Ah ! Nos nuits d'amour, Lucienne ! L'union des corps et des coeurs. L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite...
La pire insulte qu'il pouvait proférer était « amateur » : un tel mot faisait l'effet d'un coup de massue. Après avoir été ainsi méprisé par Jelly, on ne se montrait plus jamais un amateur.
Si l'on m'enlevait même ce que je possède actuellement, je ne vois aucun travail, si humble soit-il, qui ne puisse me procurer assez à manger.
On aime mal quand on ne permet pas à celui sur lequel on a jeté son dévolu de réaliser pleinement son être. On aime mal lorsque l'on ne pense qu'à soi et non à celui qu'on est censé aimer.
On est héros par volonté, on est génial par grâce. L'héroïsme, vous le décidez, le génie vous est donné. L'héroïsme, c'est vous. Le génie, c'est la Nature qui a décidé pour vous.
Je pense que certaines personnes sont comme elles sont pour certaines raisons qu'on ne peut pas nécessairement juger sans savoir.
Les idées sont comme des étincelles ; et celle qu'on attrape ne vaut rien.
En essayant de confondre vainqueurs et vaincus dans leurs mensonges on s'attire des ennemis de tous côtés.
L'intelligence est la faculté qui fait que l'on s'abstient.
On ne peut assez répéter que les règles du beau sont éternelles, immuables et que les formes en sont variables.
Il y a des choses, voyez-vous, qu'on ne trouve pas dans les livres.
Il est vrai aussi qu'on doit s'habituer, comme les médecins avec la souffrance, les magistrats avec le crime... l'accoutumance, tout s'aplanit, même les agréments on les trouve trop naturels, on ne se méfie plus des retours de trique... les peuples aussi bien que les individus !
On récompense parfois des écrivains pour leur oeuvre. Pourquoi n'en punit-on jamais ?
Devenir martyr, on le sait bien, est l'ultime façon de devenir célèbre.
La vraie fête, c'est faire ce dont on a envie, indépendamment de ce que font les autres, sans tenir compte du calendrier, en se moquant des usages et en faisant fi du qu'en-dira-t-on. Rare et difficile.
Je ne songe pas à nier que l'on peut opposer à la théorie de la descendance, modifiée par la variation et par la sélection naturelle, de nombreuses et sérieuses objections que j'ai cherché à exposer dans toute leur force.
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par des bijoux de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir.
Quant aux vaccins, on ne comprend rien. Je devrais l'avoir depuis longtemps, entre le coeur, cinq pontages, l'asthme, le diabète et le surpoids... Il n'y a rien, il n'y a pas de vaccins !
On détrousse au coin des lois plus sûrement qu'au coin des bois.
Tout est détourné de son propre cours. Dieu soit loué, moi, en ces temps-là, j'acquis de mon maître l'envie d'apprendre et le sentiment du droit chemin, qu'on garde quand bien même la sente serait tortueuse.
On court deux dangers spirituels à ne pas posséder une ferme. Le premier est de croire que la nourriture pousse dans les épiceries. Le second, de penser que la chaleur provient de la chaudière.
S'il y avait quelque part une ville à taille humaine, où l'on peut garder son intimité tout en ayant une connexion très forte avec les gens, un jardin-ville, j'irais tout de suite.
J'ai grandi à une époque où, si on n'avait pas d'enfant, on n'était pas une vraie femme. Donc, on fait des gosses. Et on se rend compte qu'on s'est fait bananer et qu'on aurait été mieux sans.
Dans certains pays où il y a beaucoup moins de protection sociale qu'en France, on peut lire dans le regard des gens la peur de perdre ce qu'ils ont. C'est terrible.
On reproche souvent aux grands de n'avoir pas fait tout le bien qu'ils eussent pu dispenser. Ils pourraient bien répondre : songez seulement à tout le mal que nous eussions pu faire et dont nous nous sommes abstenus.
Hais ceux qui flattent autant que ceux qui trompent, car les uns et les autres, quand on les écoute, font tort à ceux qui les croient.
Si vous êtes regardé comme un crétin, vous le resterez. Si l'on vous prête de l'intelligence, vous la rendrez au centuple.
Encore quinze ans, encore douze, encore dix avant d'être grand. On croyait ne jamais pouvoir le supporter. Et voici que l'enfance est finie aux yeux de tous, alors que l'enfant est encore là tout entier, tel qu'il a été marqué par les dures années sous-marines.
La jargonophasie de plus d'un psychologue ou psychiatre du front national me fait vraiment rire, nous sommes dans un monde d'expertise ou le temps et bien plus qu'une expérimentation à ces crimes de tout jour dont on connait les coupables.
Un jour, on a demandé à Gainsbourg s'il avait quelqu'un de moins de trente ans à statufier et il a dit quelque chose qui m'a bouleversée : Ce serait France Gall. Ce serait une immense statue en sucre d'orge et tous les enfants viendraient lui lécher les doigts.
La maille, je l'ai commencée par hasard, parce que je voulais à tout prix quelque chose de très petit. Et c'est vrai que l'on a tous quelque chose qui nous touche. Moi, c'était le tricot, pour la tendresse, la douceur.
Jamais on ne laissera la liberté s'éteindre
Parlez et l'on vous dira commun ; Ne parlez pas, vous n'êtes pas mûr ; Pauvre, les gens se moquent : Riche, ils vous envient. Sous ce ciel, la vie, après tout, n'est pas facile.
Quand on songe au prix du bifteck, on comprend plus aisément pourquoi, en Inde, les vaches sont sacrées.
A force d'interroger l'homme, on attend la réponse de Dieu.
Qui on épouse n'a pas d'importance. Le lendemain matin on trouvera toujours quelqu'un d'autre.
Dans le fond des tiroirs y'a des chansons qui dorment,Et des mots que jamais on n'a dits à personne,Qui auraient pu changer le cours d'une existence,Mais qui ont préféré rester dans le silence.
Il faut rechercher la décision seulement si l'on croit que l'acte destructeur a eu un effet suffisant.
Si le coeur est bien là. Faut se garder. C'est du bon kif d'humain. Dès que c'est coupé, faut en replanter. C'est mon idée. Faut se garder. Faut savoir qu'on est des milliers. Comme des champs de blé. Des milliers à s'aimer. Des milliards à pas le savoir.
On oublie les mots comme on oublie les noms. Le vocabulaire a besoin d'être constamment fertilisé ou il mourra.
Vous connaissez certainement un écrivain. On les lit de moins en moins, mais il y en a de plus en plus. Vous en dénicherez facilement un dans votre entourage. On se sent si bien en écoutant les dernières personnes intelligentes sur Terre.
Quand on a accoutumé les esprits à des idées de crime, on y accoutume bientôt les moeurs.
On ne se résigne jamais vraiment à ne pas être aimé.
Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'en prend pas garde, elles se mondialisent.
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire.
Quand on a la réputation d'insulter tout le monde, on n'offense plus personne.
La science consiste à faire ce qu'on fait en sachant et en disant que c'est tout ce qu'on peut faire, en énonçant les limites de la validité de ce que l'on fait.
On a souffert. On s'est surpris à trop aimer. On a rendu, mais on ne sait à qui, les coups du sort. On a jeté parmi les linges sales un front très pur, et faisait-il partie d'un corps ?
On naît homme, puis on le devient.
On ne connaît ni l'intérieur du mont ni l'envers du vent.