Les chats suivent le principe selon lequel on ne blesse personne à demander ce que l'on veut.
C'est dans le malheur que l'on reconnaît ceux qui nous estiment.
L'âme et la vie intérieure, c'est ce qu'il y a de plus profond et donc de plus difficile à exprimer. C'est inépuisable. On ne se voit pas tel que Dieu nous voit.
Comme tous les hommes, ça vous jure tout ce qu'on veut mais, dans le fond, ça ne pense qu'à biaiser !
Il ne faut pas confondre partir et fuir. On n'échappe pas à sa condition humaine.
C'est moins rare qu'on ne croit, la rancune dans l'amour.
La mélancolie, c'est le voyage des vies qu'on n'a pas eues.
On peut essayer de convaincre les hommes par ses propres raisons, on ne les persuade que par les leurs.
Chacun sait que les armes de dissuasion ne sont efficaces que si l'on ne s'en sert pas.
Dans les meetings, jadis, j'expliquais que 2 x 2 égale parfois 5. Quelquefois, lorsqu'on se trompe, ça peut faire 3.
Les acteurs rateraient très souvent, presque toujours, leurs entrées en scène, s'ils n'avaient pas, étant en coulisse, cette pensée constante : Il me semble qu'il y a bien longtemps qu'on ne m'a vu !
On appelle réflexe les mouvements que l'on fait sans réflexion.
Dans cet éternel commerce qu'est l'existence, et dans cette chambre d'affaires qu'est la vie, Dieu est le client qu'on introduit le dernier, comme dans un bureau d'affaires l'homme de moindre importance.
Il y a plus d'honnêtes femmes qu'on le croit, mais pas tant qu'on le dit.
On se plaît au récit des maux qu'on ne sent plus.
Le trésor que l'on espère Vaut presque le trésor qu'on a.
C'est l'ensemble de la vie individuelle que l'on devrait nommer "destin" et non pas ce futur tangible qui, d'une heure sur l'autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Le Beau et le Bien sont régis par des lois opposées : le Beau est d'autant plus beau qu'on parle de lui, le Bien est d'autant moins bien qu'il en est question.
La réalité ne peut être saisie au moyen de mots, d'enseignements, de débats ou de spéculations intellectuelles. Pour l'atteindre, il faut transcender toute question et toute réponse. Voilà comment on fait l'expérience directe de la réalité.
L'honneur, c'est d'être heureux quand on est malheureux.
On confond toujours vérité et nouveauté.
On ne fait pas la révolution avec des sentiments.
On est toujours enclin à croire que le travail est aisé à celui qui a un talent. Il te faut peiner toujours, homme, si tu veux accomplir de grandes choses.
C'est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d'une logique implacable dans un dessein futile. Le mieux que l'on puisse en espérer est une certaine connaissance de soi - qui vient trop tard - et une moisson de regrets inapaisables.
Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment - et grâce à qui- l'on pourra le surmonter.
On peut couillonner quelques personnes pendant quelque temps. On ne peut couillonner tout le monde, tout le temps.
Il y a déjà longtemps qu'on a dit : « Du jour où les Romains ont cessé de croire aux poulets sacrés, c'en a été fait de l'Empire romain. »
Les vrais copains, c'est pas quand on boit, c'est quand on est sobre.
On est toujours ingrat pour le don du nécessaire, jamais pour le don du superflu. On en veut à qui vous donne le pain quotidien, on est reconnaissant à qui vous donne une parure.
L'ennui quand on est tolérant, c'est que les gens pensent qu'on ne comprend rien au problème.
On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit.
Jamais les hommes ne deviennent plus tendres que lorsqu'on leur a pardonné une infidélité de passage.
On se brise même quand on est jeune et on se refait, mais on ne se refait pas jusqu'à redevenir intact.
On met des fils de fer autour des pelouses pour arrêter les gens qui vont y déposer des statues.
On hait, on admire ; on hait si l'on ne peut atteindre ; on admire ce que l'on croit un jour pouvoir posséder.
Avec deux malheurs on peut faire une grande catastrophe.
Pour qui vit-on ? Pour qui écrit-on ? Devant qui, en fin de compte, est-on moralement responsable de ses actes ?
On ne peut plus arriver à la vérité que dans un roman.
A la longue on joue de plus en plus mal le rôle qu'on s'est octroyé.
Etre populaire quand on veut gouverner ? Cela ne s'est jamais vu.
L'oeuvre d'un auteur est, ou devrait être, une totalité, un grand organisme dans lequel chaque partie est reliée aux autres par d'innombrables fils, nerfs, muscles, écheveaux, et canaux... qu'on le touche quelque part, il réagit ailleurs.
Mes racines, c'est la Corse. Et en Corse, on n'a pas pour habitude de se dégonfler ni de se dérober.
Il y a de bonnes raisons d'interdire le LSD, le DMT, le STP, on peut bousiller définitivement sa tête avec, mais pas plus qu'au ramassage des betteraves ou en bossant à la chaîne chez General Motors, en faisant la plonge ou en enseignant l'anglais dans une fac.
Il a une fois demandé l'aumône d'une statue et, lorsqu'on lui a demandé pourquoi il l'avait fait, il a répondu: "Pour s'entraîner à être refusé."
Je ne crois pas à la réparation. Je dirais plutôt qu'on apprend à vivre avec soi.
On s'croyait invincibles quand on était mômes, insouciant, parents soucieux, de la veille à l'aube.
L'Histoire fait irruption au sein de vies en apparence banales, dévoilant d'un coup le courage impavide d'hommes que l'on pouvait juger ordinaires.
On sait plus de choses sur un homme en regardant ses mains qu'en l'écoutant parler.
Un pays où on peut se moquer des politiques, des religions, des races et des sexualités est mieux armé qu'un autre contre l'extrême droite.
Durant la vie, on reste assis sans se reposer. Une fois mort, on se repose sans s'asseoir.