On a l'âge, après tout, qu'on porte sur son front.
Mars, Vénus, Saturne, ce qui m'étonne ce n'est pas qu'on ait découvert tous ces astres lointains, c'est qu'on connaisse leur nom.
On ne peut être fidèle envers les autres que si on l'est d'abord envers soi-même.
S'il y a une possibilité si minime soit-elle, que quelque chose tourne mal, on peut être assuré que ça se produira.
Consensus universel : l'accord des "on".
On n'étouffe pas l'amour comme on étouffe un lion, et les plus vigoureux athlètes ne sauraient rien y faire.
Commémorer la Révolution française est un peu comme célébrer le jour où on a attrapé la scarlatine.
Quand on a pas d'imagination, mourir, c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop.
- Il avait ce qu'on appelle un micro-pénis- Il aurait pu se faire opérer...- C'est ce qu'il a fait ! Il s'est fait greffer des micro-doigts.
On commence toujours à pardonner à un lieu dès qu'on le quitte.
Quand on me commande d'aimer, on me commande de restaurer la communauté, de résister à l'injustice et de répondre aux besoins de mes frères.
Il y a plus d'élégance, quand on se retire du monde, à s'en retirer sans le blâmer.
Manger est un acte sacré. Il est nécessaire d'être pleinement conscient de ce que l'on fait.
Une femme, sur les genoux, avec laquelle on n'est plus d'accord, c'est lourd !
La lecture, c'est comme les auberges espagnoles, on n'y trouve que ce que l'on y apporte.
Ces lois sont d'une logique ! Pour expulser les gens, on leur fait une mise en demeure.
Il semble que l'on puisse faire en France une statue qu'avec les débris d'une autre statue et qu'on en élève une que pour avoir un prétexte d'en briser une autre.
Aujourd'hui on ne sait plus lire. On parcourt en masse ce qui est imprimé.
On n'a pas besoin de comprendre les hommages ; tout est dans le ton.
Dire qu'on peut vivre des années auprès de quelqu'un et qu'il reste quand même un étranger. Est-ce qu'il faut mourir pour que les autres s'aperçoivent qu'on a existé ?
On croit devenir myope, on est déjà aveugle.
Pourquoi raille-t-on les titres de noblesse achetés au pape ? A qui de plus honorable pourrait-on les acheter ?
Avec des hommes on fait des eunuques, mais avec des eunuques on ne fait pas des hommes.
On est dans une société qui part en vrille.
L'amour véritable, il est comme le soleil dans le ciel, on ne sait pas à quoi il tient.
Les abeilles, c'est des fonctionnaires, même si on veut de la confiture, elles font du miel.
Ma première idée était que peut-être l'« étant », le « quelque chose » qu'on peut désigner du doigt, correspond à une maîtrise de l'« il y a » qui effraie dans l'être.
Les mots qu'on connaît bien prennent dans ce pays un sens cauchemardesque. La liberté, la démocratie, le patriotisme, le gouvernement - tous ont un parfum de folie et de meurtre.
On ne peut pas servir l'humanité aux dépens de la France.
L'être humain est un animal qui multiplie les déceptions. Plus on le connaît, plus on vieillit, plus on est déçu par lui. Je pense qu'il n'y a pas grand chose à sauver chez lui. Même s'il est séduisant.
La vie, c'est la croissance. Le business, c'est la croissance. On croît ou on meurt.
L'écriture s'accommode mal de la jeunesse. Ecrire très jeune, c'est être soumis à une tension qu'on ne sait pas manier.
Quand on se plaint de tout, il ne vous arrive rien de bon.
On est tellement seul en ce bas monde, que même les Anges et les Démons dînent ensemble.
Toujours obsédé par l'idée de la mort, je médite constamment. Je ne cesse de me demander s'il existe une vie ultérieure et, s'il y en a une, peut-on m'y faire la monnaie de vingt dollars ?
Une vie est belle, où l'on commence par se croire quelque chose, et finit par ne se croire rien.
Cette chose est absurde et magnifique, entre haut mal et bien suprême, qu'on nomme si légèrement l'amour.
Ecrire, publier, c'est comme aimer. On plonge les yeux fermés.
On prend goût à son désespoir. C'est plus facile que de lutter !
Ne parle pas. C'est par la parole qu'on devient indigne de tout.
On meurt d'avoir dormi longtemps. Avec les fleurs, avec les femmes.
Comme on connaît les siens on les abhorre.
On pleure quand on arrive sur terre, pourquoi on râle quand on doit partir ?Jamais content.
On appelle cette mise en question de ma spontanéité par la présence d'Autrui, éthique. L'étrangeté d'Autrui - son irréductibilité à Moi - à mes pensées et à mes possessions, s'accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique.
Devrait-on accepter de dire que tout meurtre, toute transgression du "Tu ne tueras point " ne peut viser que l'homme, et qu'en somme il n'y a de crime que "contre l'humanité" ?
Quand on ne sait pas qui on est, on est ravi qu'une dictature vous prenne en charge.
La modestie profonde qui lui faisait avoir, non point d'affaires du tout (aucun ascétisme) mais peu d'affaires-comme si elle eût voulu qu'à sa mort on n'eût pas à "se débarrasser" de ce qui lui avait appartenu.
Quand ni le sort ni le coeur ne sont bons, on est pauvre et misérable jusqu'à sa vieillesse.
On sait instinctivement ce que l'on peut dire et à qui.
Les livres que l'on a écrits dans le passé réservent deux surprises : on ne pourrait plus les écrire et on ne le voudrait pas.