L'on veut faire tout le bonheur, ou si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime.
Au cinéma, on ne se découvre pas. On sort pour se cacher, pour se blottir, pour s'enfoncer.
Béatitude : bonheur complet et intime qu'on goûte dans l'autre vie et que Dieu donne à ses élus.
Chaque homme a dans son coeur - outre l'animal qu'on dit y sommeiller - un critique d'art bien éveillé !...
Un bon député c'est celui qu'on possède tellement qu'il est impossible, honnêtement parlant, d'en dire autre chose que du mal.
Le sommeil est encore plus parfait quand on le partage avec un être aimé.
On ignore ce qui se cache dans l'obscurité.
La liberté est dans le geste : écrire. Emprisonnés même, on peut encore écrire sur les murs, faire signe de liberté.
On devient ce que l'on est, et cela sans même le vouloir et malgré toute volonté adverse.
On a beau croire le contraire, la joie se partage moins que le malheur.
On prend un grain de poussière et la vaste terre toute entière y réside ; et l'univers fleurit avec elle.
Heureusement qu'il y a des mots qu'on peut dire sans savoir écrire.
Les choses qu'on pense que l'on va perdre deviennent excessivement précieuses. On aime ceux que l'on a peur de perdre.
Il y a une folie d'écriture qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.
C'est très puissant de dire non. C'est la chose la plus puissante que l'on puisse dire."
Le seul travail que l'on puisse commencer par le haut, c'est creuser un trou.
La nuit venue, on y verra plus clair.
Il ne faut point faire par les lois ce que l'on peut faire par les moeurs.
Ecrire, ce n'est pas commenter ce que l'on croit savoir, mais chercher ce qu'on ne sait pas encore et ce que parler veut dire.
La consolation du vieillard que l'on croit faits pour les grands du monde et pour les riches, sont plutôt le partage des gueux, qui en savourent la douceur avec plus de licence, plus de goût et plus de tranquillité qu'eux.
Apprendre les langues prend énormément de temps, et il en est de même pour toutes les choses que l'on veut connaître.
La maternité, c'est comme l'Albanie. On ne peut pas se fier à ce qu'en dise les livres, il faut y aller.
L'imagination c'est de la mémoire fermentée. Quand on perd la mémoire on perd sa faculté d'imaginer.
Il faut que soient préservés des pans entiers du monde à l'écart du mouvement précipité de l'histoire. Que les gens vivent en marge, au bon sens du terme. On peut être très heureux au bord du chemin. A condition de n'y être pas seul, de faire bloc.
On peut rater sa vie à cause d'un seul mot.
Une phrase, c'est comme un vêtement. Il ne faut pas qu'elle gratte dans le dos, qu'elle gêne aux emmanchures ni qu'on s'y sente endimanché, ou tarte.
Les nouveaux débuts, comme les nouveaux pays, donnent toujours le sentiment qu'on est perdu, qu'on est dans le noir.
Sa vraie famille, on la rencontre le long du chemin.
L'amour que l'on peut mesurer est un amour bien pauvre.
Le monde est vaste et dur, pleins de rebondissements et on a tendance à cligner des yeux et à rater les instants essentiels.
- On passera vous reprendre dans exactement quinze minutes. - Hey c'est ça. De toute façon dans quatre minutes je suis mort.
Dieu, dans sa divine prévoyance, n'a pas donné de barbe aux femmes, parce qu'elles n'auraient pas su se taire pendant qu'on les eût rasées.
On peut toujours apprendre ce qu'on ne sait pas, non ce qu'on croit savoir.
On se laisse attirer par la faiblesse, parce que c'est doux et tiède, et on s'y abandonne, et on finit pas sombrer dans la veulerie.
On aime s'endormir et non dormir ; on voudrait être mort, mais pas mourir.
On doit toujours penser que le bien n'est jamais que le moindre mal.
Apprenez qu'un bon livre ne donne jamais ce qu'on peut attendre. Il doit vous hérisser de points d'interrogation.
La bêtise est abominable quand on la subit ; mais quand on l'observe, elle a son charme, et on peut la savourer.
Prison : maison on ne peut plus communautaire dont personne ne possède la clé.
Parfois, on trouve une grosse biche dans le piège tendu à des agoutis.
Penser qu'on ne sait pas le nom du premier cochon qui a trouvé une truffe !
On ne peut pas être un homme d'Etat si l'on ne sait pas garder un certain équillibre.
Chaque matin songer aux gens qu'on va cultiver, aux pots qu'il faut arroser.
On n'est heureux que par l'amour.
Les compétences, ça s'apprend. Le caractère, on l'a ou on ne l'a pas.
On se réfère au passé, en arguant que la liberté d'expression est un droit de longue date. Mais c'est une idée du passé qui est totalement reconstruite.
Comme, étant en possession du faux but de la vie, le bonheur, on oublie le vrai but, le devoir !
Les bourgeois honnêtes ne comprennent pas qu'on puisse être honnête autrement qu'eux.
Il y a certains chefs qu'on suit d'autant plus aveuglément qu'il faut être aveugle pour les suivre.
Quand le miel manque, on se contente de mélasse.