blesser.
- Elle a simplement voulu aider cette pauvre Emily. - Je crois que cette pauvre Emily en a assez qu'on l'appelle « cette pauvre Emily ».
On devient moral dès qu'on est malheureux.
On apprend plus par ce que les gens disent entre eux ou par ce qu'ils sous-entendent, qu'on pourrait le faire en posant bien des questions.
Les seuls regrets doivent naître des choses que l'on n'a pas pu accomplir.
On ne peut composer qu'avec soi-même, on est son propre matériau.
Les plus beaux vers sont ceux qu'on n'écrira jamais.
On connaît son avenir tout autant que son passé, mais on préfère vivre comme si on ne connaissait ni l'un ni l'autre.
Se souvenir, c'est prouver qu'on est deux.
Dieu ? On peut demander à l'homme de croire à l'impossible, mais non à l'improbable.
Les bals les plus réussis sont ceux dont on parle le plus sans y être allé.
Il ne faut jamais craindre que les maux qu'on peut éviter. L'amertume de ceux qui sont inévitables s'augmente par la peur que nous en avons.
On peut passer une vie entière à côté du sexe, en ne rêvant qu'à ça.