Mauvais est l'homme qui oublie honte et vilenie qu'on lui fit.
Mourir, c'est facile, mais vivre on ne s'en sort pas.
Tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques, commencent par un livre. Ils prendront fin lorsqu'on écrira beaucoup plus de livres.
Décider de tuer un être humain dont on s'est rendu maître, c'est toujours être vaincu.
Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie.
On n'attelle pas au même timon le cheval fougueux et la biche craintive.
Crois-moi, vivre ignoré, c'est vivre heureux, et l'on ne doit pas s'élever au-dessus de sa sphère.
On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice.
La justice est une si belle chose, qu'on ne saurait trop cher l'acheter.
On se brise même quand on est jeune et on se refait, mais on ne se refait pas jusqu'à redevenir intact.
La véritable forme du sentiment, ce n'est pas la conscience qu'on en a, mais l'action qu'on en tire.
On n'en veut pas tant à un automobiliste de ses entourloupettes sur la route qu'à soi-même de n'en avoir pas eu le premier l'idée...
Rien n'est plus irritable que l'indépendance de l'adolescent. Si on froisse en lui ce droit qu'il vient de se découvrir avec ravissement, il se rebiffe et fait par révolte le contraire de qu'on lui commande.
Il faut penser. Il faut lire. On apprend, on apprend tout. Tout est dans les livres...
Pour garder les rênes du pouvoir, on ne provoque pas les mécontentements, on les canalise...
Un jour, on ne rêve plus que d'ailleurs.
A la demande d'un ami, on ne répond pas "plus tard".
Est-ce qu'on est maître de devenir ou de ne pas devenir amoureux ? Et quand on l'est, est-on maître d'agir comme si on ne l'était pas ?
Wagner : un beau coucher de soleil que l'on a pris pour une aurore...
Aujourd'hui encore, la censure tolère à peine, dans les théâtres, les signes de croix, alors qu'on ne craint pas d'en tirer des effets comiques dans la très catholiques Espagne;
Telle lumière dans l'espritQui brille quand on quitte, de nuit, sa chambre,Une lampe cachée contre son coeur,Pour retrouver une autre ombre dansante.
Et on dit que, si la femme allume les bougies du Chabat, c'est pour apporter la lumière dans le coeur de L'histoire.
Les femmes, faut pas leur accorder trop d'importance. D'ailleurs, nous, on ne leur en a jamais accordé beaucoup.
On peut descendre pour défendre les valeurs de la République même si on n'est pas d'accord avec les caricatures !
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
Au fond, on ne sait que lorsqu'on sait peu ; avec le savoir croît le doute.
On est toujours trop prêt quand on a du courage.
Mais on a beau pleurer très sincèrement, il y a toujours un moment où il faut remettre de la poudre.
Pour un instrumentiste, un concertiste, il y a une limite dans les progrès que l'on peut accomplir, en revanche, dans la comédie, c'est illimité.
Peut-être qu'en dormant on s'entraîne à mourir ? A moins que l'on ne dorme en mémoire des morts ?
Plus que l'homme, la femme tient à se tenir à la hauteur de l'opinion qu'on se fait d'elle.
Une idée nouvelle est un coin que l'on ne peut faire entrer que par le gros bout.
Rien ne commence dans l'enfance, même si l'on se berce de premières fois. Tout a déjà pris racine avant, sans qu'on s'en aperçoive.
On ne peut plus arriver à la vérité que dans un roman.
Quand on chasse le crotale, généralement on ne le trouve pas... et il n'est pas rare qu'il ait mordu avant qu'on l'ait vu.
Les chrétiens sont les seuls au monde qui s'agenouillent devant un instrument de torture. Si Jésus avait été martyrisé à notre époque, je suis sûr qu'on aurait tous des petites chaises électriques autour du cou.
On ne voit pas toujours ce que c'est qu'un visage.
On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage.
Ce n'est pas par le génie mais par la souffrance, par elle seule, qu'on cesse d'être une marionnette.
C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente, j'ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c'est si beau d'attendre celle que l'on aime.
Dans le doute on s'abstient, c'est plus sage et moins féroce.
La liberté est un bien immense, mais qu'on ne peut goûter qu'à la condition de vivre.
Il y a des auteurs en littérature qui m'ont fait prendre conscience que si on voulait véritablement changer les choses, on devait incarner les valeurs, pas juste les évoquer.
La Révolution, par définition, est une surprise, elle ne se déroule jamais comme on aurait pu s'y attendre.
On combat les idées nuisibles par d'autres idées. On combat le mensonge par la vérité.
On fabrique de la probité avec toutes sortes de vices, comme on fait du papier blanc avec des guenilles de mille couleurs.
Le devoir, l'honneur ! Des mots à qui on fait dire ce qu'on veut, comme aux perroquets.
Les ordinateurs, plus on s'en sert moins, moins ça a de chance de mal marcher.
Quand on a des opinions courantes, on les laisse courir.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.