Un roman n'est intéressant que si son auteur se remet en question et s'expose à ce qu'on lui dise : " C'est illisible".
Les plaisirs du monde consistent à aller s'ennuyer chez des gens qu'on ennuie.
Il y a des livres qu'on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
On trouve plus de certitude sur un visage que dans les paroles.
On est libre sans espérance, et l'espérance est esclave.
On ne saurait mieux comparer l'absurdité des demi-mesures qu'à celles des mesures absolues.
Le rapport entre le centre et la marge est fondamental. Je suis quelqu'un de la marge, c'est là qu'on peut créer.
Car l'on ne voit profondément que dans la nuit profonde.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
La beauté, seule chose qu'on ne puisse acquérir, inaccessible à tout jamais à ceux qui ne l'ont pas.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal.
Que le bonheur qu'on prend ne soit pas du malheur qu'on donne : je n'ai pas d'autre morale.
On dit communément que le nu est toujours chaste pourvu qu'il soit beau ; mais il vaut mieux dire que le nu est beau pourvu qu'il soit chaste.
Quand on n'a rien à perdre, on peut bien tout risquer.
S'il fallait étudier toutes les lois, on n'aurait pas le temps de les transgresser.
En France, nous avons nos réserves d'imbéciles comme les réserves de Peaux-Rouges en Amérique : ce sont les intellectuels. On est sûr de ne jamais en manquer.
Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dise à la vôtre.
On n'a jamais cessé de jouer les anciennes comédies, mais on les a tournées autrement.
On ne peut convaincre un homme qui dort.
Tout ce que l'on réussit, on le rate d'abord.
On ne naît plus roturier. On le devient. A titre exceptionnel. N'est pas roturier qui veut.
L'amant ? On le case là, entre la nuit et le jour, entre le lit et la cour, entre le mari et l'amour... c'est le passager clandestin, d'une vie sans destin.
La petite chose niaise qu'est le symbole, qu'on nous cache avec tant de soin !
L'état de courtisan est un métier dont on a voulu faire une science. Chacun cherche à se hausser.
Trop d'occasions d'acquérir semblent diminuer la valeur de ce qu'on possède.
On ne peut pas se priver du rêve.
Vieillir mal - et il est rare qu'on vieillisse bien - c'est sentir monter en soi la haine contre cet étranger qui s'installe et prend peu à peu la place du jeune homme ou de la jeune fille qu'on a à peine eu le temps d'être.
Aucun être ne mérite qu'on se soumette à ses désirs pour quelque faveur. Pareille tentative diminue notre intérêt porté à la religion. L'être humain est incapable de nous offrir le moindre objet. Sans avoir été mandaté par celui qui nous a façonnés et de terre sculptés.
Quand on se trouve sous la partie saillante d'un toit bas, comment se défendre de baisser la tête ?
Il n'est pas croyable comme le peuple, dès lors qu'il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubli de la franchise, qu'il n'est pas possible qu'il se réveille pour la ravoir, servant si franchement et tant [...] ► Lire la suite
On cherche plus à faire d'efforts, après l'amour, on s'tourne le dos. On triche, on bluffe, on joue à s'aimer pour de faux.
On peut presque tout faire sans lumière sauf écrire. Ecrire demande des lueurs. Vivre se suffit d'ombre, lire exige la clarté.
Céder aux exigences d'un tiran ça fonctionne jamais. Même si vous leur donnez ce qu'ils demandent c'est jamais suffisant. La seule solution c'est de le combattre. Même si on doit en payer le prix.
On ne sait jouir de rien à force de vouloir jouir de tout.
Je n'aime pas qu'on me fasse passer pour un type sans coeur sous prétexte que j'ai une sensibilité de droite.
Quand on donne un baiser à quelqu'un, c'est qu'on avait envie d'être embrassé soi-même.
On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses.
La nature veut qu'on jouisse de la vie le plus possible, et qu'on meure sans y penser. Le christianisme a retourné tout cela.
Les belles gonzesses, c'est comme le camembert, on ne peut pas les garder longtemps.
On n'est pas seul dans sa peau.
On n'écrit pas ce qu'on veut mais bien ce qu'on peut.
On ne tire de soi la vie et la beauté qu'au détriment de sa chair...
On s'aveugle d'autant plus sur ses propres enfants qu'ils ne sont pas des lumières.
Le golf est zen quand on laisse à d'autres le soin d'y jouer.
Le merveilleux, on s'y habitue plus vite qu'à des godasses trop courtes.
La vie des écrivains, c'est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
Si on compare le passage à l'euro à un déménagement et les 35 heures à un mariage, on se rend bien compte qu'il est impossible de gérer les deux événements dans la même semaine.
Le déraisonnable de l'opéra réside dans le fait qu'on y utilise des éléments rationnels, qu'on y cherche une certaine matérialité et un certain réalisme, alors que la musique anéantit tout cela.
Et quelle étrange chose que certains mots, C'est sans bouche ni voix, c'est sans visage, On les rencontre dans le noir, on leur prend la main, On les guide mais il fait nuit partout sur terre.
- Tu sais moi si à ton âge j'avais été dans cette colo, j'aurais bien aimé sortir avec toi. - Le prend pas mal Nadine mais j'pense pas que j'aurais accepté... j'préfère qu'on reste amis.