On est tous des mamifrères.
L'intelligence est un effort pour savoir de quoi l'on parle.
Les alentours de la trentaine, c'est un âge critique, pour un homme, celui où l'on fait les grosses bêtises, ou plutôt l'âge où les bêtises que l'on fait commencent à être irrémédiables.
On ne se ruine jamais mieux , que lorsqu'on a beaucoup de fortune.
Pécher, c'est avoir honte de ce qu'on fait, quoi qu'on fasse, cette même honte qui s'empara de nos ancêtres quand, au sortir de l'Éden, ils s'aperçurent qu'ils étaient nus.
A l'aspect des lieux que l'on hante,Aux mots qu'on ne dit pas, aux motsQu'on a dits peut-être trop tôt,Aux nerfs sensibles d'une amanteEt à l'énervance de l'airUn soir trop parfumé, trop clair.
C'est bon d'avoir eu un copain. C'est moins douloureux qu'une femme, quand ça vous quitte. On a toujours l'espoir qu'on restera copains, et que les moments passés ensemble ne seront pas effacés par de nouveaux souvenirs avec un autre.
On considère l'Europe comme le continent qui a, plus que tous les autres, profité de la planète. Mais c'est aussi le continent qui lui a donné plus que tous les autres.
Que l'on parle bien quand on parle dans le désert !
On ne désire jamais que ce qu'un autre désire.
Quand on est laid, on n'a jamais vingt ans.
Comme quoi on peut se quitter tout de suite après qu'on s'est promis qu'on ne se quitterait plus jamais.
On ne saurait imaginer un mode d'amour plus essentiellement générateur des discordes. Et c'est pourquoi l'adultère est le compagnon de route éternel, universel du mariage: ils sont impensables l'un sans l'autre.
Parmi les causes de ce qu'on appelle habituellement le « malaise » des esprits, l'une des plus caractéristiques me semble être l'évacuation progressive de la substance de l'Etat. L'Etat se dépolitise. Non au sens de la « politique politicienne », plus présente que jamais. Mais au sens du politique. De l'essence du politique.
On ne s'éprend pas de ce que l'on respecte, ni peut-être de ce que l'on aime ; on ne s'éprend pas surtout de ce à quoi l'on ressemble ; et ce dont je différais le plus, ce n'étaient pas les femmes.
Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.
Morte !... morte !... Il y a de ces mots qu'on prononce sans pouvoir les comprendre.
Si on construisait les routes comme on construit Internet, chacune serait dotée de caméras et de micros de surveillance auxquels nul n'aurait accès sauf la police, ou quelqu'un qui réussirait à se faire passer pour la police.
L'erreur depuis déjà des décennies, c'est qu'on fait des chansons pour les enfants, d'autres pour les jeunes, les vieux, et maintenant les immigrés. Alors que la chanson doit unir les générations.
Il y a des années où on n'est pas en forme.
Si c'est ta volonté,De ne plus m'entendre parler,De ne plus entendre ma voix,Comme auparavant;Je resterai coi,J'attendrai le moment,Que l'on m'ai parlé,Si c'est ta volonté.
On n'a qu'une viePourquoi la partager ?Pourquoi vivre à deuxSi c'est pour vivre à moitié ?Faut pas mélangerL'amour et la pitiéQuand on est malheureuxOn l'est bien plus à deux.
On croit que c'est autre chose qui sauve les gens : le devoir, l'honnêteté, être bon, être juste. Non.
Rien n'émancipe un homme autant que le jeu. Dès que l'on a un peu joué, on se sent moins esclave de l'argent !
On devrait prendre des conjoints comme on prend des députés, pour cinq ans ; après cela, le conjoint essayerait de se faire réélire.
L'amibe n'a pratiquement pas contribué au développement de l'amour - si l'on excepte de dicton populaire : "Les amibes de nos amibes sont nos amibes."
Pleurer est plus doux qu'on ne le peut croire.
On crée des vedettes et on tue des artistes.
J'ai tout de même conscience que, dans la typologie des actrices, il y a des filles plus minces. Mais on s'accepte aussi quand on est bien regardée. Par une réalisatrice, par un homme.
En examinant la Révolution, on découvre combien la sociabilité entre les hommes est extrêmement fragile.
Avant, un vieux, c'était quelqu'un qui savait des choses sur la vie, et qu'on écoutait. Maintenant, un senior, au mieux - c'est-à-dire quand il est riche, bien sûr - c'est un acheteur potentiel de biens et services à la personne. Sinon, il est bon pour l'incinérateur.
Un des dangers d'écrire des maximes, c'est qu'on se met dans le cas d'être cité.
Aimer ce qu'on a : une façon résignée de ne jamais avoir ce qu'on aime.
Qui se montre seul au début du XIIIe siècle, sinon les insensés, les possédés, les marginaux que l'on traque ? L'ordre du monde requiert que chacun demeure enserré dans un tissu de solidarités, d'amitiés, dans un corps.
Si un morceau de vous ne reste pas avec cette part d'enfant, vous ne pouvez pas jouer le rôle. Comment peut-on dire que je suis un cow-boy contre Burt Lancaster avec le fusil à la main, si je ne suis pas un peu un gosse ?
C'est drôle, les saints, on ne les rencontre jamais de leur vivant.
Il faut donc nécessairement, après avoir disséqué sur le mort, disséquer sur le vif, pour mettre à découvert et voir fonctionner les parties intérieures ou cachées de l'organisme; c'est à ces sortes d'opérations qu'on donne le nom de vivisections.
Chaque époque a ses libertés et ses interdits, je pense que l'on peut dire des choses aujourd'hui, que l'on ne pouvait pas dire à l'époque de Desproges ou de Le Luron.
- On sert la main de la déléguée en signe de respect. - Lorsque que la déléguée aura obtenu mon respect, alors je lui serrai la main, pétasse ! - Pardon ?! - C'est bon je te pardonne.
La grâce ne vient pas quand on dit "je veux", mais quand on dit "il faut" !
On pardonne la médiocrité aux livres utiles. Inutiles, ils nous doivent d'être admirables.
On naît, on se marie, on meurt. Parfois, quand on y songe sérieusement, on se pose des questions embarrassantes. Mais la plupart du temps, on se laisser aller et c'est mieux ainsi.
Au "Grand Journal", il faut faire continuellement attention car si on dit une bêtise, ça prend une ampleur incroyable.
Je crois qu'on ne peut faire un rôle que si celui-ci vous touche.
On a beau dire du bien de nous, nous en pensons encore davantage.
On accède aux choses en y renonçant.
On ne réussit pas en s'en tenant aux conventions.
Loin de l'empereur, on a plus de liberté.
La conversion, c'est un brutal éblouissement. Après un éblouissement, on ne voit plus clair, on est aveuglé, on se retrouve dans le noir, comme les lièvres éblouis par les phares d'une automobile.
Ce qu'on nomme bénéfice d'un exercice social est un chiffre arbitraire à l'intérieur d'un domaine limité inférieurement par la crainte de l'Assemblée générale et supérieurement par la cranite de la correctionnelle.