La langue est un porc sauvage ; on ne peut la dompter.
C'est au moment où on l'enfourne que le pain se fait ras ou cornu.
Je suis le seul animateur qu'on emmerde avec les questions de pognon, alors que je suis un de ceux qui gagnent le moins !
Les coeurs sont trop précieux pour qu'on les brise.
On n'attend point le sublime par degrés; la distance entre le sublime et le tout juste beau est infinie.
On ne peut pas tout avoir. Et puis d'abord où le mettrait-on ?
On n'insistera jamais assez sur les inconvénients que présente l'abus de cyanure de potassium dans l'alimentation des nouveau-nés.
Ne donne pas de conseils à moins qu'on ne t'en prie.
On concède la liberté en gros pour la contraindre dans le détail.
Les regrets, ce n'est que de la rature : on n'efface pas.
Quand on dit d'un artiste comique de grand talent qu'il n'a pas de prix, ce n'est pas une raison pour ne pas le payer sous le fallacieux prétexte qu'il est impayable.
Retrouve-t-on sa jeunesse ? On refait une fortune, mais efface-t-on une ride ?
Les chats suivent le principe selon lequel on ne blesse personne à demander ce que l'on veut.
Comment penser le monde si on ne sait pas le rêver ?
On ne peut plus arriver à la vérité que dans un roman.
Le jeu de boules est une activité dans laquelle on s'engage tout entier. Le temps n'y existe plus et plus rien n'a d'importance que le mouvement fascinant de ces sphères inspirées.
Ce n'est pas parce qu'on est entouré d'ânes qu'on doit se mettre à braire !
On ne peut tirer les hommes par les cheveux pour les arracher à l'erreur.
Tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques, commencent par un livre. Ils prendront fin lorsqu'on écrira beaucoup plus de livres.
Chaque jour appuie ma conviction du peu de confiance qu'on peut accorder aux apparences du mérite et du bon sens.
On continue à s'entre-tuer pour un dieu, une rivière, la couleur de la peau. Il ne faut pas avoir la peau basanée là où il faut avoir la peau blanche, la peau blanche là où il faut l'avoir basanée, il ne faut jamais croire au dieu qui n'est pas le bon.
A-t-on bien vu que, lorsque le destin s'en mêle, il va comme le vent et jonche la route avec les coeurs - nos pauvres coeurs humains ? Ainsi se font les feuilles mortes.
Le créateur, ce n'est pas parmi les personnages qu'on doit le chercher, ses secrets sont dans sa manière de créer.
On peut vivre des années avec sa femme puis on devient progressivement sourd.
On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n'était pas un être radicalement débile. Sa débilité n'est qu'apparente ; elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l'homme.
On pardonne mal au premier de classe de ne jamais laisser la place aux autres.
L'amour, c'est quand on ne dit rien - qu'est-ce qu'on pourrait dire qui vaille ?
Une idée nouvelle est un coin que l'on ne peut faire entrer que par le gros bout.
Enfants, on nous montre tant de choses que nous perdons le sens profond de Voir. Voir et montrer sont phénoménologiquement en violente antithèse. Et comment les adultes nous montreraient-ils le monde qu'ils ont perdu !
Si une tartine tombe toujours du côté beurrée, et qu'un chat retombe toujours sur ses pattes, que se passe-t-il si on laisse tomber un chat sur le dos duquel on a attaché une tartine beurrée ?
On s'habitue à la prison de son enfance. Et même une fois qu'on en a ouvert la porte, on a toujours peur d'y revenir et que la porte se referme d'un coup.
Conclure que quelqu'un est heureux est toujours très risqué. On peut avoir tout pour être heureux sauf le bonheur.
L'animal est ainsi le seul être animé dont l'existence se confonde avec l'existence, et avec l'existence seule. C'est pourquoi il peut, en un sens, être considéré comme le meilleur « témoin » de l'existence, le seul témoin qui soit à [...] ► Lire la suite
Plus on en donne, moins les gens travailleront pour eux-mêmes, et moins ils travailleront, plus leur pauvreté augmentera.
D'échelon en échelon, on grimpe à l'échelle.
On ne peut pas forcer les gens à aller au cinéma ! Ou alors, on change de régime...
Il n'y a rien de plus sot qu'un journal, tout ce qu'on écrit de sincère est niais.
Quand on aime, on doute souvent de ce qu'on croit le plus.
Qu'est-ce que le vice ? Un goût qu'on ne partage pas.
On a tort de craindre la supériorité de l'esprit et de l'âme ; elle est très morale cette supériorité, car tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté.
Il n'y a rien de plus compromettant que la folie et l'on ne s'en passionne pas sans y ajouter sa part.
La véritable forme du sentiment, ce n'est pas la conscience qu'on en a, mais l'action qu'on en tire.
Imaginez une société dans laquelle il n'y aurait aucune loi à transgresser. Il est probable qu'on y mourrait rapidement d'ennui.
Ce n'est qu'une fois transposée en action qu'on voit ce qu'une mise en scène peut faire d'une idée.
On intervient toujours trop tôt dans la vie des autres.
Si ténus et si vagues que soient nos rapports avec autrui, on réalise par la suite l'erreur qui nous ferme une porte.
Il n'y a souvent que le blasphème pour exprimer ce en quoi on a foi.
En se plaignant du peu qu'on a on ne l'augmente pas. On se le gâte, on le perd.
Peut-on être forcé d'adhérer ? Peut-on être forcé d'aimer ? On doit s'y disposer soi-même, consentir à la foi comme à l'amour.
On reconnaît un homme au fait qu'il est un homme, et aux dettes qu'il a laissées.