C'est le problème, quand les meufs s'enferment dans un dialogue privé avec d'autres meufs, elles arrivent à des conclusions qui échappent à tout bon sens, et qu'on aille pas prétendre qu'il n'y a pas là, au fond, une profonde hostilité envers la libido masculine.
Mais il y a des jours où l'on cueille le jour au moment flottant des possibles, au moment fragile d'une hésitation honnête, sans orienter à l'avance le fléau de la balance. Il y a des jours où l'on pourrait presque.
Le moins qu'on puisse dire du pouvoir, c'est que sa vocation est suspecte.
Si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien.
Bon les gars, on va prendre des mesures un peu draconiennes ! J'veux voir du scotch partout moi ok ? Et s'ils continuent à faire les malins, on leur met du double face !
Les idées sont comme des étincelles ; et celle qu'on attrape ne vaut rien.
Il n'existe point en ce monde, ni dans l'air, au milieu de l'océan, ni dans les profondeurs des montagnes, d'endroit où l'on puisse se débarrasser du mal qu'on a fait.
Ce que l'on craint arrive plus facilement que ce que l'on espère.
On ne loue d'ordinaire que pour être loué.
Ah ! Nos nuits d'amour, Lucienne ! L'union des corps et des coeurs. L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite...
Si l'on m'enlevait même ce que je possède actuellement, je ne vois aucun travail, si humble soit-il, qui ne puisse me procurer assez à manger.
On est libres, et quand on est libres, on est vulnérables.
Que peut-on mieux faire qu'aimer et que plaire ? C'est un soin charmant, que l'emploi d'un amant.
S'il y avait quelque part une ville à taille humaine, où l'on peut garder son intimité tout en ayant une connexion très forte avec les gens, un jardin-ville, j'irais tout de suite.
Des chansons, j'en ai écrit un paquet. On en connaît seulement quelques-unes.
A force d'interroger l'homme, on attend la réponse de Dieu.
Quand on vit enfin, on ne réfléchit pas sur ce qu'on vit : on en profite tout simplement. Le questionnement vient après, une fois que le corps s'est délesté de sa fureur de vivre.
Il me paraît normal que les avant-gardes littéraires apparaissent à des époques où l'on croit plus globalement au progrès.
Le Québécois pense que la langue française est une langue du corps, une langue de la quotidienneté, et plus on la parle sous un mode naturel, plus on s'éloigne de l'hypocrisie de la grammaire, de l'hypocrisie de la singularité, de la phrase.
Tout ce qu'on peut exiger d'un écrivain, c'est-à-dire d'un homme, c'est que la fin de la page soit conséquente avec le commencement.
Il y a des choses, voyez-vous, qu'on ne trouve pas dans les livres.
C'est simple, si vous donnez un peu, on vous réclame beaucoup.
Un jour, on a demandé à Gainsbourg s'il avait quelqu'un de moins de trente ans à statufier et il a dit quelque chose qui m'a bouleversée : Ce serait France Gall. Ce serait une immense statue en sucre d'orge et tous les enfants viendraient lui lécher les doigts.
Le bonheur, on ne sait jamais très bien où il commence si on sait où il finit.
Les angoisses du remords empoisonnent la volupté que parfois l'on trouve en s'abandonnant à l'excès du chagrin.
On détrousse au coin des lois plus sûrement qu'au coin des bois.
Qui on épouse n'a pas d'importance. Le lendemain matin on trouvera toujours quelqu'un d'autre.
Il n'y a que ceux auxquels on a tant dit, à qui on a toujours quelque chose à dire.
Vous savez qu'on peut être hanté par le remords toute sa vie, non pas pour avoir choisi l'erreur, dont au moins on peut se repentir, mais pour s'être trouvé dans l'impossibilité de se prouver à soi-même qu'on n'aurait pas choisi l'erreur.
Encore quinze ans, encore douze, encore dix avant d'être grand. On croyait ne jamais pouvoir le supporter. Et voici que l'enfance est finie aux yeux de tous, alors que l'enfant est encore là tout entier, tel qu'il a été marqué par les dures années sous-marines.
On oublie les mots comme on oublie les noms. Le vocabulaire a besoin d'être constamment fertilisé ou il mourra.
Une remise de décorations est l'instant privilégié entre tous où un homme en bonne santé peut entendre en avant-première le tombereau d'amabilités qu'on déversera plus tard sur son cercueil.
Le moins que l'on puisse dire du pouvoir, c'est que la vocation en est suspecte.
Si on a le bon Dieu avec soi, les inspirations se cristallisent en créations heureuses. Si c'est le contraire, ça ne devient plus que de l'effort et de l'agitation stériles.
Quand on connaît beaucoup de monde, on a aussi beaucoup de disputes.
La maille, je l'ai commencée par hasard, parce que je voulais à tout prix quelque chose de très petit. Et c'est vrai que l'on a tous quelque chose qui nous touche. Moi, c'était le tricot, pour la tendresse, la douceur.
Si on aime, on prend le paquet, sans juger !
On ne se met aisément qu'à la place de ses égaux.
On ne fait l'amour... On aime
On a souffert. On s'est surpris à trop aimer. On a rendu, mais on ne sait à qui, les coups du sort. On a jeté parmi les linges sales un front très pur, et faisait-il partie d'un corps ?
On récompense parfois des écrivains pour leur oeuvre. Pourquoi n'en punit-on jamais ?
On ment beaucoup à force d'entendre dire.
On répète plutôt des choses entendues la veille et qu'on croit drôles, originales. On s'affirme, on essaye, à la gueulante en groupe, on gesticule désordonné. C'est pas tellement plus facile d'être jeune que vieux.
Les rires ajoutés des émissions "comiques" à la télé, on devrait les utiliser partout.
On peut assassiner les corps mais pas l'âme, voilà ce que nous avons appris dans les camps.
On ne fait pas d'interviews de gens incarcérés.
Je pense que certaines personnes sont comme elles sont pour certaines raisons qu'on ne peut pas nécessairement juger sans savoir.
Grandir n'apporte qu'une chose : l'indépendance. Et l'indépendance on en rêve. Parfois nous arrivons à l'acquérir en nous servant des autres et parfois c'est en étant avec l'être que nous la trouvons. Certaines personnes vont jusqu'à monnayer leur indépendance et le prix peut être très élevé.
Quand on songe au prix du bifteck, on comprend plus aisément pourquoi, en Inde, les vaches sont sacrées.
Les meilleures leçons sont celles que l'on prend sans que les personnes à qui on les prend en soient informées.