Attends pour nier Dieu qu'on ait bien prouvé qu'il n'existe pas !
Quand on a mal aux fesses, la pièce est mauvaise.
Ce qu'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du monde.
Il nous est difficile de parler de bêtise, sachant bien qu'on est, ou deviendra, toujours l'imbécile de quelqu'un.
Peut-on se montrer sans être nu ?
Il y a une différence capitale entre "être" et "en être". Appartenir à l'un ou à l'autre groupe n'a aucune importance pourvu qu'on s'amuse.
La mort se débite dans le monde à la machine. On fabrique des cadavres comme on fabrique des boulons.
Quelles que soient les larmes qu'on pleure, on finit toujours par se moucher.
Je répète : la méditation, c'est tout ce qui se passe en soi pendant le temps où on est assis, immobile, silencieux.
On attache les hommes avec la parole, les boeufs avec de la corde.
Tout ce qu'on considère comme acquis est à revoir. On s'habitue vite à quelque chose.
Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont.
La douceur de la gloire est si grande, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime.
Quand on ne veut pas être faible, il faut souvent être ingrat.
On a beau répondre froidement. Si l'on répond trop vite, c'est la passion.
On est quelque chose aujourd'hui, qu'en proportion de ce qu'on a de portes et de fenêtres.
A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?
L'auto-stoppeuse est une passagère avec laquelle on sait quand on part, mais avec laquelle on ne sait jamais jusqu'où ça peut aller.
Les imbéciles grandissent sans qu'on les arrose.
On est toujours maladroit quand on a pitié des autres.
Ecrire des chansons c'est comme l'amour ; plus on écrit, plus on doit écrire.
L'esprit est une tour de guet d'où l'on est à l'affût de tout incident susceptible d'exciter l'imagination.
A-t-on déjà vu quelqu'un embrasser l'instant qui passe ?
Quand on refuse de se mentir, on se condamne fatalement à la déception.
Y a-t-il une chose qui soit plus agréable que de préparer le petit-déjeuner à quelqu'un qu'on aime ?
Mon père tenait beaucoup à ce que j'aille à l'école pour apprendre la politesse. J'arrive ; dans la rue, y a un panneau : "ralentir, école". Y croyaient quand même pas qu'on allait y aller en courant non plus !
On dit que l'argent n'a pas d'odeur : le pétrole est là pour le démentir.
Par la soif, on apprend l'eau.
Quand on prend plaisir à entendre médire, on est du nombre des médisants.
Se contenter de la femme qu'on a c'est ne jamais connaître la femme rêvée.
On va au théâtre pour voir et savoir, pour sentir et ressentir. On se met en état d'attente, dans l'espoir d'attendre ou de comprendre quelque chose que l'on n'a pas su comprendre jusqu'alors.
Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
Chaque jour, on s'en va de soi. Des morceaux de peau, des provinces de nos mémoires se retirent.
Les hommes n'ont pas de cellulite. Rien que pour ça, on sait que Dieu est un homme.
"On" n'est pas indéfini, c'est "je" qui manque de précision.
Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les discours qu'on peut tenir sur moi.
Je me noierai dans tes étreintes, dans tes vallées, tes sillonsTes merveilleux labyrinthesEt tes mystérieuses plaintesÀ chaque amour que nous feronsLe rouge de ta bouche peinte enflammera l'horizonJusqu'aux étoiles presque éteintesOn y trouvera nos empreintesEt de là, nous nous perdrons.
On est démocrate quand ça vous arrange... le reste du temps on est fasciste pour les autres et anarchiste pour soi.
On devrait couler au fond de la mer, probablement, et vivre seul avec ses paroles.
On n'aime bien que les femmes qu'on n'a pas eues.
À la Sécurité Sociale, tout est assuré... sauf la pendule. Ça on risque pas de nous la voler, le personnel a les yeux constamment fixés dessus.
"France, mère des arts, des armes et des lois...", pourquoi veut-on toujours y brouiller les premiers avec les derniers?
On ne peut être normal et vivant à la fois.
Pessimisme, signe d'impuissance : on est pessimiste parce qu'on se sent incapable de dominer la vie.
On demande volontiers au polyglotte : "En quelle langue pensez-vous ?" Je lui pose plutôt cette question : "En quelle langue souffrez-vous ?" Celle-là, c'est la vraie, la maternelle.
Les choses dont on ne parle pas n'existent pas.
Sait-on jamais qui, de celui qui part ou de celui qui reste, ira le plus loin ?
La vie mérite-t-elle tant de soins, vaut-elle tout le mal qu'on se donne pour la vivre ?
On ne dit jamais rien parce qu'on parle tout le temps.
Agiter le thème de l'exception culturelle française, c'est chercher à se réhabiliter comme on sauverait les meubles.