La pitié pour la femme qu'on aime moins qu'on n'est aimé est une terrible passion.
On appelle cadres les gens dont la peau du ventre se tend après les repas.
La pensée qu'on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde : elle veut vivre.
Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons.
Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.
Le courage est un état de calme et de tranquillité en présence d'un danger, état rigoureusement pareil à celui où l'on se trouve quand il n'y a pas de danger.
Arriver dans une prison que l'on connaît, c'est comme si l'on rentrait chez soi...
On ne lit pas pour être inspiré. On lit pour se tranquilliser l'esprit, pour trouver pire que ce qu'on est...
Peut-on survivre à la passion ? Quelle question ! Il faut se demander si on peut s'achever soi-même sans elle.
C'est en faisant confiance aux possibilités des acteurs de générer des sens beaucoup plus larges que l'on peut avoir une maîtrise de l'espace qui ne soit pas rétrécissante.
On ne brise pas sa coquille de l'extérieur en la projetant avec force contre les parois de ce monde. Lui seul peut la briser qui, reprenant vigueur et vérité, peut la faire éclater de l'intérieur.
La justice est sociale. On l'administre avec des règles fixes et non avec les frissons de la chair et les clartés de l'intelligence. Surtout ne lui demandez pas d'être juste, elle n'a pas besoin de l'être puisqu'elle est justice.
On a sans doute a peu près les mêmes chances de gagner à la loterie, que l'on y joue ou pas.
Le bonheur sur terre ça serait de mourir avec plaisir, dans du plaisir... Le reste c'est rien du tout, c'est de la peur qu'on n'ose pas avouer, c'est de l'art.
C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
Je ne suis pas sûr que les années 1950 étaient particulièrement propices aux Noirs, je crains qu'à l'époque on ne m'ait pas offert la chance de pouvoir piloter.
On rencontre des personnes magnifiques, puis on se quitte sur des mots pathétiques.
Je comprends tout à fait qu'on mette en cause la démocratie, qu'on la combatte, ce n'est pas le problème.
Ce qui me choque ce sont toutes ces bêtes merveilleuses que l'on transforme en saucisson.
On peut discuter des limites du beau, mais le chant du rossignol s'imite très bien au moyen d'un bouchon frotté contre un verre.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
On pardonne un jour tous les faits de guerre. On n'oublie guère les effets de l'amour.
Il y a de grands voyages qu'on ne fait bien qu'en pantoufles.
Le coeur et l'estomac communiquent ; on réconforte celui-là en comblant celui-ci.
L'amour que l'on refuse aux uns finit tôt ou tard par manquer à tous les autres, même à celui ou celle que l'on croit adorer.
Les choses que l'on dit de nous ont beaucoup plus de signification et d'importance pour nous que pour les gens qui les disent.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
Mourir, c'est long quand on choisit soi-même.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
Partout dans le monde une femme ne doit pas quitter le lit de son mari même si le mari injurie, frappe et menace la femme. Elle a toujours tort. C'est ça qu'on appelle les droits de la femme.
Pendant longtemps, on n'a pas payé les députés. Depuis qu'on les paye, il ne paraît pas, tant s'en faut, qu'on obtienne une qualité supérieure.
A travailler on s'ennuie moins qu'à s'amuser.
Matinal. L'être, preuve de moralité. Si l'on se couche à 4 heures du matin et qu'on se lève à 8, on est paresseux, mais si l'on se met au lit à 9 heures du soir pour en sortir le lendemain à 5, on est actif.
Trois jours après notre décès, nos cheveux et nos ongles continuent de pousser, mais on ne peut plus répondre au téléphone.
Quand une anthologie paraît, tout bon poète (ou mauvais) s'y précipite pour constater qu'on l'a oublié une fois de plus.
La guerre, on le sait, fut pendant longtemps le plus sûr et le plus rapide véhicule de la civilisation.
Changer, c'est toujours perdre un bloc de soi. On le sent qui se détache, après un temps d'adaptation. C'est un deuil et un soulagement en même temps.
On dirait que tu as honte d'être une bonne fille.
Karine est une amie fantastique, c'est pour ça que le duo fonctionne, et on est un peu potaches. Il faut rester naturel.
On ne travaille désormais dans chaque mandat que trois ans et demi, le reste du temps étant consacré soit à l'apprentissage du pouvoir, soit à la préparation de la nouvelle élection.
A notre époque, on se refuse à croire que le plomb puisse être transformé en or... jusqu'au moment où on reçoit la facture du plombier.
Tout n'est pas perdu, tant qu'on est mécontent de soi.
On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresse.
C'est là qu'est le secret du bonheur et de la vertu - aimer ce qu'on est obligé de faire.
On ne met rien dans son coeur ; on y prend ce qu'on y trouve.
Il y aurait une grande mortalité si l'on cessait de vivre lorsqu'on a plus rien à se dire.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
On engendre les conflits en fertilisant les petites erreurs.
Peut-on aimer "un peu" ? Sûrement ! Il y en a qui passent leur vie à s'économiser et à aimer "un peu".
On n'est jamais heureux qu'au petit bonheur.