La mort de l'autre, c'est ça : ce mur, ce sens interdit contre lequel on se cogne tous les jours.
Les pires mensonges sont ceux qu'on se murmure à soi-même.
Si on veut qu'une chose soit faite, il y a trois façons de s'y prendre : le faire soi-même, demander à quelqu'un de le faire, ou interdire à ses enfants de le faire.
En politique, c'est quand on croit tout avoir qu'on n'a plus rien.
Il doit être possible de nager dans l'océan de celui que l'on aime sans se noyer...
On t'a jamais dit que celle sur qui tu craches peut demain être celle sur qui tu baves ?
Lorsqu'un grand bureaucrate a un geste admirable, on s'étonne une fois de plus des voies mystérieuses et imprévisibles qu'emprunte le hasard.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
On ne recommence plus, mais se souvenir, c'est presque recommencer.
Les crocodiles vivent cent ans ; les roses trois jours. Et pourtant, on offre des roses.
On ne parlerait guère en société si l'on se souvenait combien de fois on a été incapable de comprendre ce que disait les autres.
Dieu sait faire que parfois l'oraison ait un tel goût qu'on y aille comme à la danse, et d'autres fois qu'elle soit telle qu'on y aille comme au combat.
Attends pour nier Dieu qu'on ait bien prouvé qu'il n'existe pas !
L'amour que l'on refuse aux uns finit tôt ou tard par manquer à tous les autres, même à celui ou celle que l'on croit adorer.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
Si on ne peut avoir la réalité, un rêve vaut tout autant.
Aussi habile qu'on puisse être à simuler la maîtrise de soi, un front, une lèvre trahissent quand même un état d'âme.
La vie n'est pas ce qu'on pense, mais ce qu'on dépense.
On ne refait pas sa vie à soixante-quinze ans, non, mais on peut bien la commencer.
C'est en faisant confiance aux possibilités des acteurs de générer des sens beaucoup plus larges que l'on peut avoir une maîtrise de l'espace qui ne soit pas rétrécissante.
J'ai toujours pensé que les salaires devaient s'établir en raison inverse de l'intérêt que l'on prend à son travail.
Il n'y a rien d'illogique comme les accidents. Ils n'ont aucun lien entre eux, et l'on ne peut pas, comme on le voudrait, profiter de l'un pour atténuer l'autre.
Pour courir, on n'a souvent besoin que d'un but.
Dans certains théâtres d'essai, on serait tenté de prendre parfois la rampe de scène pour un garde-fou.
Oui, on meurt tous de manière différente. Mais on naît tous de la même manière, nuance, étrange, non ?
On est assez mièvre pour s'écrier devant les nouveau-nés : Ah qu'il est mignon ! Il ne sont jamais beaux, il n'y a que la naissance en elle-même qui soit belle.
Ce n'est pas parce qu'on fait partie d'un peuple martyrisé qu'on est pas aussi des hommes comme les autres.
L'enfant devant la télé donne dos à tout. C'est à son dos qu'on parle, et c'est son dos qui nous répond.
Ce qui me manque, vous voyez, c'est cette complicité sur laquelle on ne se pose aucune question, qui ne suscite aucun doute.
On a bien le droit de pleurer et de sourire en même temps. C'est parce qu'on accepte le monde et qu'on décide de l'aimer de toutes ses forces.
Le fermier qui aura réussi à croiser une dinde avec un kangourou aura créé la première volaille que l'on puisse farcir de l'extérieur.
Je voudrais qu'on rayât "politique", ce sale mot, du dictionnaire et que jamais plus on n'osât parler d'autre chose que de Vie publique.
On ne met rien dans son coeur ; on y prend ce qu'on y trouve.
Les charmes d'un corps de femme qui enflamment les sens sont comme les odeurs de cuisine - excitants quand on a faim, répugnant quand on est rassasié.
Tuer une oeuvre d'art est plus grave que de tuer des hommes. Des hommes, on en refait tant qu'on veut...
La pensée qu'on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde : elle veut vivre.
La carrière des lettres et des arts est plus que décevante ; le moment où l'on arrive est souvent celui où on ferait bien mieux de s'en aller.
Cette vie qu'on ne peut pas prendre au sérieux et qu'il faut parfois prendre au tragique.
Le courage est un état de calme et de tranquillité en présence d'un danger, état rigoureusement pareil à celui où l'on se trouve quand il n'y a pas de danger.
Trop de douceur écrite sur la figure. C'est le signe de ceux que l'on exploite.
Celui qu'on méprise et celui qu'on envie n'ont droit qu'à des nuances différentes du même sentiment.
Dans la vie, quand on pense le dernier acte arrivé, on s'aperçoit souvent que la pièce ne se comprend pas sans son épilogue.
Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les conjonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur.
On dit qu'il n'y a rien de si rapide qu'un sentiment d'antipathie.
Si on n'a personne pour nous contredire, on finit par croire avoir toujours raison, et on commence à avoir tort !
Je suis libertineJe suis une catinJe suis si fragileQu'on me tienne la main.
Dans décolonisation, il y a donc exigence d'une remise en cause intégrale de la question coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue: "les derniers seront les premiers." La décolonisation est [...] ► Lire la suite
Je suis maintenant convaincu que le nom qu'on porte a une incidence sur notre destin.
Héra se barre à tire d'aile, lasse de la sève qu'on tire d'elle.On clame tous qu'on l'aime mais aucun de nous n'est fidèle.