Il y a quelques jours, j'ai senti le bébé bouger, répondit April, émue. Au début, j'ai cru à une indigestion avant de me rendre compte que c'était lui. On aurait dit la caresse d'un papillon.
Ma belle amie est morte,Et voilà qu'on la porteEn terre, ce matin,En souliers de satin.
Vous avez vu l'autre côté... Tu étais revenue du pays d'où on ne revient pas.
En amour, tout est vrai, tout est faux ; c'est le seul sujet sur lequel on ne puisse exprimer une absurdité.
Que Ruquier fasse comme si je n'existais pas, que Drucker ne m'ait jamais invité, je trouve ça limite irrespectueux. Même chose pour les Enfoirés, quand on sait que c'est moi qui, le premier, ai imposé Coluche en première partie de mes spectacles.
Un intellectuel : c'est-à-dire un être qui attend passionnément qu'on le contredise.
Il y a des livres plus utiles par l'idée qu'on s'en fait que par la connaissance qu'on en prend.
Si l'on doit emboîter le pas aux imbéciles, mieux valait encore qu'on les précédât.
Les années ne passent pas chaque année mais tous les dix à quinze ans. Pendant une dizaine ou une quinzaine d'années, on a l'impression d'avoir le même âge ; puis brusquement on vieillit d'un seul coup.
On est plus libre à proportion qu'on est meilleur.
Un sac d'écus, on le voit. Un sac d'idées on ne le voit pas.
Les palmes qu'on remporte ne donnent pas toutes des fruits.
Très vite, on culpabilise, et ça n'arrange rien. Il y a les handicapés, les cancéreux, les sidéens, tous ceux qui viennent de perdre quelqu'un. De quel droit peut-on se sentir mal, être si mal ? Et puis c'est beaucoup plus stupide encore, mais on se sent vexé. On ne meurt pas.
Les corbeaux sont très malins... Si on leur taille la langue en deux, on peut leur apprendre à parler.
Les rumeurs sur la guerre bruissaient dans le moindre recoin. On aurait cru que les gens étaient dans une cage dont ils essayaient d'écarter les barreaux. Le fleuve coulait, prêt à accueillir encore de nombreuses personnes sachant nager ou ramer, mais les gens couraient dans tous les sens.
L'indifférence opère puissamment à travers l'histoire. Elle opère de manière passive mais elle opère. C'est la fatalité ; c'est ce sur quoi on ne peut pas compter ; c'est ce qui bouleverse les programmes, qui renverse les plans les mieux construits ; c'est la manière brute qui se rebelle contre une intelligence et vient l'étrangler.
On peint l'histoire comme on colorie vite une image.
L'heure d'été, l'heure d'hiver... En France on connaît tous ce débat, les français prennent ça très à coeur, avec cette grande discussion parmi tous les potes : 'Est-ce qu'on dort plus ou on dort moins ?
Ils (les pygmées) sont attachés aux arbres millénaires, tu sais les arbres de 4000 ans. Pour eux c'est comme une église, ils mettent les mains, ils se branlent, bref on ne sait pas ce qu'ils font.
Il existe deux façons de mourir : en songeant à ceux que l'on quitte, en songeant à ceux que l'on rejoint.
En politique on n'est pas ce qu'on est ; on est ce qu'on paraît être. La déconsidération, une fois acquise, ne se perd plus.
Les fils sont élevés comme s'ils devaient rester des fils toute leur vie, sans qu'on pense le moins du monde qu'ils deviendront des pères.
On nous dit : "Il ne faut pas dormir avec la femme de ses amis." Bon. Mais alors, avec qui ?
Quand on sait où on est et qui on est, on peut, comme le chat, fondre sur la bille roulant sur le plancher et imaginer que c'est un dragon.
Le danger, quand on ne le voit pas, a le caractère vague et approximatif des conceptions humaines. La peur s'estompe ; et, faute de stimulant, l'Imagination, cette ennemie de l'homme, mère de toutes les terreurs, s'endort dans l'engourdissement qui suit l'épuisement de l'émotion.
Que dire au criminel qu'on ne le peut haïr ?
Tout cela m'a permis de comprendre que lorsqu'on veut quelque chose, il ne faut pas hésiter à le demander. Qu'est-ce qu'on risque ? Un refus mais c'est tout.
Il est toujours étrange pour quelqu'un d'être réduit à un événement particulier et pour un acteur à un rôle, quand tant de temps a passé, quand on a fait depuis tant de choses...
Il y a des livres moraux, des livres amusants, des livres gais, et aussi des livres mélancoliques, qui nous font rire à l'idée que dans cette vie détraquée on puisse gémir sur une injustice de plus ou de moins.
On ne peut lire si on ne connaît les lettres, seulement les lettres sont effacées par le sens.
Le taxi est comme le prêt bancaire, rare quand on a besoin de lui.
On est ce qu'on est, en partie tout au moins.
La théorie de l'évolution ? Tu parles ?! Et d'abord l'évolution de qui ? Tout ça c'est pipeau ! On n'a pas évolué... on a changé...
Rien ne m'est sûr que la chose incertaine.Prince, aux dames parisiennesDe bien parler donnez le prix;Quoi qu'on dise d'Italiennes,Il n'est bon bec que de Paris.
Nous sommes tous à la recherche de l'être unique qui est fait pour nous. Mais lorsque l'on a eu un certain nombre de liaisons, on commence à se douter que la personne idéale n'existe pas, mais qu'il existe plutôt une variété d'imperfections.
On ne peut pas se passer des femmes, bonnes ou mauvaises.
J'ai consenti à des situations devant lesquelles soit on fiche le camp (on ferme les yeux, on n'a rien vu), soit on a l'imprudence d'y mettre le petit doigt, et alors on n'en sort plus !
Je ne pense pas qu'on puisse retrouver dans aucun des textes que j'ai écrits, y compris les chansons d'amour, des choses qui me soient arrivées. Mais c'est quand même le monde où je suis, où je vis, où je pleure.
Je ne sais malheureusement pas chanter le Blues comme auparavant. C'est la vérité de cette musique qui me manque, ce qui tend à prouver qu'on ne devrait jamais perdre son héritage.
Sur ma tombe, je souhaiterais qu'on inscrive seulement : "Il y est passé comme les autres".
L'amour, il faut l'avoir vu chez les autres pour le comprendre vraiment. On ne s'aperçoit que de son absence.
Il n'existe que deux espèces de folies contre lesquelles on doit se protéger. L'une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire. L'autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.
Nous convenons de nos défauts, mais c'est pour que l'on nous démente.
Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière ? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout d'un coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer.
Le pire quand on vieillit ce n'est pas tant le corps qui fiche le camp, non, ce sont les remords.
Car à leur tout les châteaux forts s'écroulent comme on le voit sur toutes le collines. Tout part à vau-l'eau mais se renouvelle, et sur les pentes de dame Nature, éternellement fleurira le thym, et... encore et toujours, les filles et les garçons amoureusement dedans se rouleront.
Mais la beauté de notre temps est une beauté foudroyée qu'on ne peut atteindre qu'à travers le noir, toujours plus noir.
On ne peut tout simplement pas couper un pays en deux, pas plus qu'on ne peut couper un être humain en deux. Si vous le faites, vous n'avez pas deux êtres humains ; vous avez un cadavre.
Il y a une façon de filmer où l'on peut se débarrasser de la vanité et essayer de faire quelque chose de beau.
Ce qui est rassurant, c'est qu'un jour ou l'autre, l'épidémie (covid19) va s'arrêter. Donc, on arrêtera de porter des masques. Ça, c'est une certitude.