On ne peut concevoir le ciel sans la terre, ni la terre sans le ciel. Peut-on concevoir un homme sans épouse, une femme sans mari ?
Avoir une idée originale, c'est se souvenir de quelque chose qu'on a entendu quelque part et avoir oublié où.
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers.
En amour, tout est vrai, tout est faux ; et c'est la seule chose sur laquelle on ne puisse pas dire une absurdité.
C'est un travers de notre démocratie de courir aveuglément aux réformes. On demande une réforme... et elle n'est pas plus tôt votée qu'on s'en détourne, qu'on court à une autre.
Un sacrifice qu'on reproche n'est plus qu'une faute dont on s'accuse.
On appelle défauts ce qui, chez les gens, nous déplaît, et qualités ce qui nous flatte.
On dirait que l'humanité tout entière a oublié et cherche à rappeler on ne sait quelle loi perdue.
On ne peut séparer propriété et pouvoir ; on peut simplement les faire changer de mains.
Est-il indispensable, après tout, de découvrir qui l'on est ? Et n'y a-t-il pas plus de joie à se méconnaître, et à se perdre de vue ?
Quand on croise son destin, le secret s'impose. La magie est à ce prix.
Ne sait-on pas que la morale est pour les prêtres ce que l'hygiène est pour les médecins ?
Aux gars on promet, Aux filles on donne.
Les autres gens ne savent pas tout ce que les livres représentent quand on est enfermé. La lecture, l'étude et la radio, voilà nos seules distractions.
Au bout d'un ou deux siècles d'exploitation se produit une véritable émaciation du panaroma culturel national. La culture nationale devient un stock d'habitudes motrices, de traditions vestimentaires, d'institutions morcelées. On y décèle peu de mobilité. Il n'y a pas de [...] ► Lire la suite
Personne ne veut qu'on touche un point sensible, et donc une société avec tant de plaies tremble quand quelqu'un a le courage de le toucher.
Jeune, on apprend à parler. Vieux, on apprend à se taire.
Je me rends compte que plus on vieillit, moins on porte de maquillage, plus on a l'air jeune.
J'entendais même qu'on me reprochait de manger des frites. Mais quelle est cette conception ?
On s'est embrassé toi et moi, comme dans « Autant en emporte le vent », avec la montée de la musique et la montée de... la musique ! C'était rien pour toi ?
La littérature bouleverse des vies quand on rencontre le livre qui donne envie de lire.
On peut dire schématiquement que le monde ne dort plus. ; l'une de ses moitiés tenue éveillée par la faim, et l'autre par la peur des affamés.
On a peine à haïr ce qu'on a bien aimé. Et le feu mal éteint est bientôt rallumé.
Le temps, tout comme un conjoint, c'est dans le lit qu'on le trompe le mieux.
On sort de l'enfance comme d'un pays. On ne revient pas en arrière.
Les plus beaux vers sont ceux qu'on n'écrira jamais.
La vie est une courtisane séduisante dont le coeur est aussi faux que son visage fardé. On peut s'en amuser, c'est une jolie maîtresse mais il faudrait être fou pour lui livrer son coeur.
On suit l'éléphant dans la brousse pour ne pas être mouillé par la rosée.
On a raison de dire "con comme la lune". La lune est tellement con qu'elle croit que la terre est son satellite.
Si l'on couchait par écrit, sans rien inventer, l'histoire cachée des petites gens, les romanciers en resteraient abasourdis.
La grande faiblesse des régimes de liberté, c'est que chacun y est libre de clamer qu'on ne l'est pas.
Une laide impérieuse et qui veut plaire est un pauvre qui commande qu'on lui fasse la charité.
On dit : la nuit tous les chats sont gris. Faux : tous les chats dorment.
La vie c'est comme une multiplication : même si on a beaucoup de chances, si on est à "zéro", rien ne sert.
A une époque où on assiste à un transfert de gestion de la crise sociale du politique au psychiatrique, on ne peut qu'être inquiet de voir transférer le soin psychiatrique vers la religion ou la religiosité.
On n'a jamais l'intention d'aller nulle part à Paris : on ira peut-être faire un tour.
Les choses qui nous apportent le plus sont celles que l'on emporte sans préméditation.
Le bonheur, je crois, après pas mal d'expérience, s'atteint et se procure par des choses qui sont gratuites et de petites choses minuscules auxquelles d'ordinaire on ne fait pas attention.
Ouais, j'ai vu un gros titre une fois. C'était : « la semaine prochaine c'est la fin du monde ». Et dans le journal de la semaine suivante ils ont dit qu'on avait été miraculeusement sauvé à l'heure H par un oiseau-mutant-koala-poisson. Ah ils nous prennent vraiment pour des cons.
Il n'est jamais aussi difficile de féliciter une amie pour son bonheur que lorsqu'on le juge immérité.
J'aime tout de la France, excepté cette chose souvent inqualifiable qu'on est convenu d'appeler l'esprit français.
La seule chose dont on soit sûr, après la mort, c'est qu'on aide l'herbe et les fleurs à pousser, tout le reste, ce sont des boniments.
Le temps est élastique. Avec un peu d'adresse on peut avoir l'air d'être toujours dans un endroit et être toujours dans un autre.
On est toujours plus vieux que sa femme, surtout lorsqu'on a épousé une femme plus âgée que soi.
Que peut-on bien boire là-haut d'où il ne tombe que de l'eau ?
On va pas au sommet en groupe. On y va seule, et ceux qui restent derrière restent derrière, c'est comme ça.
Pour savoir où on en est avec quelqu'un, il suffit d'écouter de la musique ensemble. Le moindre désaccord nerveux vient faire taches dans les intervalles, mais si le son passe sans rencontrer personne, c'est le signe que tout va bien.
Faire moins bien qu'avant, c'est la seule façon de voir si on a encore un impact.
On ne cesse jamais d'être un enfant tant que l'on a une mère vers qui aller.