Ce n'est pas en remettant au lendemain que l'on remplit sa grange.
L'Anglais est un praticien qui n'a pas de théories ; l'Allemand, un théoricien qui applique ses théories ; le Français, un théoricien qui ne les applique pas : c'est ce qu'on appelle chez nous avoir du bon sens.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
Ne dit-on point d'une chose qui fait plaisir, qu'elle en vaut la peine ?
L'avenir est un inconnu à toutes les dimensions. Mais le passé est un abîme où l'on risque à chaque pas de s'anéantir si on ne réussit pas à faire taire les échos.
Il ne faut pas mépriser les bienfaits de vivre, même si l'on est sevré de ses plus grandes affections.
On n'a jamais cessé de jouer les anciennes comédies, mais on les a tournées autrement.
Le mot importuner ? Son sens dépend beaucoup du nombre de litres qu'on a bus.
Etre aimé c'est accepter d'être pris pour ce qu'on n'est pas.
On prononce certains mots non pour qu'ils soient entendus mais parce qu'on juge important de s'exprimer.
Ainsi, l'un sur l'autre on déteint, Et souvent, pas pour notre bien, Sachons donc choisir nos voisins...
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Ce qu'on mange avec goût se digère aisément.
Ce qui distingue les forfaits de la vie de ceux du théâtre, c'est que dans la vie on fait plus et on dit moins, et qu'au théâtre on parle beaucoup pour faire une toute petite chose.
- Et pour le traiteur, j'ai pensé qu'on pourrait prendre Lenôtre. - Pourquoi pas ? Et c'est qui ? - C'est Lenôtre. Mais si vous préférez prendre le vôtre... - Non... On va prendre le vôtre ! - Parfait. - Alors, c'est qui ?
On est toujours moins perdu lorsqu'on est plusieurs.
Eparpillés dans les personnages, dissimulés dans les pages, à l'insu de tous, on ne sait pas d'où viennent les ordres qu'on donne aux mots.
On ne vit pas dans l'absolu. Nul homme n'est coulé d'une seule pièce. Même un robot connaît la panne. Sans contradictions il n'y a pas de vie.
On ne restaurera pas l'ancienne France. On doit honorer les morts, on peut s'inspirer de leur exemple; on ne les ressuscite pas. Une tradition peut se prolonger dans son esprit, mais personne ne parviendra jamais à couler la réalité présente [...] ► Lire la suite
Quand la maison brûle, on ne compte pas les litres d'eau pour éteindre l'incendie.
Nous vivons aujourd'hui une crise aiguë des langues. Jadis tenues pour trésors, elles tombent en mésestime, chacun saccage la sienne, comme on a fait de la terre.
Quand tu es là, tu travailles avec un tel dégoût, tu es pâle, tu es triste... On dirait un anti-alcoolique.
Ciel : lieu de délices que l'on dit être le Paradis et d'où nous arrivent aussi la pluie, la foudre, la grêle et les bombes.
Les idées sont des vêtements sur mesure qu'on a fait passer dans la confection.
Peindre, c'est réaliser l'acte sexuel. Sauf qu'on se sert d'un pinceau.
J'ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d'amours.
Rejetez le noir, et ce mélange de blanc et de noir qu'on nomme le gris. Rien n'est noir, rien n'est gris. Ce qui semble gris est un composé de nuances claires qu'un oeil exercé devine.
On ne sait jamais avec qui l'on couche.
Quelquefois, pour écrire, on ne trouve rien d'autre que les débris de sa propre vie.
On a beau ne pas être superstitieux, on craint toujours les malédictions des gens.
On n'écrit pas librement tant qu'on pense à ceux qui vous liront, on n'écrit pas bien tant qu'on ne pense pas à eux.
La société est trop axée sur les grands moyens de communication pour qu'il y ait encore des génies méconnus. On ne peut plus rester dans l'ombre quand on a quelque chose à dire.
Même quand on a le temps de perdre du temps, il faut encore trouver les jeunes femmes avec lesquelles le perdre.
On comprend les gens qui nous ressemblent.
L'amour est un commerce orageux qui finit toujours par une banqueroute ; et c'est la personne à qui on fait banqueroute qui est déshonorée.
L'un des grands avantages d'un voyage (en Afghanistan), c'est que, si l'on sait attendre, il se produit quelque chose.
On perd beaucoup de temps dans les querelles de chiffres.
En faisant l'acteur, on devient une espèce d'animal intuitif.
Dans une démocratie, on n'a pas le droit des discours de haine envers les dirigeants.
On est plus content de la liberté qu'on a de choisir, que du meilleur choix que l'on puisse faire.
Qu'on l'aime notre maman... Et même si parfois elle nous embête, elle nous gronde et nous agace, c'est comme ça, on l'aime.
Céder aux exigences d'un tiran ça fonctionne jamais. Même si vous leur donnez ce qu'ils demandent c'est jamais suffisant. La seule solution c'est de le combattre. Même si on doit en payer le prix.
L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.
La grandeur est un chemin vers quelque chose qu'on ne connaît pas.
On se forme par l'esprit et les sentiments par les conversations.
On ne croit qu'en ceux qui croient en eux.
Les moralistes sont toujours bouffons, et souvent comiques quand on regarde ce qu'ils sont eux-mêmes.
On gouverne les hommes avec la tête ; on ne joue pas aux échecs avec un bon coeur.
Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !
Ce n'est pas naturellement que les femmes ont de la pudeur et l'on voit bien que cette vertu fut imaginée par les hommes à l'usage de leurs vices.
A force d'aimer un livre on finit par se dire qu'il vous aime.