On peut faire des petits événements une porcherie ou du miel.
On devient amoureux d'une femme dont la beauté touche le coeur.
On ne peut surveiller le voleur de la maison.
L'âge mûr est celui où l'on ne se couche plus uniquement pour ne pas dormir.
Mais, quand on a vaincu, la passion expire, Ne souhaitant plus rien, on n'a plus rien à dire.
Quand on a plus d'argent qu'il nous en faut, on ne sait ce qu'il peut coûter aux autres...
On devrait payer les parlementaires avec des jetons d'absence.
Qu'on ne mette pas la crainte chez l'homme, qu'on lui procure une vie au sein de la paix, et que l'on obtienne qu'il donne volontiers ce qu'on lui prenait en l'effrayant.
Pourquoi répondre aux remords quand on n'a pas eu le droit de réagir sous l'affront.
On est porté à s'attrister quand on se regarde sérieusement.
L'emballage d'un écrivain qui a réussi, c'est sa légende, les anecdotes qu'on raconte à son sujet, les mots d'esprit qu'on lui attribue... même sans jamais l'avoir lu.
Et d'une raillerie a-t-on lieu de s'aigrir ?
- Ça sert à rien ! Tu crois que Jésus il l'avait son bac ? - C'était à une autre époque...- Et alors ? Il a pas ressuscité pour venir le passer à ce qu'on sache !
L'unique chose à quoi on doit penser, et je m'en rends compte sur la fin de ma vie, c'est à la mort.
Cela nous vient de l'école primaire : volontiers, nous nous représentons l'Histoire comme une succession de tiroirs dont on ne tire l'un qu'après avoir fermé l'autre.
Que le bonheur qu'on prend ne soit pas du malheur qu'on donne.
Lorsque l'oeil contient des impuretés, c'est à l'oeil que l'on montre ces impuretés pour que ce premier se rende compte de son manque d'hygiène.
Je sais jusqu'où je peux aller et jamais en tout cas je ne prendrai le risque de nuire à ma santé. On n'emporte pas l'argent dans sa tombe. C'est à chacun de prendre ses responsabilités.
Tombée amoureuse comme on attrape une maladie : sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis...et puis je l'ai perdu. De la même manière...
Comme l'apprend vite tout bon rédacteur, c'est justement ce qui est évident qui doit être souligné - sinon on passera à côté.
Les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu'on vient leur demander.
On n'invente pas Dieu, il se révèle...
On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.
L'immense majorité des hommes désire et a une femme à la mode, comme on a un joli cheval.
Les ennuis, c'est comme le papier hygiénique, on en tire un, il en vient dix.
Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint toujours de savoir !
L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).
Ce qu'on appelle liberté, dans le langage politique, c'est le droit de faire des lois, c'est-à-dire d'enchaîner la liberté.
Il y a beaucoup d'hommes qui se marient, comme on devient fonctionnaire.
Certains gestes irréparables s'accomplissent avec une facilité dont on ne manquerait pas de s'effrayer si on s'arrêtait à y penser.
Une femme, on la comprend mieux à la regarder qu'à l'écouter parler.
Le plus orgueilleux peut avoir besoin qu'on le croie modeste.
On ne triomphe bien que de ce que l'on assimile.
On apprend à se faire à tout dans le monde, à la misère comme à la jouissance.
L'écriture c'est comme la vie, on ne peut pas revenir en arrière.
On se sent moins pauvre quand on est seul à le savoir.
Ecrire des drames, c'est tout de même ce qu'il y a de plus intéressant. Pareil à un petit dieu, on sonde les coeurs et les reins..., on juge..., on punit, on absout et on récompense.
On ne va jamais jusqu'au fond de sa solitude.
On joue avec le langage comme un enfant joue aux cubes. Mais aux cubes, impossible de faire quelque chose de nouveau : on ne peut construire que des figures fixes quelle que soit la manière dont on les dispose.
On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.
Il y a des places qu'il faut laisser désertes. Il y a des actes qu'on ne peut faire sans être aussitôt défait par eux.
On ne peut pas décréter la fin des choses.
Avant d'avoir abordé le monde, on est très exigeant. Pour soi-même et pour le monde.
Les termes ont le sort qu'on voit au genre humain : Un mot vit aujourd'hui qui périra demain.
J'ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors elle sort tout entière.
- Bon, ok, j'ai fait un trou dans ta moto, t'as fais un trou dans ma roulotte, alors on est quitte ! - On est quitte ? - Ouais ! - Non, on est pas quitte. Répare ma moto, et après on s'ra peut-être quitte.
Depuis la liquidation de l'Empire, il ne se passe plus rien en France. Il n'y a plus eu de drame politique comparable à ce qu'on a vécu.
La célébrité télévisuelle est vulgaire, sans prestige, elle repose sur la familiarité. Si on est "dans" la télé, on est célébre. Monsieur météo n'est-il pas le roi de l'Audimat ?
Il faut penser deux fois à ce que l'on veut, parce qu'un jour ou l'autre l'on possède.
Tant qu'on peut se parer de son propre mérite, on n'emprunte pas celui de ses ancêtres.