On estime davantage ses juges que ses avocats, car on juge ses avocats par cela même qu'ils nous défendent.
Etre père, c'est prétendre que le cadeau qu'on préfère c'est un cendrier en terre cuite.
Les immeubles capitalistes, c'est des jambes, des pieds. La tête ? On la voit pas. La tête du capitalisme, c'est invisible. C'est comme Dieu.
Un style mort, c'est un style qu'on définit seulement par ce qu'il n'est pas, un style qui n'est plus ressenti que négativement.
On ne peut être heureux si l'on ne désire rien.
Il y a des familles où l'on semble entretenir soigneusement des parents malades pour refuser les invitations à dîner.
Il faut souvent changer de parti si l'on veut conserver les mêmes opinions.
Il ne faut jamais croire ce qu'on est disposé à croire.
Eparpillés dans les personnages, dissimulés dans les pages, à l'insu de tous, on ne sait pas d'où viennent les ordres qu'on donne aux mots.
Ca alors, dès qu'il se passe quelque chose de pas très ordinaire ou de profondément extraordinaire, on pense : "comme au cinéma".
On hait les autres parce qu'on se hait soi-même.
Un message ne vaut jamais l'information personnelle qu'on va prendre soi-même.
Ce n'est pas par le génie mais par la souffrance, par elle seule, qu'on cesse d'être une marionnette.
On ne doit point abuser de ses amis, ni rien exiger d'eux au-delà de ce qu'ils accordent volontiers.
Il serait sage de ne pas aimer les femmes que l'on possède et de ne pas posséder les femmes que l'on aime.
J'ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d'amours.
Chacun sa mort, on a celle qu'on mérite, ça ne sert à rien de vouloir la reconnaître, elle n'a jamais le même visage, et au fond pour chacun elle ne peut ressembler qu'à soi-même.
Jamais aucun triomphe n'est à ce point décisif, l'on n'aboutit jamais à de l'absolu.
La société est trop axée sur les grands moyens de communication pour qu'il y ait encore des génies méconnus. On ne peut plus rester dans l'ombre quand on a quelque chose à dire.
Ce qui distingue les forfaits de la vie de ceux du théâtre, c'est que dans la vie on fait plus et on dit moins, et qu'au théâtre on parle beaucoup pour faire une toute petite chose.
L'homme de vraie gloire, c'est celui qu'on connaît et dont on n'a jamais rien lu. Les "trompettes de la Renommée" ne nous ont clamé que son nom.
On prend un amant comme un miroir, non pour le regarder, mais pour s'y regarder.
La beauté n'est pas quelque chose dont on puisse convaincre un tiers.
Il n'y a pas une seule culture au monde où il soit permis de tout faire. ET on sait bien depuis longtemps que l'homme ne commence pas avec la liberté mais avec la limite et la ligne de l'infranchissable.
Plus on vieillit et plus on se persuade que Sa sacrée Majesté le Hasard fait les trois quarts de la besogne de ce misérable univers.
Est-ce que le temps est beau ?Se demandait l'escargotCar, pour moi, s'il faisait beauC'est qu'il ferait vilain temps.J'aime qu'il tombe de l'eau,Voilà mon tempérament.Combien de gens, et sans coquille,N'aiment pas que le soleil brille.Il est caché ? Il reviendra!L'escargot ? On le mangera.
Quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi: celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté.
Quand Macron parle des années 2030, on dirait le patron de Google devant un immense écran, avec un public bien habillé qui l'applaudit.
On ne saurait tirer l'aveugle de ses ténébres.
On ne peut vraiment aimer que quand on n'a plus besoin d'être aimé.
L'Église catholique a fini par reconnaître l'indépendance de l'ordre spécifiquement spirituel et par vivre avec. On ne saurait demander moins à l'islam.
La pornographie, on a du mal à la définir, mais dès qu'on la voit, on la reconnaît tout de suite.
Le dimanche, on échange les ennuis de la semaine contre l'Ennui.
On ne touche pas le monde avec les yeux mais avec la langue.
Les grandes choses sont souvent plus faciles qu'on ne pense.
On est tous frères, c'est entendu. Mais on n'est pas jumeaux.
Peindre, c'est réaliser l'acte sexuel. Sauf qu'on se sert d'un pinceau.
Le plus grand témoignage d'amour qu'on puisse donner à un mort, c'est de n'y pouvoir plus penser.
On n'improvise jamais mieux que lorsqu'on sait son texte.
On veut se faire consoler, on ne veut pas se comprendre. On demande de la compassion, on ne demande pas de la tendresse.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
Chaque privation recèle des avantages cachés et aussitôt que l'on apprend à se passer de quelques commodités, l'on apprend à la chasser pour de bon de ses pensées.
Quand on a une voiture sale, c'est difficile de rentrer par ses propres moyens.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Ce qu'on mange avec goût se digère aisément.
La probité et la délicatesse sont deux vertus infiniment plus faciles à pratiquer quand on ne manque de rien, que lorsqu'on est dénué de tout.
On ne vit pas dans l'absolu. Nul homme n'est coulé d'une seule pièce. Même un robot connaît la panne. Sans contradictions il n'y a pas de vie.
Pendant qu'on travaille, on ne regarde pas la vie dans les yeux.
Lorsque l'on naît, nous ne faisons pas attention aux petits détails de la vie, mais plus la mort se rapproche, plus ces petits détails vous semblent importants à vos yeux.
Les souvenirs ? Des verres vides. On ne sait plus ce qu'ils contenaient, ni si on a bu avec plaisir ou dégoût, mais on est quand même soûl...
Le sommeil est dans la vie le seul monde à nous, car la veille nous plonge dans l'illusion commune, dans l'océan de ce qu'on nomme réalité.