L'abîme de l'éternité nous hante. Ainsi, s'interroge-t-on : nos actes retentiront-ils à travers les siècles ? Des inconnus entendront-ils notre nom bien après notre mort et se demanderont-ils qui l'on était, si l'on bataillait avec bravoure, et si l'on aimait avec fougue ?
Il n'y a qu'en France qu'on a des manifs qui ne servent à rien.
Si il n'y a pas d'émotion, si il n'y a pas de choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre une photo, c'est la photo qui nous prend.
On ne sait jamais ce que deviennent les paroles que l'on profère, les phrases que l'on écrit.
Comme ça à se regarder Chacun de chaque côté On a l'air de mérous Coincés dans l'aquarium.
Ce qu'on nomme culture consiste, pour une partie des intellectuels, à persécuter l'autre partie.
On dirait que la douleur donne à certaines âmes une espèce de conscience. C'est comme aux huîtres le citron.
Blé, céréale dont on arrive, non sans peine, à tirer un assez bon whisky et qu'on utilise pour faire du pain.
Moins on parle, et bien souvent mieux on pense.
Il n'y a rien qui soit plus menaçant que le bonheur, et chaque baiser qu'on donne peut éveiller un ennemi.
Qui on épouse n'a guère d'importance : le lendemain matin, on trouvera toujours que c'est quelqu'un d'autre.
On n'est jamais une sainte sans être une victime, mais on peut être une victime sans être une sainte.
Les médecins c'est comme les épouses ; elles ne sont jamais là quand on en a besoin.
Le temps, c'est quand on va d'un Noël à l'autre.
On peut dire quelque chose de spirituel pour tout et contre tout.
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
On éviterait sans doute bien des malheurs et des complications si l'on apprenait à conduire son corps comme on apprend à conduire une automobile - sans oublier, bien entendu, le code de la route.
On peut assurément soutenir que le fait de donner raison au réel constitue le problème spécifique de la philosophie: en ce sens que c'est son affaire, mais aussi qu'elle n'est, en tant que telle, jamais tout à fait capable d'y faire face.
Quelle chose étonnante que la lecture qui abolit le temps, transvase l'espace vertigineux sans pour cela suspendre le souffle, ni ravir la vie au lecteur ! On est emporté sur un tapis volant.
Selon la loi qui veut qu'on ne prêche que des convertis, un critique ne peut avoir d' « influence » sur ses lecteurs que pour autant qu'ils lui accordent ce pouvoir parce qu'ils sont structuralement accordés à lui dans leur vision du monde social, leurs goûts et tout leur habitus.
- A quel âge est-on aimé pour soi-même ?- En nourrice.
Quand j'ai perdu ma fille, j'ai lu tous les auteurs qui avaient perdu leur fille. Ça m'aidait de savoir qu'on avait vécu la même chose et que les gens pouvaient en parler.
Lorsque la mort est là, à quelques secondes de nous, le plus dur est fait : on a vécu. Le reste est formalité...
Quand on n'aime pas trop, on n'aime pas assez.
On ne peut prévoir les choses qu'après qu'elles sont arrivées.
On est jeune tant que l'on sait dire "non". Premier "oui" première ride.
De tous ceux qu'on tient pour heureux, il n'y en a pas un qui le soit.
Il y a des chefs-d'oeuvre si fastidieux qu'on admire qu'il se soit trouvé quelqu'un pour les écrire.
Si l'on a toujours pitié de soi, l'on a parfois honte de la misère des autres.
Souvenez-vous : les dieux n'aiment pas qu'on cherche à les imiter.
ChanterCe n'est pas ce qu'on vous proclameChanterIl faut s'y jeter à tue-têteA bras le coeur à fendre l'âmeAvec un seul point au programmeCelui de n'être sûr de rienCelui de n'être sûr de rien.
Repos et sûreté sont des biens qu'on ne voit que chez la pauvreté.
Sans y prêter attention, comme l'oreille s'habitue à un tic-tac d'horloge, on entend le canon. Quand ce sont les 75 de la gare qui tirent, on dirait que leur miaulement traverse la place.
Faute de pouvoir goûter la bonne soupe, on crache dedans.
Il arrive que l'on se fréquente soi-même, entre un rêve éveillé et un bouquet de désespoir.
On ne peut croire entièrement, peut-être, qu'à ce qu'on ne voit pas.
Les Oscars me semblent plus sérieux dans la mesure où ils sacrent un film qui a bien marché en salles. C'est plus clair ! Aux Césars, ce sont essentiellement les techniciens du cinéma qui votent, surtout en faveur des gens [...] ► Lire la suite
Avec Karine, on ne se cache rien donc il n'y a pas de problème.
Quand on s'en va, les gens qu'on laisse continuent de vivre... Ils n'attendent pas qu'on revienne.
C'est pathétique de condamner le cours des choses. On n'arrête pas le futur.
La charité intégrale ne consiste pas à partager avec les autres ce qu'on possède mais ce qu'ils ne possèdent pas.
Je ne sais pas embrasser ; sinon je vous embrasserais. Qu'est-ce qu'on fait du nez ?
On aime beaucoup mieux ceux qui tendent à nous imiter que ceux qui tâchent à nous égaler. Car l'imitation est une marque d'estime et le désir d'être égal aux autres est une marque d'envie.
L'âge mûr, c'est quand on vous conseille d'aller vous coucher et que c'est, non pas un policier, mais un toubib.
Les femmes ne sont que des organes génitaux articulés et doués de la faculté de dépenser tout l'argent qu'on possède.
Quand on aime, on aime toujours trop.
Les mots ont trop servi, on ne sait plus les utiliser.
On est parvenu à donner la vie à des enfants sans père, mais jamais sans mère.
On a les branchies qui bougonnent ?
On ne voit pas comment un homme pourrait dire à un autre : crois ce que je crois ou tu périras.