Très vite, on culpabilise, et ça n'arrange rien. Il y a les handicapés, les cancéreux, les sidéens, tous ceux qui viennent de perdre quelqu'un. De quel droit peut-on se sentir mal, être si mal ? Et puis c'est beaucoup plus stupide encore, mais on se sent vexé. On ne meurt pas.
On ne sait pas ce que les âmes peuvent souffrir.
On objectera que la présence des interprètesd ôte toute spontanéité à notre expérience de la Chine. Nous entendons par leurs oreilles, nous parlons par leur bouche ; sans eux, nous serions sourds et muets; mais nous voyons par nos yeux, nous contrôlons par notre flair. Ils n'entravent pas notre liberté de mouvement.
C'est le petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien, là, ce serait de Gaulle le petit. (En évoquant Sarkozy)
Il fallait de nos mots inventer des « je t'aime »Juste nous murmurer, nous frôler, nous caresser On a bien essayé de choisir nos poèmes Et l'amour de nous deux a tout réinventé.
Pour la période qu'on appelle Moyen Âge, une double question se pose: celle de sa durée et celle de sa signification, puisqu'il existe une interprétation favorable et une autre, défavorable, de cette époque.
Est-ce là ce qu'on appelle être Que vivre et puis sitôt mourir !
Si l'on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne.
On peut obtenir la justice pour les autres, jamais pour soi.
On est ce qu'on est, en partie tout au moins.
Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière ? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout d'un coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer.
On dirait que c'est de cette inhumanité même que nous avons besoin, qu'elle nous rassure ou qu'elle nous fascine, qu'elle est notre élément ou encore que nous voulons à tout prix retarder ce moment dont nous savons bien pourtant ou dont nous pressentons qu'il arrivera, où tout deviendra plus grave et peut-être douloureux.
Un décret est inutile si l'on n'y ajoute une volonté ferme d'effectuer ce qui a été résolu.
On s'expose aisément quand on n'a rien à craindre.
On estime que nous vivons sur notre planète depuis 5818 années.
L'être, pour Fouquet, comme pour Chardin, ou Degas, est d'abord ce que l'on précise. Il y a cette sorte de mystère qu'un dessin nu traduit mieux que toute emphase.
Mais comment peut-on continuer à vivre, quand on sait qu'il n'y a pas d'explication ?
Quand on a de l'argent en poche, on est un sage, on est beau et même, on chante bien.
Que Ruquier fasse comme si je n'existais pas, que Drucker ne m'ait jamais invité, je trouve ça limite irrespectueux. Même chose pour les Enfoirés, quand on sait que c'est moi qui, le premier, ai imposé Coluche en première partie de mes spectacles.
L'espérance ne serait-elle pas la preuve d'un sens occulte de l'existence, une chose qui mérite qu'on lutte pour elle ?
D'où un tout autre mouvement : pour sortir de l'« il y a », il faut non pas se poser, mais se déposer; faire un acte de déposition, au sens où l'on parle de rois déposés. Cette déposition de la souveraineté par le moi, c'est la relation sociale avec autrui, la relation dés-inter-essée.
À l'apprenti, on ne montre pas les ébauches.
Je sais qu'il existe des écoles de scénaristes mais j'ai du mal à comprendre leur intérêt. On n'apprend pas l'imagination. Faire un dialogue, faire s'entrechoquer les sentiments, résonner les silences, ça ne s'apprend pas.
Il est toujours étrange pour quelqu'un d'être réduit à un événement particulier et pour un acteur à un rôle, quand tant de temps a passé, quand on a fait depuis tant de choses...
On attend le résultat des ventes pour savoir si on a du talent !
Lorsqu'un méchant fait le bien, on peut juger par un tel effort tout le mal qu'il prépare.
On ne surmonte jamais l'envie d'écrire.
Quand on rit, c'est toujours de soi. Seulement on ne s'en aperçoit qu'après.
Bon, il est certain que lorsque les clients... les... les patients viennent nous voir pour des maladies qu'on connaît ou qu'on soigne facilement, c'est moins intéressant pour nous. Nous préférons bien évidemment des maladies graves, ou inconnues... mais on peut pas trop leur en vouloir.
En écrivant des livres, on est en dehors du monde pour être plus à soi.
L'écriture, la belle écriture, celle qui a résisté à l'usure du temps et que je lis, ne fixait que des paroles importantes, et dans des formes artificielles, le latin ou bien ce langage sophistiqué que l'on employait dans les réunions mondaines.
Les corbeaux sont très malins... Si on leur taille la langue en deux, on peut leur apprendre à parler.
Le mariage ne représente pas un fardeau aussi lourd chez les Chinois. Quand on aime pas son mari, on lui cherche une concubine et on garde sa place dans la famille. Mais être la femme d'un homme pour lequel on a de l'aversion, c'est trop dégoutant.
Et ces terribles problèmes de compréhension que j'avais eus à Moscou (en français, cette fois)... Un matin, je demande à l'hôtel un Coca-Cola aux glaçons. On me regarde avec consternation, on me fait répéter plusieurs fois. J'insiste : Du Coca-Cola aux glaçons. Et que me sert-on ? Malheur ! du caca collé aux caleçons !
On entend réclamer partout l'égalité des chances, nulle part l'égalité des risques.
Tout cela m'a permis de comprendre que lorsqu'on veut quelque chose, il ne faut pas hésiter à le demander. Qu'est-ce qu'on risque ? Un refus mais c'est tout.
On cesse de s'étonner devant un miracle constant.
C'est d'ailleurs l'un des pièges de la coquetterie : soigner ses cheveux, c'est se préoccuper de l'aspect que l'on a de dos.
On détrousse au coin des lois plus sûrement qu'au coin des bois.
On met longtemps à devenir simple.
Si y avait pas Molière, on parlerait la langue de qui ?
On n'est digne de posséder les choses que si l'on est capable de les perdre.
C'était des conquérants, et, pour cela, on n'a besoin que de la force brute - il n'y a pas de quoi se vanter quand on l'a, puisque votre force n'est qu'un accident produit par la faiblesse d'autrui.
On ne peut pas se passer des femmes, bonnes ou mauvaises.
Quand on aime quelqu'un, on a envie de tout partager avec lui. Il est donc de votre devoir de dire : "Je souffre et je veux que vous le sachiez" - et il l'appréciera, elle l'appréciera.
La réalité, c'est que le montant des impôts par rapport à ce que l'on produit commence à baisser et va continuer à baisser.
Les auteurs sont les plus mal servis, on ne les connait pas.
Connaître les femmes, c'est savoir qu'on ne les connaît pas.
La plus commune des inconséquences est de ne pas vouloir les moyens de ce que l'on veut.
Si l'on doit emboîter le pas aux imbéciles, mieux valait encore qu'on les précédât.