Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
Si le vase n'est pas propre, tout ce qu'on y verse aigrit.
On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'intuition ou pas du tout.
On doit lire tous les écrivains deux fois, les bons et les mauvais. Les uns, on les reconnaîtra ; les autres, on les démasquera.
Finalement quand on aime ce n'est pas de l'aveuglement, c'est du masochisme.
Avoir trop de passé fait rêver à ne plus en avoir du tout. Mais quand on écrit et qu'on de la mémoire, la magie du roman consiste justement à vaincre cette difficulté : faire partager aux autres un souvenir somme toute très limité.
Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
C'est justement quand on a de l'humeur qu'on déguise le moins ses sentiments.
On a renoncé à me demander l'autorisation de dire mes Oeuvres sur les théâtres. On les dit partout sans me demander la permission. On a raison. Ce que j'écris n'est pas à moi. Je suis une chose publique.
On mène une carrière selon qui l'on est ou qui l'on aimerait être.
Si l'on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Mais si l'on veut devenir riche, il faut trouver autre chose.
C'est à travers la mort que l'on connait la vie.
L'humilité est une vertu qu'on ne paye jamais trop cher.
Je ne veux pas qu'on se rappelle de moi comme «le fils de Bruce Lee».
Je me sens juif quand on persécute les juifs.
On ne réduira pas les fractures françaises, on les aggravera au contraire si on persiste à trouver des justifications à la haine dont la France est l'objet.
Il faut considérer la vie comme une partie que l'on peut gagner ou perdre.
On ne pense plus au visage de la femme dont on voit le corps nu.
On ne donne rien si libéralement que ses conseils.
La violence qu'on se fait pour demeurer fidèle à ce qu'on aime ne vaut guère mieux qu'une infidélité.
Ce n'est rien que de prouver l'existence de Dieu. Il reste à le rendre réel. Et Dieu ne sera réel qu'autant qu'on aura montré en lui le principe de l'homme.
On a besoin d'idéaux, si on veut être humain. La force, c'est bon pour les bêtes.
Pour garder ce qu'on aime, il faut sauver ce qu'on déteste.
Quand nulle bête n'a d'autre choix que vivre son instinct, chaque être humain reçoit la faculté de choisir ; et c'est ce qui le distingue à l'intérieur du règne animal, et c'est ce qu'on nomme intelligence.
Les vacances ? Dès le deuxième jour, l'ennui commence sitôt le petit-déjeuner expédié. On va acheter des cartes postales qu'on adresse à des truffes qui s'ennuient autre part en vous écrivant les mêmes.
Déjeuner de travail. Ils sont en général totalement stériles pour la simple raison que le bon usage veut qu'on ne parle jamais la bouche pleine.
La vie ne vaudrait pas d'être vécue si on n'apprenait rien sur la condition humaine !
Quand on est convenablement payé de ses efforts, il n'y a nul héroïsme à ne pas palper boni, bénefs et bakchichs.
C'est à se demander à quel âge il faut les prendre les femmes si on veut s'assurer la priorité. Le mieux c'est de les adopter à l'âge de deux mois et d'aller les élever au sommet de l'Everest.
A force de bouffer des conservateurs, on finira par plus pourrir dans le cercueil.
Ainsi, l'un sur l'autre on déteint, Et souvent, pas pour notre bien, Sachons donc choisir nos voisins...
Il n'est pas en matière de littérature une seule opinion qu'on ne combatte aisément par l'opinion contraire.
Tout semble si simple quand on prend les livres comme une succession d'épisodes, et non comme des objets finis, fermés sur eux-mêmes.
Pour rétablir la confiance, il faut que les citoyens perçoivent qu'on a bien identifié avec eux ce qu'ils vivent. Le meilleur moyen, c'est encore de leur demander ce qu'ils en pensent. Je crois, moi, à l'expertise citoyenne.
On ne peut changer ce qui est fait.
Être mécontent, c'est avouer que l'on ne veut pas avoir une vision claire de la réalité. Il faut au moins avoir l'honnêteté de voir les deux côtés.
Je meurs d'avoir cru que l'on pouvait vivre seul.
Je n'ai pas peur d'être oubliée. J'ai même envie qu'on m'oublie !
On peut faire de la télé tout en préservant sa vie privée.
Est-ce que vous regretteriez, si vous aviez la possibilité, d'être trop généreux ? On est très généreux, on est trop généreux et puis merde !
On ne m'accorde pas souvent le droit d'approfondir, ce qui est étrange.
Rien ne sert de pisser si on n'en a pas envie.
L'amour, que l'on nous vante comme la cause de nos plaisirs, n'en est au plus que le prétexte.
Nous n'apercevons pas, entre le sens commun et la science, la grande différence qu'on a voulu y voir parfois.
On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage.
La recherche de Dieu est un exercice inutile : à rien ne sert de chercher où il n'y a pas. On ne récolte pas sans avoir semé. Dieu n'existe pas, vous ne l'avez pas encore créé.
Quand on étudie l'histoire, on s'aperçoit que ce sont les individus qui font avancer les collectivités.
Les garçons seront toujours des garçons. Et cela n'aurait pas d'importance si l'on pouvait empêcher les filles de rester des filles.
Pour qu'un homme accomplisse tout ce qu'on lui demande, il doit se considérer comme plus grand qu'il n'est.
Il ne faut pas mépriser les bienfaits de vivre, même si l'on est sevré de ses plus grandes affections.