On l'a cloué,Et sa misère,Sur un mur blanc au grand soleil,Un clou au coeur,Et pour l'exemple,Il a saigné sur le soleil.
Les mots qu'on connaît bien prennent dans ce pays un sens cauchemardesque. La liberté, la démocratie, le patriotisme, le gouvernement - tous ont un parfum de folie et de meurtre.
Ce qu'on veut avoir demain, il faut bien le tenir aujourd'hui.
Avec lui, on a été bon, il s'est alors étalé de tout son long.
On n'imagine pas combien un simple plat de lentilles, de pois chiches, de courgettes ou de soja peut être grand.
On a affaire à une rêveuse totalement déconnectée de la réalité, en sautant elle a du penser qu'elle s'envolerait.
A force de s'aimer l'on ne se connaît plus.
Ceux qui parlent sont payés de l'applaudissement qu'on donne à ce qu'ils disent ; et ceux qui écoutent, du profit qu'ils en reçoivent.
L'âme de l'homme est comme un marais infect : si l'on ne passe vite, on s'enfonce.
On ne découvre jamais mieux son caractère qu'en parlant de celui d'autrui.
Il n'est point ardu de coucher quelque chose sur le papier quand déjà on l'a dans la plume.
Que le bonheur qu'on prend ne soit pas du malheur qu'on donne.
La science consiste à faire ce qu'on fait en sachant et en disant que c'est tout ce qu'on peut faire, en énonçant les limites de la validité de ce qu'on fait.
On ne prend pas un lièvre avec un tambour.
Il y a un paradoxe chez tous mes confrères, moi compris : On rêve d'être reconnus, et en même temps, que personne ne nous emmerde.
C'est la seule chose que l'on peut conserver. Quand on n'a plus rien. L'envie de se tenir droit.
Il faut tenir à une résolution parce qu'elle est bonne, et non parce qu'on l'a prise.
Plus on est avide, plus il est indispensable de reculer coûte que coûte les bornes du merveilleux.
La vieillesse, c'est quand on commence à se dire : "Jamais je ne me suis senti aussi jeune".
On a beau être sage, l'estomac sait voiler les yeux.
Ce qui fait qu'on va si loin dans l'amour, c'est que l'on ne songe pas que l'on aura besoin d'autre chose que ce que l'on aime.
Plus on se cache, plus il est désagréable d'être surpris.
Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte.
Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint toujours de savoir !
On compte ses aïeux quand on ne compte plus.
Quand on ne comprend pas sa femme, est-ce qu'on peut demander, comme au cinéma, des sous-titres ?
Politiciens, demandez conseil aux gastro-entérologues : que peut-on encore faire avaler aux citoyens ?
Lorsqu'on fait un effort, on s'aime.
Dans le mariage, on fait l'amour par besoin, par devoir. Dans l'amour, on fait l'amour par amour.
Quand on donne le Goncourt à un écrivain, est-ce qu'il est obligé de le lire ?
On rit faute de mieux, parfois.
Quand dans une réunion, un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui.
Il n'est amis aujourd'hui que de table ; on ne prend plus pitié de son semblable.
- Il avait ce qu'on appelle un micro-pénis- Il aurait pu se faire opérer...- C'est ce qu'il a fait ! Il s'est fait greffer des micro-doigts.
La contemplation soulage quelque peu du malheur. Plus on contemple, plus la douleur diminue.
Il faut aimer une ville où l'on peut à la fois fumer et jouer dans une pharmacie.
On ne voit jamais des filles courir après des ingénieurs.
Certes, le Ciel interdit certains plaisirs; mais on peut généralement négocier un compromis.
On ne chasse pas les idées fausses avec un bâton.
On doit apprendre à écouter, et non seulement ses mots, mais son corps, sa vitesse, sa force, sa faiblesse et ses silences qui déséquilibrent ; on doit perdre un peu de soi pour se retrouver dans l'autre.
Faire appel. En termes de justice, demander que l'on remette les dés dans le cornet pour un nouveau lancer.
On dit communément des rois qu'ils ont le bras long ; je voudrais bien qu'on en pût dire autant de leurs oreilles.
L'actualité à laquelle on colle est une machine à broyer l'humain.
Il n'y a rien dont on ne puisse parler à ses amis.
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, quand on en a cinquante-sept non plus.
Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par la possibilité.
Je suis un peu comme le chat qu'on a voulu noyer, qui est sorti du sac et qui s'est retrouvés seul sur la berge. J'aurais pu devenir un chat sauvage, mais j'ai profité de cette liberté infinie pour ouvrir grand mes yeux et observer ce qu'il y avait autour de moi.
A l'Assemblée on tue avec le poignard. Au Sénat, on empoisonne avec le sourire.
Alors comment pouvait-on vivre dans un monde dans lequel l'intelligence et la perception des faits ne voulaient rien dire, et où l'autorité et la tradition étaient tout ?
- Mais où sont passé les gens ? - On les as tué et on leur a pété l'foie ! - ... - J'rigole poupée, ils vont bien les gens. Ils voulaient voir la Mandchourie, on leur à prêté un kayak !