Nier en criant est encore une sorte d'aveu puisqu'on ne crie pas en face de l'indifférence.
La vérité, que personne n'avoue, c'est qu'une fois les illusions enfuies, on passe sa vie à souffler sur le miroir aux regrets. Mais toujours la buée s'efface.
On peut faire très sérieusement ce qui vous amuse, les enfants nous le prouvent tous les jours...
En voulant, on se trompe souvent. Mais, en ne voulant pas, on se trompe toujours.
Le bonheur est la seule chose que l'on puisse donner sans l'avoir soi-même.
On ne peut pas aimer l'humanité. On ne peut aimer que des gens.
Croire en Dieu est une attitude qu'on ne peut ni réfuter, ni discuter, ni approuver, ni blâmer.
On ne se connaît pas vraiment quand on ignore les autres.
On ne renonce pas à ses rêves, on les modifie seulement.
Les yeux des femmes posent toujours la même question : est-ce qu'on me désire ?
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que les autres n'ont pas voulu.
On est comédien pour se détruire et s'étonner en renaissant de rien.
Moi aussi on m'a dit ça Fais pas ci fais pas ça Et j'en suis arrivé là.
A quoi arrive-t-on, si l'on arrive : pour le peu de temps qu'on y passera.
Nuance : quand l'homme est mort, on l'enterre ; quand l'arbre est mort, on le déterre !
On n'en revient pas de ce qui se passe dans le monde des adultes, finie l'indulgence attendrie, au casse-pipe il faut aller, et tout seuls, c'est comme ça que se fait le tri !
Qu'est-ce qu'il faut faireQuand on ne sait rien faire ?On devient un homme à tout faireOn a les embêtements les plus diversOn n'a jamais le temps de boire un verreSans risquer de l'avaler de travers.
La nature est prévoyante : elle fait pousser la pomme en Normandie sachant que c'est dans cette région qu'on boit le plus de cidre.
Les mystères du christianisme forment un tout indivisible. Si l'on se plonge dans l'un, on est conduit à tous les autres. C'est ainsi que le chemin qui commence à Bethléem mène immanquablement au Golgotha, de la crèche à la croix.
Comment parler de dignité au travail si l'on estime en son fort intérieur que son job ne devrait pas exister ?
C'est avec de l'appât qu'on prend la truite.
Repousser les limites de ce que l'on attend de vous est important pour moi.
On a tous la possibilité de faire de la politique dans sa vie quotidienne. On peut tous être un peu responsables.
On est toujours persuadé qu'il n'y a qu'une personne au monde à aimer et on en trouve une autre pourtant un jour. Et ça à l'air dingue de s'être autant inquiété pour ça au début.
Chez la plupart des gens qui bossent, on sent une somnolence de fonctionnaire. C'est le genre : "Réveille-toi, c'est l'heure d'aller se coucher !"
Qu'est-ce que la foi ? C'est de croire fermement ce que l'on ne comprend pas.
On est volé à la Bourse comme on est tué à la guerre, par des gens qu'on ne voit pas.
On aime si bien les yeux fermés. A quoi bon les ouvrir ?
Comment arrêter son regard sur la première à laquelle on a juré fidélité éternelle quand il y en a des milliers qui nous obligent à renier sans cesse nos premières paroles ?
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
On va en enfer pour ne pas avoir froid.
La vie, c'est un peu comme une pièce de théâtre, dont nous serions les acteurs... et les autres, le public. Mais à la fin, on ne vient pas saluer. On meurt sur scène comme Molière.
On confond toujours vérité et nouveauté.
Il ne faut pas confondre partir et fuir. On n'échappe pas à sa condition humaine.
Wagner : un beau coucher de soleil que l'on a pris pour une aurore...
La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
La vie coule... On ne la sent pas. Elle glisse sur nous ; on se retourne : elle n'est plus là.
Le même discours dans la bouche d'un homme obscur, ou dans celle d'un homme qu'on considère, produit des impressions bien différentes.
Le cinéma, c'est l'opéra du vingtième siècle. On a tous les arts : les écrivains, les acteurs, les décorateurs, les chefs opérateurs, les musiciens, pour faire une oeuvre totale.
Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
La mort est si ancienne qu'on lui parle latin.
Pourquoi se mettre à écrire quand on sait son intérieur intraduisible.
On ne remporte ici-bas que des prix de consolation.
Tant que l'on se réfère à une autorité, on ne sait rien.
Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.
On ne peut connaître tous les aspects de sa propre culture ; ainsi le poisson vit dans l'eau mais il ne peut bondir hors de celle-ci pour voir à quoi elle ressemble.
Le métier des lettres est tout de même le seul où l'on puisse sans ridicule ne pas gagner d'argent.
Généralement les hommes sont plus riches des mystères qui les constituent que de ceux qu'ils élucident, et les secrets dont on retire l'écorce deviennent de pauvres petites connaissances mises au jour.
Parfois on dit : "On aurait presque pu... " Là, c'est la phrase triste des adultes qui n'ont gardé en équilibre sur la boîte de Pandore que la nostalgie.