On ne peut pas, au nom de la culture, figer les choses ! Sinon ça devient de l'archéologie.
On ne peut parler d'amour et de théâtre qu'à bâtons rompus.
On change plus facilement de religion que de café.
On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses.
Tant d'hommes qu'on croit heureux parce qu'on ne les voit que passer.
Il suffit parfois d'aimer un peu moins ce qu'on aime pour éviter de le haïr.
Les bonheurs sont comme le gibier, quand on les vise de trop loin, on les manque.
Le monde, c'est la trop lourde présence des choses où l'on sent parfois la trop vive absence de Dieu. Le désert, c'est la trop dure absence des choses où l'on sent parfois la trop douce présence de Dieu.
Comme elle est longue à vivre, la quête de l'existence, quand on n'a pas de dieu qui la dirige.
Quêter l'amour des autres, quand on n'a rien à lui offrir en retour, n'est-ce pas une malhonnêteté ?
La véritable liberté, c'est lorsqu'on est libre vis-à-vis de soi-même.
L'argent, pour les personnes âgées, c'est tout le contraire des maladies : on ne veut en parler à personne.
Le mot importuner ? Son sens dépend beaucoup du nombre de litres qu'on a bus.
Si le vase n'est pas propre, tout ce qu'on y verse aigrit.
Lorsque l'on aime, ou bien l'on n'a point de peine, ou bien l'on aime jusqu'à sa peine.
L'amour est un commerce orageux qui finit toujours par une banqueroute ; et c'est la personne à qui on fait banqueroute qui est déshonorée.
Avec des si, on scierait.
Puisque l'on connaît le passé et que l'on vit au présent, pourquoi ne pourrait-on pas croiser l'avenir en rêve ?
Si l'on considérait une théorie comme parfaite et si l'on cessait de la vérifier par l'expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine.
Tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques, commencent par un livre. Ils prendront fin lorsqu'on écrira beaucoup plus de livres.
Il faut que cet homme soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande.
Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve.
C'est une misérable chose que de penser être un maître si l'on n'a jamais été élève.
Qu'est-ce que l'inspiration ? C'est d'avoir une seule chose à dire, que l'on n'est pas fatigué de dire.
Etre père, c'est prétendre que le cadeau qu'on préfère c'est un cendrier en terre cuite.
On a tout à gagner, quand on est sage, à ne point le paraître.
Quand on est vide d'amour on n'a qu'à se remplir de haine, comme ça tout va mieux.
Entre l'argent et les idées, ces dernières ont rarement le dessus et bien vite on n'a plus qu'une idée : avoir plus d'argent !
La Bible assure que lorsque Dieu eut fabriqué l'homme et la femme, il en pleura. Comme on le comprend !
On ne naît plus roturier. On le devient. A titre exceptionnel. N'est pas roturier qui veut.
Le drame quand on est président, c'est que si on entreprend de résoudre les problèmes, on n'a plus le temps de gouverner.
On mène une carrière selon qui l'on est ou qui l'on aimerait être.
On ne dira jamais assez le mal que les 35 heures ont fait à notre pays. Comment peut-on avoir cette idée folle de croire que c'est en travaillant moins que l'on va produire plus de richesses et créer des emplois.
On perd trois choses au jeu de boule : son temps, son argent et ses jurements.
Les médias sont ainsi. Il suffit de dire que vous avez «moins le temps» de lire pour que l'on dise que vous ne lisez pas
Lorsqu'on ne souhaite pas être convaincu d'une chose, on trouve toujours des raisons d'en douter.
On ne conserve pas des valeurs. On les transcende sans cesse. Sinon, elles meurent d'elles-mêmes.
Se marier à l'église et à la mairie, c'est ficeler un paquet avec un double noeud. On a tellement peur que ça ne tienne pas !
Dès qu'on s'aperçoit qu'un acteur veut à toute force vous faire rire, il cesse d'être comique, pour devenir risible.
On ne peut absoudre celui qui ne se repent pas.
Nous avons beaucoup d'écrits où l'on se refuse à convenir qu'il existe un Dieu. Mais nul athée, tant que je sache, n'a réfuté de façon probante l'existence du diable.
Le golf est zen quand on laisse à d'autres le soin d'y jouer.
Ne dit-on point d'une chose qui fait plaisir, qu'elle en vaut la peine ?
Avec les femmes, c'est toujours la même chose ; d'abord au bras, puis dans les bras, puis sur les bras. Avec elles, on va à chaque fois des petits mots aux grands mots et enfin, aux gros mots.
Jamais aucun triomphe n'est à ce point décisif, l'on n'aboutit jamais à de l'absolu.
A force de bouffer des conservateurs, on finira par plus pourrir dans le cercueil.
L'ennui, quand on est petit, c'est qu'on raconte sa vie en moins de deux.
Il est beau de tenter des choses inouïes, Dût-on voir par l'effet ses volontés trahies.
La beauté n'est pas quelque chose dont on puisse convaincre un tiers.
Dans cette vie, on ne peut pas réaliser de grandes choses. On ne peut que faire de petites choses avec beaucoup d'amour.