Plus j'étais traitée comme une femme, plus je devenais femme. Je m'adaptais bon gré mal gré. Si j'étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d'ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. Si l'on pensait qu'une valise était trop lourde pour moi, inexplicablement, je la jugeais comme telle, moi aussi.
La disparition de la classe ouvrière, c'est de l'enfumage pur et simple. Aujourd'hui, quand on est caissière, femme de ménage chez Renault, on n'est pas compté dans la catégorie des ouvriers. L'auto-entrepreneur qui livre des pizzas à vélos, il ne [...] â–º Lire la suite