On n'est jamais si éloquent sur la paix que lorsqu'on vient de gagner une guerre.
On arrive à un certain point de la vie et puis il est trop tard pour changer.
On n'a pas trop d'une vie pour se comprendre. Le défaut, c'est de vouloir descendre en profondeur.
Quand on me dit qu'une personne est arrivée, je suis tentée de demander où, et par quels moyens, et dans quel but ! Seuls se félicitent ceux qui se savent incapables d'aller plus loin.
On peut tout savoir sur la cellule nucléaire et être atteint de cécité galopante en ce qui concerne ses plus proches.
On a les qualités qu'on veut avoir.
La vie, c'est un tiroir-caisse, on y trouve ce que l'on y met.
Si l'on veut de la solidarité sociale, il faut qu'on ait, soit un ennemi extérieur, soit une minorité opprimée.
Vieillir mal - et il est rare qu'on vieillisse bien - c'est sentir monter en soi la haine contre cet étranger qui s'installe et prend peu à peu la place du jeune homme ou de la jeune fille qu'on a à peine eu le temps d'être.
On ne peut pas se dérober, quand il s'agit de servir son pays.
L'éducation est une chose admirable, mais il est bon de se rappeler de temps en temps qu'on ne peut rien enseigner qui mérite d'être connu.
Ne pas croire au hasard et s'administrer une gifle matin et soir, en se rappelant qu'on n'est jamais trop prudent et qu'abondance de biens peut nuire.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
L'admiration est un sentiment qu'on éprouve quand on se regarde devant un miroir.
Le fait est, on dirait, que tout ce qu'on peut espérer c'est d'être un peu moins, à la fin, celui qu'on était au commencement.
L'amour, cette lampe que l'on déplace pour trouver une ombre nouvelle.
Cette émulation à inventer des routes plus légitimes vers une mort qu'on l'on a dans sa poche depuis l'âge de raison.
La pudeur qu'on prête aux femmes pimente la moindre liberté de leurs gestes.
On n'a pas le droit de mourir vieux, malade ou noyé parce que c'est dégoûtant pour les autres.
A vouloir tout mener de front, on n'est bon nulle part.
On peut défaire n'importe quel bonheur avec un grain de bonne volonté.
C'est fou ce qu'on peut passer de temps dans une vie d'homme, à vouloir éteindre des passions !
Tout est femme dans ce qu'on aime ; l'empire de l'amour ne connaît d'autres bornes que celles du plaisir.
A marcher sur une corde raide, on finit toujours un jour ou l'autre par se casser la figure.
En se conformant à la coutume on passera toujours pour un honnête homme. On appelle gens de bien ceux qui font comme les autres.
On ne peut pas avancer si on n'est pas subversif.
Le pire, chez les militaires, c'est qu'on dirait des enfants, tout l'honneur que leur rapportent les guerres se résume en une chose : pouvoir les expliquer.
On est responsable de l'époque où on vit, de la situation où on est. J'ai toujours cru qu'un intellectuel doit intervenir dans la société.
Ce qu'on appelle la vie n'est qu'un bref épisode entre deux grands mystères qui n'en font en fait qu'un seul.
On ne peut créer la surprise avec un plat qu'une seule fois.
Le mensonge n'est pas haïssable en lui-même, mais parce qu'on finit par y croire.
On court après le bonheur, et l'on oublie d'être heureux.
On passe souvent de l'amour à l'ambition, mais on ne revient guère de l'ambition à l'amour.
Les femmes ! Ah ! Les femmes ! Elles sont comme l'argent : on aimerait pouvoir les jeter par la fenêtre.
Quand on veut faire de l'esprit, il arrive qu'on mente un peu.
On pleure infiniment plus en son coeur que dans les yeux ou sur les joues. Les larmes du dedans rongent. Les autres, paraît-il, soulagent plutôt qu'elles ne rongent.
Le Beau peut durer toujours : il est sa propre trace. On parle de lui et de ceux qui l'ont servi.
Dieu a construit le monde en une semaine et comme on n'a pas voulu le payer, il a rajouté les maladies.
Le plus grand des affronts est celui qu'on reçoit lorsque ce qu'on a avancé est connu publiquement pour faux.
A l'aventure met-on ses oeufs à couver.
En multipliant les chaînes sans "business model", on multiplie les désastres économiques.
On s'imagine toujours et à n'importe quel âge, qu'on sera vieux dans quize ans.
- Ah l'amour... - Tu crois en l'amour ? - Ouais, et même au cancer ! - C'est deux maladies ? - On peut dire ça...
La littérature bouleverse des vies quand on rencontre le livre qui donne envie de lire.
On est dédommagé de la perte de son innocence par celle de ses préjugés.
On sort avec les maigres, on rentre avec les grosses.
Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l'étrange peur qu'on arriverait un jour à ne plus être triste...
Il est difficile de ne pas s'exagérer le bonheur dont on ne jouit pas.
On n'est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu'on se l'imagine.
C'est au moment où l'on triche pour le beau que l'on est artiste.